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  • Musique et Son au Cameroun

    Musique et Son au Cameroun

    Depuis depuis, la musique du mboa c’est un vecteur culturel puissant. Elle chauffe le quartier, fait danser les gars et les nga, mais surtout, c’est un njoka entre les générations. Du Bikutsi, qui fait sheck les mamans, au Makossa qui a déjà fini le tableau à l’international, en passant par le Mbolé qui ambiance les jeunes jusqu’au petit matin, la zik camer c’est un vrai boss dans le game.

    Manu Dibango

    Gars, faut pas seulement voir le show, y’a aussi les ways qui fâchent. Ici, les artistes doivent gérer leur nkap comme des vrais warriors. L’industrie, elle est encore dans les situas du manque d’infrastructures, les fay-men qui tchoco mal les artistes, et le système de droits d’auteur qui est en jachère. Pourtant, malgré ces galères, les gars ne baissent pas les bras ! Grâce au streaming et aux collab’ avec des artistes étrangers, les sons du Mboa vont loin.

    Aujourd’hui, nos artistes pètent les scores sur Spotify et YouTube, et même des têtes comme LibiancaSalatiel ou Ko-C se retrouvent dans les charts à l’international.

    On va donc presser ce sujet en profondeur : comment le Makossa, le Bikutsi et le Mbolé ont fait leur kongossa avec le jazz, la rumba et l’Afrobeats pour créer un son unique ? Quels sont les vrais défis du game ? Qui sont les capos qui font rayonner la musique camerounaise des quartiers animés du Mboa jusqu’aux States ? Installe-toi bien, prends appui. Le Ben Sikin qu’on va take là va rouler sur des routes musicales cabossées mon frère, ça va être show comme un bon poulet DG à Bastos.

    1. Origines et Évolution de la Musique Camerounaise
      1. Racines Traditionnelles de la Musique Camerounaise
        1. Les Instruments Ancestraux : L’Identité Musicale des Peuples
          1. Des Percussions : Le Pouls de la Tradition
          2. Des Cordophones : Entre Musique et Récits Épiques
          3. Les Aérophones : La Puissance du Souffle
        2. Les Chants Rituels et Leurs Fonctions : Une Musique Spirituelle et Sociale
          1. Le Chant Mevungu (Fang-Beti) – Initiation Féminine et Mystique
          2. Le Bikutsi Funéraire (Beti) – Deuil et Passage des Âmes
          3. Chants des Piroguiers (Douala) – Travail et Connexion avec les Esprits de l’Eau
          4. Chants Guerriers Bamiléké – Courage et Protection Avant la Bataille
            1. Quelques chants ethniques en synthèse et leur fonction
        3. Les Premiers Styles Musicaux Issus des Traditions Orales
          1. Le Bikutsi : Le Son Qui Refuse de Fatiguer
          2. ​​​​​​​Le Makossa : Quand Douala a Pondu un Son Planétaire
          3. Le Mbolé : La Renaissance d’une Tradition Urbaine
      2. Influence Coloniale et Mutation Musicale
        1. L’Influence des Musiques Européennes et Américaines sur le Paysage Sonore Camerounais
          1. Période Coloniale : Adaptation et Appropriation
          2. Les Années 1920-1950 : Premiers Métissages Musicaux
            1. 🎺 Le Highlife et la Palmwine Music : Influence Ghanéenne et Nigériane
            2. 🎷 Le Jazz et le Blues Américains : Impact des Soldats Alliés
            3. 🥁 L’Ambas-Bey : Une Réponse Camerounaise à la Colonisation
        2. Impact Économique et Culturel des Mutations Musicales
          1. Les Revenus du Game : Qui Mange son DG et Qui est Gueme ?
            1. 📌 Makossa : Un moteur économique du mboa 🎷
            2. 📌 Bikutsi : Le marché local refuse de mourir 🥁
            3. 📌 Le streaming : Nouveau nkap way pour les artistes 🎧
            4. 📌 Concerts et festivals : Quand le Camer est ambiancé, ça chauffe 🔥
        3. Un Levier d’Exportation et d’Influence Culturelle
    2. LA MUSIQUE CAMEROUNAISE AUJOURD’HUI
      1. La Musique Camerounaise : Chacun pour soi?
        1. L’Essor du Digital et des Plateformes de Streaming : Un Nouveau Nkap Way
        2. La Musique : Un Poids Lourd de l’Économie Camerounaise
        3. Les Gros Défis du Game Camerounais
      2. La Musique Camerounaise, Un Game Qui Ne Dort Pas !

    Origines et Évolution de la Musique Camerounaise

    Ça ne date pas d’hier mon ami! La musique au Mboa ça chauffait les villages, ça rythme encore les cérémonies et ça permet même de faire le kongossa avec les ancêtres. Ici, chaque ngoma, chaque balafon, chaque mvett, c’est un bout de mémoire qu’on conserve à jamais.

    Vidéo d’un Tam tam nkul beti en action

    Avec toutes nos tribus, notre pays c’est le DG des cultures, et chaque coin a ses propres vibes. Les tambours à fente chez les Beti, les sonnailles chez les Bamiléké, les flûtes du Grand Nord, c’est tout un processus qui s’est construit sur des siècles. Avec les colons qui sont venus faire ce qu’ils ont fait, il y a eu un mélange culturel. On a vu les guitares, les cuivres et les pianos entrer dans le game. Les gars du mboa n’ont pas dormi, ils ont capté les nouvelles vibes et ont transformé ça en Makossa et Bikutsi populaire, des styles qui ont fini le tableau à l’international.

    Dans cette première partie, on va tirer les racines du son camer, de la tradition jusqu’aux premiers grooves modernes. On va voir comment les anciens ont start le game avec leurs chants rituels et comment la colonisation a inspiré les nouveaux styles. Bref, on t’amène dans un voyage musical où le passé et le présent s’entrelacent comme un bon beat de Mbolé qui ne laisse personne assis. Accroche-toi bien gars! C’est jusqu’au matin qu’on va s’ambiancer !


    Avant que le Mboa n’envoie du lourd sur YouTube et Spotify, la musique c’était d’abord un langage, un truc sacré qui parlait au peuple et aux ancêtres. Que ce soit pour célébrer, guérir ou même régler des palabres, chaque mélodie avait son rôle. C’est cette vibe-là qui a donné naissance aux styles d’aujourd’hui, en gardant toujours ce lien fort entre tradition et modernité.


    Les Instruments Ancestraux : L’Identité Musicale des Peuples

    Avec plus de 250 ethnies, le Camer, c’est le quartier général des instruments qui donnent le vrai show. Chaque kwatta a son propre style, et si tu veux sheck au village, faut respecter le rythme.

    Des Percussions : Le Pouls de la Tradition

    Le Nkul : Chez les Beti et Bamilékés, ce tambour à fente, c’est leur WhatsApp du temps ancien. Les gars tapaient des messages codés qui passaient de village en village. Qui peut faire ça avec un iPhone ?!

    Le Balafon : C’est le piano du terroir ! Chez les Bamilékés et les Grassfields, il résonne dans les mariages, les funérailles, et même dans les réunions du chef. Un bon joueur de balafon, c’est un gars lourd.

    Les sonnailles bamilékés : Les danseurs attachent ça aux pieds pour donner un groove naturel à chaque pas. Quand ils sheck avec ça, c’est trop tchoco !

    Des Cordophones : Entre Musique et Récits Épiques

    Le Mvett : C’est un lifestyle ! Chez les Beti, seuls les vrais mbom-mvett peuvent jouer ça et captiver un public avec des récits épiques.

    La harpe Bwiti : Chez les Fang, elle se joue dans les cérémonies où les gars entrent en trance et se connectent avec l’au-delà. Faut pas tester hein !

    Les Aérophones : La Puissance du Souffle

    Le Kakaki : Trompette royale du Nord Cameroun. Quand ça sonne, même le plus nerveux des gars sait que le chef arrive.

    Les flûtes des Bali : Elles appellent les esprits des ancêtres pendant les funérailles. Ici, on ne fait pas le njoh avec les traditions !


    Les Chants Rituels et Leurs Fonctions : Une Musique Spirituelle et Sociale

    Je wanda ! Tu crois que la musique c’est juste pour bringuer et sheck au kwatta ? Faux gars ! Ici, elle a un rôle bien précis, que ce soit pour appeler les ancêtres, guider les âmes ou motiver les guerriers avant la bataille. Dans les villages du Mboa, la musique est un moyen pour transmettre la culture et assurer la connexion entre le monde visible et l’invisible. Voici quatre chants rituels qui montrent bien comment la musique est ancrée dans les traditions camerounaises.


    Le Chant Mevungu (Fang-Beti) – Initiation Féminine et Mystique

    Rituel réservé aux femmes pour renforcer leur pouvoir spirituel et leur lien avec les ancêtres.

    Ce chant mystique est utilisé dans le rite du Mevungu, une cérémonie initiatique secrète chez les Fang et les Beti. Seules les femmes mariées peuvent participer à ce rituel, qui pouvait être demandé par les hommes quand les temps étaient durs dehors…

    Le Mevungu utilise des répétitions vocales hypnotiques et des percussions discrètes pour plonger les participantes dans un état de transe. Ce chant agit comme un canal entre les initiées et les esprits des ancêtres, leur transmettant protection et sagesse.

    Le rite associé au chant? Déjà qu’il est mystique et peu documenté, on dirait qu’il a sombré dans l’oubli; le « mevul : toison pubienne de la femme« , était semble-t-il arraché de force. Les ways que les missionnaires n’ont pas compris et supprimé.


    Le Bikutsi Funéraire (Beti) – Deuil et Passage des Âmes

    Chants de lamentation et de libération spirituelle lors des funérailles.

    Avant de devenir un son qui chauffe les boogies, le Bikutsi était un chant funéraire exécuté par les femmes Beti pour accompagner le départ d’un défunt. À la base, ces chants étaient rythmés par des percussions frappées directement sur le sol (d’où le nom « Bikutsi » qui signifie « frapper la terre »). Les paroles, souvent improvisées, exprimaient la douleur du deuil et servaient à envoyer des messages au défunt pour lui assurer un passage en paix vers l’au-delà.

    Les hommes ont take le way là aux femmes à un moment, le style était là même pour accompagner l’indépendance donc depuis la fin du 20è siècle il est en place dans toute la société.

    Mais depuis les années 90, il y a des nga là ont tué le game et repris le flambeau. Maintenant le sujet principal c’est les déboires et les problèmes conjugaux qu’on entend seulement à travers le style. Si elles ont quelque chose à se dire entre femmes, c’est là que le message passe ! Donc écoutez bien messieurs…

    Le Bikutsi a les appuis solides au Mboa, et son énergie a évolué. Si à l’origine il était un chant de lamentation, aujourd’hui, il est devenu un style festif mais aussi d’expression, qui garde ses bases percussives et son intensité émotionnelle.


    Chants des Piroguiers (Douala) – Travail et Connexion avec les Esprits de l’Eau

    Rythmer le travail des pêcheurs et invoquer la protection des divinités aquatiques.

    Le chant matinal des piroguiers. Sur le fleuve Wouri ( Douala ): https://www.facebook.com/share/r/1CEX2NXcyz

    Sur les côtes de Douala et Kribi, les pêcheurs chantent des mélodies entraînantes pour coordonner leurs efforts lorsqu’ils rament. Ces chants, appelés « Mouankum », ne sont pas juste un way pour passer le temps : ils sont censés apaiser les esprits de l’eau et garantir une pêche abondante.

    Le rythme des chants correspondrait aux coups de rame, créant une synergie entre les pêcheurs. En plus de renforcer la cohésion du groupe, ces mélodies ont une portée spirituelle, car elles s’adressent aux ancêtres et aux divinités marines.


    Chants Guerriers Bamiléké – Courage et Protection Avant la Bataille

    Booster le moral des guerriers avant une bataille et invoquer la force des ancêtres.

    Chez les Bamiléké, avant qu’un guerrier n’entre en combat, il devait passer par une cérémonie où les anciens exécutaient des chants de guerre. Ces chants étaient accompagnés de tambours royaux et de cloches métalliques, destinés à intimider l’ennemi et à donner du courage aux combattants.

    Les rythmes intenses et saccadés des tambours créaient une montée d’adrénaline chez les guerriers, leur donnant un mental d’acier avant d’affronter l’adversaire. Ces chants ne servaient pas seulement à motiver, mais aussi à invoquer les esprits protecteurs de la chefferie.


    Quelques chants ethniques en synthèse et leur fonction

    Les Premiers Styles Musicaux Issus des Traditions Orales

    Avant que les gros labels ne captent que l’Afrique avait un groove, le Camer avait déjà ses propres vibes béton. Du Makossa qui a traversé les océans, au Bikutsi qui refuse de vieillir, en passant par le Mbolé qui ambiance les kwattas et le Bend Skin qui fait vibrer l’Ouest, chaque coin du pays a son propre son, taillé sur mesure pour faire bouger les foules.

    Donc même si je suis fan de Ben Skin, ici on va plutôt talk de trois monstres sacrés du game : le Makossa, le Bikutsi et le Mbolé. Trois styles, trois énergies, trois histoires qui montrent comment le Camer a toujours eu une longueur d’avance sur la scène musicale africaine.


    Le Bikutsi : Le Son Qui Refuse de Fatiguer

    Mola, avant que le Bikutsi ne devienne la machine à ambiancer les boîtes et les mariages, c’était d’abord les femmes Beti qui trouvaient là un moyen de s’exprimer dans une société où elles n’avaient pas la parole.

    Après les travaux champêtres ou en rentrant du marché, elles se regroupaient et faisaient leur kongossa avec. Pas d’instruments compliqués, tu prends même la babouche pour taper le poteau avec c’est bon. C’était leur manière de parler quand la société patriarcale leur disait de fermer leurs bouches.

    Petit à petit, ce chant de résistance se structure. Il adopte son rythme en 6/8, avec des percussions lourdes et des chœurs hypnotiques. Mais c’est dans les années 60-70 que le Bikutsi commence à entrer dans une nouvelle dimension. Un gars du game, Messi Martin, arrive avec une dinguerie : la guitare balafon. Il met du papier entre les cordes pour imiter le son du xylophone, et bim, le Bikutsi prend une nouvelle couleur. Il quitte les villages et les rituels pour s’inviter dans les cabarets et sur les radios.

    Mais l’explosion arrive dans les années 80, quand des warriors comme Les Têtes Brûlées débarquent. Jean-Marie Ahanda et Zanzibar changent tout ! Exit le balafon, place aux guitares électriques saturées, aux lignes de basse qui cognent et aux shows de fou. Avec leurs corps peints et leurs performances ultra-énergiques, ils donnent au Bikutsi un look de punk africain et l’emmènent en Europe. Le son devient plus brutal, plus rebelle, c’est le rock mon frère!

    Dans les années 90 et 2000, le game change encore. Les femmes, qui avaient lancé le mouvement à la base, reviennent en force et prennent le contrôle du Bikutsi moderne. K-Tino, la femme du peuple, choque tout le monde avec des textes crus, provocateurs, sans filtre. Pas de tabous, elle balance tout ce que les autres n’osent pas dire et que les maris ne veulent pas que les femmes sachent. Derrière elle, des reines comme Lady PonceMani BellaCoco Argentée modernisent le Bikutsi, l’emmènent dans les boîtes de nuit, et le mettent dans les playlists des jeunes générations.

    Même en 2024, le Bikutsi était toujours là, il sera là en 2025 et chaque année qui va suivre. Des artistes comme Josco l’Inquiéteur et Happy d’Efoulan ramènent le genre aux sources, pendant que d’autres fusionnent avec des sons plus modernes. L’Afro-Bikutsi mélange le Bikutsi avec du Coupé-Décalé, de l’Afrobeats et des sons urbains. Ah gars!

    Mais une chose est sûre : tant qu’il y aura des basses qui cognent et des percussions qui tapent le sol, le Bikutsi restera une force. Ce son, c’est pas juste un style, c’est une culture, une identité, une énergie qui va encore ambiancer le game pendant longtemps.


    ​​​​​​​Le Makossa : Quand Douala a Pondu un Son Planétaire

    Wanda fut! Si on parle de musique au Came&Run sans talk du Makossa c’est que vraiment on a rien dit n’est ce pas? Ce son, c’est l’un des plus gros phénomènes musicaux du Mboa, un mélange de vibes Sawa et de saveurs importées qui a fini par secouer le monde entier.

    Le Makossa commence son périple dans les années 1950 du côté de Douala, la ville où tout se passe ! Avec son port et ses influences venues d’ailleurs, le son local a pris des couleurs en mixant les rythmes traditionnels Sawa comme l’Ambass-Bey et l’Assiko avec des sonorités du high-life ghanéen, de la rumba congolaise, du merengue dominicain et des musiques afro-cubaines. Bref, une pure sauce épicée qui sentait déjà l’international.

    Le mot « Makossa », tiré de « Kossa » qui veut dire « danse » en Duala, aurait été lâché en plein show par Nelle Eyoum dans les années 50. Et dès que le public a goûté au rythme, c’était déjà acté : ce son allait ambiancer le Cameroun pour de bon. Eboa LotinDikoto Mandengue et Emmanuel Nelle Eyoum ont alors posé les premières bases solides, avec des basses lourdes et des rythmiques syncopées qui forcent le corps à suivre.

    Dans les années 60 et 70, le Makossa prend d’assaut les cabarets de Douala et commence à se frayer un chemin au-delà du pays grâce à des artistes comme Ekambi BrillantPierre Didy Tchakounté et Jo Tongo.

    Mais c’est en 1972 que tout bascule : Manu Dibango drop « Soul Makossa » et le monde entier se met à bouger sur le son. Paris, Bruxelles, les États-Unis : partout où il y a un Camer, y’a du Makossa qui tourne. À la radio, des stations comme RFI et Radio Nova le diffusent à fond, et le style commence même à influencer la World Music. À New York, les DJs américains kiffent tellement qu’ils le passent en boucle, inspirant même le King de la pop en 1983, Michael Jackson dans « Wanna Be Startin’ Somethin’ » et plus tard Rihanna avec « Don’t Stop The Music ».

    Les années 80 et 90, c’est donc une consécration pour ce style. Le Makossa s’enrichit avec des variantes comme le Funky Makossa, le Makossa Pop et le Jazz Makossa. À cette époque, les boss du game forment ce qu’on appelle « l’équipe nationale du Makossa », avec des légendes comme Ben DeccaNdedi EyangoDina BellGuy Lobé et Sam Fan Thomas. Partout dans les bals, les mariages et les fêtes, c’était Makossa ou Makossa !

    Et ce n’est pas que dans la zik que le Makossa impose son swag : les chaussures « Ekambi » et les casquettes « Dina Bell » deviennent des symboles, et des marques comme Toyota utilisent le Makossa dans leurs pubs.

    Mais qui dit succès dit aussi embrouilles… Des artistes internationaux comme Shakira ont pioché dans le répertoire Makossa sans forcément rendre hommage aux originaux, comme avec « Waka Waka » qui s’inspire d’un vieux tube camer du groupe Zangalewa : Waka waka. Avancez à 7:30 et vous allez voir qu’elle a juste copié sans se prendre là tête.

    Ça a créé des tensions sur la reconnaissance et la rémunération des artistes camerounais, qui se battent encore pour que leur héritage soit respecté.

    Même si aujourd’hui des genres comme l’Afrobeats et le Mbolé prennent de la place, le Makossa c’est l’enfant de la patrie. Des artistes comme Richard BonaPetit-PaysMoni Bilé et Charlotte Mbango ont maintenu la flamme allumée, en mixant les vibes classiques avec des touches modernes. Ces sons durent et leur influence continue de se faire sentir sur la scène africaine et internationale.


    Le Mbolé : La Renaissance d’une Tradition Urbaine

    Le Mbolé, c’est pas juste un son de plus dans le game musical camer. C’est un mouvement, un état d’esprit, un way de vie qui a commencé dans les ambiances funèbres des quartiers de Yaoundé avant de secouer tout le pays. Parti de là où les gars improvisaient sur les casseroles et les bancs, il ambiance maintenant les plus gros spots du Mboa et même les showcases en Europe.

    Né au début des années 2000 du côté de NkoldongoMvog-AdaEssos, le Mbolé était d’abord un son du peuple, une zik faite avec les moyens du bord comme souvent. On tapait dans les mains, sur les marmites, les seaux, et les bancs en bois pour donner le tempo. C’était la zik des kwattas, celle qui parlait de la galère, des embrouilles du ghetto, mais aussi des petites joies du quotidien.

    Les premiers soldats du Mbolé, comme Aristide Mpacko et Phil Massinga, ont posé les bases, mais c’est DJ Lexus le Monstre qui a mis le feu en studio en 2010 avec le titre « Ekondock », premier vrai morceau enregistré. La vraie explosion est arrivée en 2016 avec « Dans mon Kwatta » de Petit Malo, un hit qui a fait passer le Mbolé du rang de musique de veillée à celui de son national.

    Aujourd’hui, des artistes comme Happy d’Efoulan qu’on a déjà cité, Petit BozardCrazy Mix et Menace Toxic ont hissé le Mbolé à un autre niveau, en y ajoutant du djembé, du piano et même des vibes afrobeat. Ce son de la street a tellement pris de la force qu’il a même inspiré des variantes comme le Mbolé-Gospel et le Mbolé-Street.

    Si tu regardes bien, le Mbolé et le Rap ont des histoires qui se ressemblent :

    • 👉 Les deux viennent de la rue, nés du besoin de s’exprimer dans un monde qui regarde souvent de haut les gars des quartiers.
    • 👉 Ils ont commencé dans les coins chauds, loin des gros studios, avec des moyens de débrouillard. Le Rap est parti des battles de rue aux États-Unis, le Mbolé est né dans les veillées funèbres des quartiers de Yaoundé.
    • 👉 Les deux ont d’abord été stigmatisés : au début, on disait que le Rap, c’était la musique des voyous, pareil pour le Mbolé qui a été traité de “son de bandits” avant d’être accepté partout.
    • 👉 Ils racontent la réalité du terrain : pauvreté, débrouillardise, injustice, mais aussi espoir et résilience.

    Et comme le Rap qui a fini par conquérir le monde, le Mbolé est en train de poser ses jalons sur la scène internationale pour faire la même chose. Les artistes partent déjà en tournée en Europe et aux Émirats, des labels s’y intéressent, et la télé diffuse maintenant le Mbolé à fond.

    Aujourd’hui, aucune radio ou télé camer ne boude ce son, et même Trace Mboa diffuse cette vibe dans plusieurs pays. On le danse partout, des mariages aux festivals, en passant par les bleds et les grandes villes. Les gars sont dans les high level !

    Mais ce qui est sûr, c’est que le Mbolé est plus qu’un simple style de musique : c’est une identité, une fierté, un cri de la jeunesse camerounaise.


    C’est même quoi avec toi? Faut pas croire que la musique du mboa est sortie de nulle part hein! Avant que les gars commencent à sheck le Bikutsi et à piff le Makossa en boîte, y’a eu des influences de partout. Les colons, les soldats, même les marins, tous ont laissé leur piment dans notre son. Mais comme on dit, le Camer ne subit pas, il gère ! On a pris les vibes des white, on a mélangé ça avec nos ngomas et BOUM ! Ça a donné des classiques qui ambiancent même les States aujourd’hui.


    L’Influence des Musiques Européennes et Américaines sur le Paysage Sonore Camerounais

    Période Coloniale : Adaptation et Appropriation

    Quand les Allemands, puis les Français et les Anglais sont arrivés au Camer, ils pensaient qu’ils allaient juste nous imposer leurs pianos et leurs chants d’église. Mais les gars du pays ont vite capté le way et ont commencé à lober le système.

    Les instruments occidentaux sont entrés dans le game : Accordéons, orgues, guitares, violons… ça a commencé petit à petit à remplacer nos tambours et balafons dans certaines cérémonies sans pour autant bousculer les traditions qui étaient toujours en place.

    Les chants religieux ont changé la manière de composer : Les pères missionnaires sont venus avec leur solfège et ont imposé ça dans les écoles. Ça a donné des vibes plus structurées aux sons camerounais.

    L’hymne national camerounais est un bon exemple de cet héritage : Composé en 1928 par des élèves à Foulassi sous la direction d’un pasteur canadien, c’était la première fois que des Camerounais utilisaient un format musical européen pour représenter leur pays.


    Les Années 1920-1950 : Premiers Métissages Musicaux

    C’est là que les choses ont commencé à bouger sérieusement. Avec la radio qui commençait à diffuser des sons étrangers et les soldats alliés qui débarquaient, la musique camerounaise a commencé à charger.

    🎺 Le Highlife et la Palmwine Music : Influence Ghanéenne et Nigériane

    Les marins krou et ouvriers ghanéens ont ramené la Palmwine Music, et c’est pas le vin de palme môf mi dé! C’est un genre où les guitares acoustiques se mélangeaient avec des rythmes africains. Il aurait inspiré des sonorités aussi différentes que la rumba congolaise ou notre cher Makossa national.

    Le Highlife, qui venait du Ghana et du Nigeria, a chauffé le Cameroun, et les musiciens locaux ont commencé à mixer ça avec leurs propres sons.


    🎷 Le Jazz et le Blues Américains : Impact des Soldats Alliés

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, les soldats américains ont amené le jazz et le blues avec eux. C’était l’époque où les gars découvraient les saxos, les cuivres et les harmonies complexes.

    Eboa Lotin, un des premiers à capter la vibe, il a combiné ce style avec des mélodies locales pour donner un son unique.

    Eboa Lotin

    La radio commençait à diffuser du jazz, et les musiciens du Camer ont commencé à l’intégrer dans leurs morceaux.


    🥁 L’Ambas-Bey : Une Réponse Camerounaise à la Colonisation

    Pendant que les colons allemands se croyaient trop fort en danse, les Yabassi les ont fini en musique. Ça a donné l’Ambas-Bey, un style qui se moquait des danses européennes en ajoutant des percussions improvisées.

    Sallè John a été le premier à mettre ça sur le devant de la scène dans les années 60. Il est devenu tellement chaud qu’on l’a appelé le Roi de l’Ambas-Bey. Il est encore dans le game…


    Impact Économique et Culturel des Mutations Musicales

    Entre les nkaps ramassés en concerts live, les artistes qui mettent le feu sur les scènes internationales, et les applis de streaming qui ont retourné la table, on est dans un game où seuls les plus affûtés tiennent la route. Mais hein, faut pas seulement voir les spotlights : les galères sont là aussi. Les artistes veulent juste leur DG clean, mais les fay-men du circuit les embrouillent avec des contrats déjà gâtés, des trucs où tu signes et tu pleures après.

    Quand tu regardes bien, le biz de la zik camer est en train de prendre un vrai virage. Avant, c’était les gars du kwatta qui chantaient pour ambiancer les anniversaires et les fêtes de quartier, et si ça sortait un peu du 237, c’était déjà la gloire. Aujourd’hui, même avec la piraterie qui saigne le game à plus de 5 milliards de FCFA par an, le secteur pèse lourd : des centaines de milliers de copies légales sortent chaque année dans la sous-région, et l’ambition ne fait que monter.

    Bon, on n’a pas encore nos Davido ou nos Black Coffee, mais les gars catchent leur destin doucement. Même si à peine 36 % des artistes disent être vraiment satisfaits de ce qu’ils gagnent, et que plus de la moitié bossent dans l’informel, y’a une vibe qui monte. Le Camer ne dort plus — il se chauffe, il compose, il push, et un jour ou l’autre, c’est nous qu’on va doser le continent.


    Les Revenus du Game : Qui Mange son DG et Qui est Gueme ?

    📌 Makossa : Un moteur économique du mboa 🎷

    Dans les années 80-2000, le Makossa a mis le Camer sur la map. Petit-Pays, Claudia Dikosso, Ben Decca et Manu Dibango ont sorti des hits qui ont tourné partout en Afrique, en Europe et même aux States. Résultat ? Plus de 2 millions d’euros de revenus estimé grâce aux ventes de disques, aux droits d’auteur et aux concerts. Aujourd’hui encore, des anciens classiques continuent de faire rentrer du nkap avec les redevances et les samples. Mais c’est chap de trouver des données sur n’importe quoi au pays donc on va dire que les dos rentrent toujours…


    📌 Bikutsi : Le marché local refuse de mourir 🥁

    Dans les années 90, les gens écoutaient ça à fond avec des artistes comme K-Tino et Les Têtes Brûlées. Mais comme les gars n’avaient pas de structure pour gérer les droits d’auteur, les artistes n’ont pas vraiment mangé leur DG. Même aujourd’hui, le Bikutsi reste chaud, mais son business ne suit pas toujours.


    📌 Le streaming : Nouveau nkap way pour les artistes 🎧

    Les choses ont vraiment changé hein. Avant, fallait tchop les CDs, marcher dans les kwattas pour vendre disque après disque. Aujourd’hui ? C’est fini ça. Le nkap passe maintenant par Spotify, Apple Music, YouTube et leurs collègues. Le vrai concert, c’est dans les écoutes, les vues, les streams. C’est ça qui classe les artistes maintenant. Si tu buzz pas en ligne, tu restes au quartier.

    Tu prends une go comme Libianca avec « People« , elle a cassé les scores, plusieurs millions de streams rien que sur Spotify. Les gars comme Stanley Enow, Kocee, Charlotte Dipanda, même Complex avec son dernier son « Ma Voix », ils ont bien compris le game. Ils sont là où les fans sont : en ligne, sur leurs téléphones.

    💰 Mais combien un artiste peut vraiment prendre avec les streams ? C’est là où les choses deviennent techniques. Toutes les plateformes ne payent pas pareil. Voici ce que ça donne :

    PlateformePaiement par écoute (€)Paiement par écoute (FCFA)Écoutes pour 2 000 € / mois
    Napster0,017 €~11,160 FCFA~117 647
    Apple Music0,0069 €~4,533 FCFA~289 855
    Deezer0,0055 €~3,610 FCFA~363 636
    Spotify0,0039 €~2,556 FCFA~512 820
    YouTube0,00069 €~0,452 FCFA~2 898 550

    Tu vois le délire ? Pour toucher 2 000 euros (environ 1,3 million FCFA) par mois, un artiste camerounais a besoin de plus d’un demi-million de streams sur Spotify, ou presque 3 millions sur YouTube. Et ça, chaque mois.

    Maintenant, imaginons un artiste moyen qui arrive à faire 100 000 écoutes par mois (toutes plateformes confondues, ce qui est déjà très bon au Camer). On prend une moyenne de 3 FCFA par écoute, ce qui est réaliste vu que YouTube paie moins, Napster paie plus, et les autres tournent entre les deux.

    Calcul simple :
    100 000 écoutes × 3 FCFA = 300 000 FCFA/mois

    ➡️ Ça donne 3,6 millions FCFA par an rien que sur le streaming.

    Mais attention :

    • Ce montant est brut (à partager entre maison de prod, éditeur, plateforme, impôts…)
    • Tous les artistes ne font pas 100 000 écoutes/mois
    • Et le Cameroun souffre encore de piraterie, de non-paiement des droits d’auteur, et du faible taux de monétisation locale

    Le streaming c’est pas encore l’eldorado, mais c’est le présent et le futur du game. Et si tu gères bien ton image, ta fan base, et que tu restes constant dans les releases, ton couloir est dégagé pour tchop les dos mal mauvais.


    📌 Concerts et festivals : Quand le Camer est ambiancé, ça chauffe 🔥

    Tu veux parler de zik sans parler de concerts ? Je wanda sévère sur toi. Le Camer, quand ça ambiance, c’est pas pour rien. Chaque bon show, chaque festival, c’est un vrai booster d’économie locale : les gars des taxis gonflent leurs recettes, les vendeurs de damé font leurs plus gros chiffres, les hôtels affichent complet, même les panthères de la nuit reçoivent leur part. Bref, quand un événement secoue une ville, tout le monde tchop le nkap.

    Prenons juste 6 gros rendez-vous musicaux de 2025 :

    • Cysoul le 12 avril au Palais des Congrès de Yaoundé
    • Ben Decca le 4 mai à l’Olympia de Paris
    • Petit-Pays le 17 mai au Palais des Sports de Yaoundé
    • Lydol le 23 mai (Palais des Congrès)
    • Sandrine Nnanga le 9 mai à Paris
    • Vanister le 12 juillet au Palais des Sports

    ➡️ En moyenne, un concert de cette envergure au Camer peut drainer entre 2 000 et 6 000 spectateurs selon la salle. Avec des tickets variant entre 5 000 F et 25 000 F, certains shows comme celui de Petit-Pays ou de Lydol peuvent générer entre 20 et 100 millions de FCFA de billetterie brute, hors sponsoring et ventes annexes (boissons, produits dérivés, stands).

    Compare ça à des artistes comme Niska en décembre 2024 à Yaoundé :

    • Standard : 10 000 F
    • VVIP : 100 000 F

    ➡️ Avec un Palais des Sports plein (environ 5 000 places), on frôle facilement les 150 à 200 millions de recette brute pour un seul concert.

    Mais voilà où ça coince :

    • Les artistes camerounais, même les plus solides, n’ont pas encore les mêmes moyens logistiques.
    • Les sponsors locaux sont timides.
    • L’absence de politique culturelle sérieuse freine l’industrialisation du spectacle vivant.
    • Et surtout, le marché informel bouffe une grosse partie des gains (entrées non contrôlées, tickets vendus sans reçu, cachets non déclarés).

    Pourtant, le potentiel est là, et il est massif. Si on professionnalise mieux l’organisation, la billetterie, la com’, la technique et la gestion des droits, les concerts au Camer pourraient devenir des machines économiques à part entière.

    Regarde les festivals comme DOMAF ou FOMARIC :

    • Ça ramène des milliers de personnes
    • Ça booste les hôtels, bars, petits commerces, et même les applis de livraison
    • C’est un levier de soft power culturel pour faire briller le 237 dehors

    Un Levier d’Exportation et d’Influence Culturelle

    On monte on descend, le Camer fait parler de lui sur la scène musicale mondiale. Les artistes d’ici ne nang pas ! Ils ont bûché le way pour amener leur son à l’international et nack les charts.

    📌 Manu Dibango et la percée mondiale de « Soul Makossa ». En 1972, il a fait ce que personne n’avait fait avant lui : il a mis un son camer sur le Billboard américain. Collabs avec les bosses du jazz : Herbie Hancock, Fela Kuti, Quincy Jones… Vente de plus de 500 000 copies aux États-Unis. Grammy Award pour toute sa carrière en 2010. Et devine quoi ? Chaque fois que ces stars utilisent le refrain légendaire « Mama-say mama-sa mama-ma-ko-sa », ça fait entrer du nkap dans les poches du mboa !

    📌 Les collabs internationales qui donnent du lourd : Les artistes camerounais savent gérer leurs connexions.

    Richard Bona, ce gars-là, c’est pas un musicien, c’est un alien ! Il a pris la basse, il l’a regardée et il a décidé que personne ne ferait ça mieux que lui au Continent. Il a quitté le Camer, il a long en France puis aux States, et maintenant il collabore lui aussi avec les plus gros noms du jazz mondial. Nominé aux Grammy Awards avec son album Tiki, il a joué sur plus de 200 albums internationaux. Son mix de Makossa, Jazz et Afrobeat dose partout !

    Charlotte Dipanda : Sa voix, c’est le mix parfait entre le Makossa, la folk et le R&B. Elle a mis tout le monde d’accord avec son album Mispa, 50M+ de vues sur YouTube, elle n’est pas là pour blaguer ! Elle a collab avec Papa Wemba, Lokua Kanza et Yemi Alade. Elle est aussi la lauréate du Canal 2’Or de la Meilleure Artiste Féminine Camerounaise.

    📌 Le Cameroun dans la pop culture mondiale : Tu savais que des sons du Camer ont été repris par des stars mondiales ? « Zangalewa » des Golden Sounds (1986) est devenu « Waka Waka » de Shakira en 2010 pour la Coupe du Monde. « Hot Koki » d’André-Marie Tala a été samplé par James Brown en 1980. En 2015, Blick Bassy a vu son titre « Kiki » utilisé dans une pub Apple iPhone 6. Ça fait rentrer du nkap et ça met la musique camerounaise encore plus haut.


    LA MUSIQUE CAMEROUNAISE AUJOURD’HUI

    Entre les vibes ancestrales et les new vibes en Afrobeats et Hip-hop 237, les artistes ont capté que le game doit ambiancer et ramener du nkap.

    Mais bon, faut pas dormir sur les défis du game car ils sont nombreux.


    Massa on a vu une évolution marquante de la musique au Continent. Pourtant, le secteur est encore dans les sissongos. Les Fay-Man njotent les artistes sur les droits d’auteur, le streaming paye, mais n’est pas encore bien organisé. La mentalité du pays incite au piratage et le sponsoring est encore en mode décalage horaire, donc il y a du taf (en témoigne la dissolution de Universal Music Africa au Cameroun).

    Industrie musicale : Universal Music France dissout sa filiale au Cameroun

    L’Essor du Digital et des Plateformes de Streaming : Un Nouveau Nkap Way

    Les temps où il fallait attendre fatigué pour acheter un CD sont révolus. Maintenant, le streaming est la clé ! Les plateformes comme Spotify, Apple Music et Deezer sont devenues des monnaies sûres, mais le problème, c’est que les géants étrangers mangent tout le DG pendant que les artistes locaux chopent juste les miettes.

    Une alternative locale ? Colorfol, une start-up basée à Douala, a capté le filon et propose une plateforme 100% afro. Leur appli, téléchargée plus de 5000 fois, gère le nkap avec un abonnement à 0,2€ la journée. En plus, ils ont une billetterie en ligne pour les showcases et concerts.

    Mais y a des blocages sérieux ! Internet coûte trop cher : Seul 34,2% des Camerounais sont connectés, donc le streaming reste encore un luxe. La piraterie fait le show : 90% des CD et fichiers mp3 qui circulent au Cameroun, c’est du njoh. Les paiements digitaux sont encore limités : Tout le monde n’a pas la possibilité de payer en ligne.

    Solution ? Un vrai deal entre les plateformes locales et les opérateurs mobiles comme au Nigeria ou en Afrique du Sud pourrait booster le game. Imagine un forfait spécial où tu mimbo le streaming sans consommer ton forfait principal…

    Colorfol App

    La Musique : Un Poids Lourd de l’Économie Camerounaise

    Selon le Ministère des Arts et de la Culture, elle représente 3,5% du PIB culturel. C’est moins que le Nigeria (5,7%) ou l’Afrique du Sud (7,6%), mais le mouvement est lancé.

    Au Camer, les artistes galèrent encore pour choper des sponsors sérieux. Contrairement au Nigeria où MTN et Glo arrosent les artistes et les events, ici c’est encore timide. Pourtant, des gars comme Ko-CTenor et Magasco ont réussi à capter quelques deals solides. (Ko-C avec Itel ou Tenor avec Hennessy), mais ces cas restent isolés et peu structurés.

    Pourquoi ça coince encore au Camer ?

    Seulement 35 % des acteurs de la musique sont affiliés à une société de gestion de droits d’auteur (comme la SONACAM), donc peu peuvent justifier de revenus réguliers ou sécurisés.

    Plus de 54 % des opérateurs travaillent dans l’informel, ce qui rend tout suivi comptable, juridique ou contractuel quasi impossible

    À peine 26 % reçoivent des subventions publiques ou privées, faute de structures ou de dossiers solides

    Résultat : les sponsors fuient, ou alors n’investissent que sur des coups de cœur non suivis (un concert, un buzz, une affiche).


    Les Gros Défis du Game Camerounais

    Malgré tout, y’a encore des combats à gérer avant que la musique camerounaise explose vraiment sur la scène mondiale.

    Les gros cailloux sur la route :

    Le manque de studios de qualité : Moins de 5 studios internationaux au pays, donc les artistes doivent fly pour enregistrer ailleurs.

    Les Fay-Man dans les droits d’auteur : 70% des nkap qui devraient revenir aux artistes se perdent quelque part.

    L’exportation des talents reste compliquée : Contrairement aux Nigérians qui cassent tout partout, les artistes camerounais ont encore du mal à s’imposer hors du pays.

    Les solutions pour pimenter le game :

    Le digital doit être mieux exploité : Plus de deals avec les opérateurs mobiles pour que le streaming soit plus accessible.

    Créer des collabs solides avec d’autres marchés : Nigeria, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud… Le Camer doit rentrer dans la danse !

    Former et structurer l’industrie : Des événements comme le Yaoundé Music Expo (Yamex) jouent déjà ce rôle en aidant les artistes et producteurs à comprendre le business.


    Massa, si t’as suivi tout le way depuis le commencement, tu as capté que la musique du mboa, c’est pas du n’importe quoi ! Y a de l’argent à se faire, dans les kwata, les salles de concert ou en streaming. Mais il sert aussi à nourrir des familles et vendre l’image du Camer à l’international. Du Makossa qui a wanda le monde au Bikutsi qui refuse de tomber dans le fatigué, en passant par le Mbolé qui chauffe les rues de Yaoundé, la musique camerounaise est un classique de chez classique.

    Mais gars, faut pas se voiler la face, hein ! Y’a encore des bastos à esquiver : les chefs bandits qui njotent les artistes, le manque de studios de qualité, le piratage, le streaming qui doit encore bien se structurer, et les sponsors qui sont encore en train de dormir sur le game. Pourtant, ceux qui captent le tempo savent que l’avenir est digital.

    Et puis, on ne va pas mentir, les talents sont là ! Que ce soit des anciens comme Manu Dibango, Petit-Pays, Grace Decca ou des jeunes qui montent comme Libianca, Tenor et Rinyu, le Camer a des soldats prêts à sheck le game mondial. Aujourd’hui, les artistes mangent leur DG sur les plateformes de streaming, et les festivals attirent les foules.

    Donc, gars, le message est clair : la musique camerounaise est en pleine évolution, elle va péter encore plus haut si les artistes, les producteurs et les sponsors se mettent en mode action. En attendant, soutiens les frangins, les tantines et les pères du game en écoutant leur musique légalement, si tu peux acheter, achètes. N’attends pas que les choses se mettent en place pour toi.

    Bon, viens juste répondre à ce questionnaire pour donner ton avis sur l’article et après je te libère… https://forms.gle/e8rhdGihZLcNV41P6

    On s’attrape !

  • Littérature et Ecriture au Cameroun

    Littérature et Ecriture au Cameroun

    « Quand on ne rêve plus, on n’est plus. » – Manu Dibango

    Ekiéé, si on te demande où commence la littérature camerounaise, tu vas dire quoi ? Dans un bouquin poussiéreux planqué au fond d’une bibliothèque ? Allô ! Avant que nos écrivains n’impriment leurs histoires sur du papier, c’étaient les anciens qui avaient la parole. Assis sous le manguier, à la lumière du feu, ils tissaient des récits en mode storytelling avant l’heure. Pas besoin de Wi-Fi, la connexion était directe entre générations.

    Mais le Mboa ne reste jamais statique. De Mongo Beti à Léonora Miano, en passant par Calixthe Beyala et Djaïli Amadou Amal, nos plumes ont traversé le temps comme des bikutsi endiablés. Les mots ont claqué contre les injustices, exposé nos réalités et rêvé de futurs plus éclatants. Mais attends seulement, on va se dire la vérité : est-ce que la littérature camerounaise est juste là pour distraire ou bien c’est un ndem pour secouer les consciences ?

    Mongo Beti

    Aujourd’hui, les plumes du Cameroun ont compris le game : entre le livre papier et le digital, entre le pays et la diaspora, elles tracent leur route avec un bail bien calculé. E-books, blogs, autoédition, influence numérique… Ça ne dort plus ! Mais malgré tout ça, est-ce que les lecteurs camerounais suivent le mouvement ou bien on va encore dire que « les gens ne lisent pas » ?

    Léonora Miano

    Sors tes lunettes, mets-toi bien, on va entrer dans l’univers de notre littérature, décoder ses tendances et voir où elle nous mène. 📖✨

    1. LES RACINES DE LA PLUME CAMEROUNAISE
      1. Les origines : Oralité et premières écritures
        1. Quand le Mboa parlait avant d’écrire : L’héritage oral
        2. L’arrivée des blancs : quand l’oralité s’est frottée à l’écriture
      2. Comment la littérature moderne du Mboa a posé ses bases
        1. Les Premiers Mousquetaires de la Plume Camer
        2. Indépendance, Nationalisme et Plume Engagée : Quand la Littérature Dégaine
        3. Les Livres Camerounais : Entre Exportation et Blocage
    2. LES COURANTS LITTÉRAIRES ACTUELS ET LEUR IMPACT
      1. Les plumes engagées : entre politique et société
        1. Littérature de la Résistance : Quand les Plumes Deviennent des Kalachnikovs
      2. Nouvelles formes et futur de l’écriture au Cameroun
        1. Plumes du dehors, plumes du dedans : qui porte le game ?
        2. Internet et l’édition freestyle : qui peut écrire peut publier
          1. Autoédition et e-books : plus besoin d’un « boss » pour valider ton talent
          2. Les blogs et le storytelling digital : tu veux être entendu ? Écris en ligne !
        3. BD Camerounaise et Littérature Jeunesse : les p’tits Mboa ont leur place dans le game !
          1. Le livre jeunesse : place aux histoires made in Camer
          2. La BD Camerounaise : une révolution en cours
      3. Les Plumes du Mboa, entre Héritage et Futur : On ne dort pas !

    LES RACINES DE LA PLUME CAMEROUNAISE

    Avant que les Camerounais ne commencent à consommer les romans bien rangés en bibliothèque, la littérature du Mboa vibrait déjà dans les palabres des anciens. Sous le manguier ou autour du feu, les contes déroulaient des leçons de vie, les proverbes giflaient sans toucher, et les épopées se chantaient avec le poids des générations sur chaque parole. C’était le premier grand livre du pays, écrit dans les mémoires, transmis sans encre ni papier.

    Puis, les missionnaires sont arrivés avec leur propre façon d’écrire l’histoire, plantant les premières bases d’une littérature couchée sur le papier. Mais les plumes camerounaises n’ont pas tardé à prendre le relais. Isaac Moumé Etia a été parmi les premiers à noircir les pages pour dire nos réalités, marquant ainsi un tournant.

    Isaac Moumé Etia, en littérature, le man était avant tout poète, il parlait et écrivait parfaitement plusieurs langues…

    Quand Mongo Beti et Ferdinand Oyono ont débarqué dans les années 50, ils n’étaient pas là pour faire joli non plus. Leur plume a craché du feu contre le colonialisme et ses dérives. Pas de demi-mesure : ils ont dégainé des romans qui cognaient dur, mettant à nu les hypocrisies du système. Puis, avec l’indépendance, l’écriture a pris une autre dimension. Elle est devenue un miroir, un espace où nos espoirs, nos galères et nos aspirations ont trouvé refuge.

    Ferdinand Oyono

    Mais se faire entendre reste un autre combat. Jusqu’à aujourd’hui, l’édition est un parcours semé d’embûches. Les grandes maisons d’édition sont loin du Mboa, et les écrivains du pays doivent batailler pour être publiés et distribués ici-même.

    Dans cette première partie, on va creuser dans les racines profondes de notre littérature, remonter aux origines de la transmission orale, explorer les premiers écrits et revisiter les grandes plumes qui ont forgé l’identité littéraire du Cameroun. Bref, on va plonger dans la marmite de l’histoire littéraire du Mboa, là où se mélangent héritage, lutte et survie. 📖🔥


    Quand le Mboa parlait avant d’écrire : L’héritage oral

    Ekié ! Avant qu’un Camerounais ne puisse feuilleter un roman dans une bibliothèque climatisée, ici, la parole était reine. Pas de papier, pas d’encre, mais un art bien rodé : celui de raconter, de transmettre, de graver la mémoire dans les esprits plutôt que sur du papier.

    Les anciens n’avaient pas besoin d’édition pour publier leurs sagesses. Sous le manguier du kwat, au coin du feu, dans les grandes assemblées, les contes fusaient, les proverbes cognaient et les épopées transportaient les auditeurs dans un autre temps. C’était la première bibliothèque du Mboa, sans murs, sans portes, mais avec des gardiens : les sages, les griots, les conteurs.

    Dans les villages bassa, bamiléké, peuls, bétis, ou chez les Bakweri, ces récits n’étaient pas juste là pour distraire. Chaque légende était une carte du monde pour apprendre la vie. Et quand il fallait parler des ancêtres et des héros du Mboa, c’était une superproduction avec effets spéciaux en direct ! Les tambours donnaient le suspense, les balafons mettaient l’ambiance, et la kora transportait les cœurs.


    Les jeunes apprenaient tout dans cette école sans cahier : le courage, la ruse, l’honneur, le respect des ancêtres et surtout l’art de bien parler, parce que si tu voulais briller dans le kwat, mieux valait avoir une bouche qui tcham bien.

    Pas besoin de papier, pas besoin de stylo. Les griots, eux, c’était le Wi-Fi de l’époque, la base de données vivante où toute l’histoire du peuple était stockée. Ils connaissaient les généalogies par cœur, récitaient des épopées sans bafouiller et transmettaient la mémoire du Mboa avec une précision chirurgicale. Quand ils parlaient, les rois écoutaient, les guerriers prenaient des notes et les enfants ouvraient grand les oreilles.

    Mais avec le temps, la modernité est arrivée en mode rouleau compresseur. Les jeunes ont troqué les veillées sous le manguier contre Netflix et TikTok, et les griots ont commencé à perdre leur place. Qui veut encore écouter une histoire de trois heures quand un film peut te montrer la même chose en 90 minutes ?

    Pourtant, tout n’est pas perdu. Certains refusent de laisser cette tradition s’éteindre comme une bougie en plein vent. On voit émerger des festivals de conteurs, des archives numériques où les histoires des anciens sont enregistrées, et même des projets pour intégrer ces récits dans les écoles. Parce qu’il faut bien parler, si on ne fait pas gaffe, on risque de perdre une richesse aussi précieuse que l’or.

    Griots à Tignere (Adamaoua Cameroun)

    L’arrivée des blancs : quand l’oralité s’est frottée à l’écriture

    Mof mi dé! Les missionnaires qui ont débarqué ici n’étaient pas venus seulement pour prêcher la bonne parole. Ils avaient aussi un autre plan : caler leur écriture et remodeler nos récits à leur sauce. Pourtant les Camerounais n’ont pas attendu les blancs pour comprendre que laisser une trace, c’est puissant.

    Le roi Ibrahim Njoya des Bamoun, lui, avait déjà capté le bail bien avant. Il ne voulait pas qu’on raconte son histoire à sa place, alors il a carrément inventé l’écriture Bamoun, le shü-mom. Son but ? Noter la mémoire de son peuple, archiver les traditions, s’assurer que rien ne se perde dans les vents du temps.

    Texte en écriture bamoun/shü-mom, 1910.

    Mais les missionnaires, eux, étaient dans un autre film. Ils sont venus avec l’alphabet latin, traduisant la Bible comme ce mbom, Joseph Merrick, dans les langues locales comme le bulu, l’ewondo, le fulfuldé… En passant, ils ont aussi collecté des contes et écrit les premières histoires camerounaises, sauf qu’ils ont twisté les choses comme ça les arrangeait. Résultat : beaucoup de récits ont dû passer sous filtre européen, avec des moralités et des perspectives qui n’étaient pas toujours les nôtres.

    Missionnaire au Haut-Cameroun vers 1920

    Les premiers Camerounais qui ont pris la plume ont dû jongler avec ce système. Influencés par l’école coloniale, ils écrivaient souvent en suivant les cadres imposés par les blancs. Mais fais-quoi, fais-quoi, les vraies plumes du Mboa allaient bientôt changer la donne. Vers les années 50-60, une nouvelle génération d’écrivains est arrivée, bien décidée à briser les chaînes et à écrire avec sa propre voix. Là, ça a commencé à chauffer !


    Les Premiers Mousquetaires de la Plume Camer

    Avant qu’on ne commence à citer les écrivains camerounais dans les grands cercles littéraires, les anciens ont charbonné. Le premier à ouvrir le bal du côté de la littérature écrite, c’est Isaac Moumé Etia. Son livre Les Fables de Douala (1930) a été la première brique posée pour connecter l’oralité aux mots couchés sur papier. Un vrai pionnier, même si à l’époque, écrire en français c’était déjà un combat.

    Les années 50, c’est là où le game devient sérieux. Mongo Beti arrive en mode « faut pas jouer avec moi », et balance Ville cruelle (1954) et Le Pauvre Christ de Bomba (1956).

    Avec ses textes, il prend son visa pour le clash contre le système colonial et la trahison de l’élite africaine. Ferdinand Oyono suit le mouvement avec Une vie de boy (1956) et Le vieux nègre et la médaille (1956), des romans qui exposent les mascarades du nding mbout colonial avec un style satirique qui donne des gifles sans lever la main.

    Dans les années 60, d’autres plumes viennent poser leur sauce sur le feu littéraire. Jean Ikelle Matiba (Cette Afrique-là, 1963) et René Philombe (Lettres de ma cambuse, 1964) racontent la vie des oubliés, ceux qui ne sont pas invités aux buffets des puissants.

    Petit à petit, la littérature camerounaise commence à faire son bruit, et plusieurs écrivains comme François-Marie Borgia Evembé (Sur la terre en passant, 1966) et Francis Bebey prennent la scène et raflent des prix littéraires solides.

    Le Fils d’Agatha Moudio a par exemple obtenu, en 1968, le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire. En 1976, il en était déjà rendu à sa cinquième édition et était traduit en anglais, en allemand et en polonais.


    Indépendance, Nationalisme et Plume Engagée : Quand la Littérature Dégaine

    Si écrire, c’est déjà un combat, alors l’indépendance du Cameroun a été un vrai ring de boxe littéraire mon frère! En 1960, quand le pays arrache son drapeau, les écrivains ne restent pas silencieux. Au contraire, ils allument les micros pour raconter la vraie histoire – celle qui ne rentrait pas dans les manuels scolaires écrits par les colons.

    L’UPC (Union des Populations du Cameroun), ce mouvement de résistance qui a tenu tête à la France, devient un thème central dans plusieurs œuvres. Mongo Beti est encore au front avec Remember Ruben (1974), où il raconte le combat des nationalistes contre le pouvoir colonial. Hemley Boum (Les Maquisards, 2015) et Max Lobe (Confidences, 2018) reviennent aussi sur ces pages d’histoire que certains veulent effacer.

    D’un autre côté, J. Achille Mbembe, avec son étude La palabre de l’indépendance : les ordres du discours nationaliste au Cameroun (1948-1958), décortique comment la langue et la tradition orale ont été utilisées comme armes politiques. Pour lui, les écrivains camerounais ne sont pas juste des raconteurs d’histoires, mais des reconstructeurs de mémoire.


    Les Livres Camerounais : Entre Exportation et Blocage

    Écrire, c’est bien. Être lu, c’est mieux. Mais au Cameroun, faire circuler un livre, c’est tout un ndem. La réalité, c’est que 90% des livres en librairie viennent de l’Occident, et les maisons d’édition locales galèrent. Les grandes maisons comme Hachette, Nathan et consorts ont verrouillé le marché, surtout pour les manuels scolaires, ce qui empêche l’édition locale de grandir. Vous voyez comment ils sont non?

    Heureusement, des maisons comme Éditions CLE, Ifrikiya, Tropiques et les Presses Universitaires de Yaoundé essaient de tenir la route. Et c’est surtout à l’international que les écrivains camerounais pètent le score. Exemple de Léonora Miano, Djaïli Amadou Amal (Prix Goncourt des lycéens 2020) à gauche et Imbolo Mbue (Voici venir les rêveurs, 2016) à droite qui sont aujourd’hui des figures respectées sur la scène mondiale.


    LES COURANTS LITTÉRAIRES ACTUELS ET LEUR IMPACT

    La littérature du Mboa est en mode turbo, en pleine évolution et en train de prendre ses marques sur la scène mondiale. Entre ceux qui tapent du poing sur la table pour dénoncer les injustices, ceux qui explorent les multiples facettes de l’identité camer, et ceux qui font péter les barrières avec le numérique, on peut dire que les plumes camerounaises ne sont pas prêtes à baisser le volume.

    D’un côté, les écrivains militants continuent de charger le système. Ils parlent des ndem du quotidien : corruption, abus de pouvoir, misères sociales et poids de l’héritage colonial. Leurs romans, essais et pièces de théâtre sont des micros tendus aux sans-voix, ceux que l’histoire officielle a mis en mode silencieux. Quand tu ouvres leurs livres, c’est un peu comme si tu étais assis à un njoka de vérité où tout doit se dire, sans filtre.

    Mais à côté de cette vibe engagée, un vent de fraîcheur souffle aussi sur la littérature camer. La diaspora joue un rôle majeur en mélangeant les influences, en injectant des perspectives nouvelles dans les récits. Et puis, le numérique est venu casser les portes. Aujourd’hui, grâce aux blogs, à l’autoédition et aux webtoons, n’importe quel mbom avec du talent et du cran peut balancer son œuvre et toucher un public sans attendre qu’un éditeur valide son flow.

    Le secteur jeunesse et la bande dessinée ne sont pas en reste. De plus en plus de livres pour enfants et de BD aux couleurs bien camer font leur apparition, avec des histoires qui parlent aux jeunes générations sans passer par les clichés made in France.

    Festival international de la bande dessinée du Cameroun

    Évidemment, tout ça ne se fait pas sans obstacles. Se faire éditer, distribuer et être reconnu reste un gros challenge. Mais une chose est sûre : les écrivains camerounais ne sont pas là pour jouer les figurants. Leur mission est claire : raconter le Cameroun autrement, à la croisée du militantisme, de l’innovation et de l’ouverture au monde. Et franchement, ça promet des étincelles. 🚀📚🔥


    Littérature de la Résistance : Quand les Plumes Deviennent des Kalachnikovs

    Au Cameroun, même les livres font le maquis. Depuis toujours, nos auteurs ont écrit sous tension, entre censure, persécution et exil. Si aujourd’hui on peut un peu plus parler, à une époque, écrire contre le régime, c’était comme danser sur un fil de rasoir.

    Dès les années 70, Mongo Beti a ouvert la voie avec « Main Basse sur le Cameroun« . Son livre ? Interdit en France ET au Cameroun. Rien que ça ! Une vraie grenade littéraire contre la Françafrique et les micmacs du pouvoir.

    MONGO BETI – Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation

    Dans les années 90, avec la montée du multipartisme, les plumes ont encore plus dégaîné. Patrice Nganang, avec « Temps de chien » (2001), a peint un Cameroun perdu dans le chaos politique, et Max Lobe, avec « Confidences » (2016) déjà cité plus haut, a déterré des vérités sur la guerre d’indépendance.


    Plumes du dehors, plumes du dedans : qui porte le game ?

    Ekiéé, aujourd’hui, la littérature camerounaise ne se joue plus seulement à Nkol-dongo ou à Bonanjo ! Les écrivains du Mboa sont éparpillés comme du piment écrasé sur du bon poisson braisé. Entre ceux qui charbonnent au pays malgré les ndem de l’édition et ceux qui posent leur flow depuis la diaspora, la littérature camer a plusieurs voix, plusieurs vibes.

    Calixthe Beyala fait ses bails depuis Paris, Léonora Miano décortique l’identité noire depuis la France, Max Lobe tape fort sur la colonisation en Suisse, Imbolo Mbue secoue le game depuis les States… Mais entre le dehors et le dedans, les réalités sont pas pareilles.

    Les gars du pays, eux, doivent se battre pour publier, distribuer et même faire lire leurs bouquins. T’as écrit un livre au Cameroun ? Bravo, mais est-ce que les gens vont le trouver en librairie ? Bonne chance ! Entre les maisons d’édition frileuses, les circuits de distribution compliqués et le ndem du lectorat, publier un livre ici, c’est comme vouloir vendre du plantain à quelqu’un qui veut seulement du riz.

    Mais y’a une connexion qui commence à se faire ! L’AMACAD (Amicale des Auteurs Camerounais de la Diaspora) veut casser cette barrière. Le plan ? Connecter les plumes d’ici et de là-bas, créer un pont pour que les auteurs puissent s’échanger les blazes, partager les opportunités et surtout faire entendre la voix du Cameroun, que tu sois à Douala, Abidjan ou New York.

    Le but est clair : stop au combat chacun dans son coin, la littérature camerounaise doit se packager en équipe et taper fort ensemble.


    Internet et l’édition freestyle : qui peut écrire peut publier

    Avant, écrire un livre au Cameroun, c’était se préparer à galérer. Tu finissais ton manuscrit, tu courais derrière les éditeurs, tu attendais leur validation… Bref, un vrai bail de patience. Mais Internet est venu shifter le game. Aujourd’hui, un bon fichier PDF, une bonne couverture et bam ! Ton livre est disponible à Yaoundé, à Londres, à Tokyo.


    Autoédition et e-books : plus besoin d’un « boss » pour valider ton talent

    Les maisons d’édition locales font les difficiles ? Pas grave, les auteurs prennent les raccourcis digitaux. Avec Amazon Kindle, Smashwords, Kobo Writing Life, certains auteurs camerounais mettent directement leur tchap sur le marché mondial.

    Fini les longues attentes, tu balances ton livre en ligne, tu fixes ton prix et le public peut commander en un clic. Et puis, entre nous, les Camerounais lisent maintenant plus sur téléphone que sur papier, donc si ton livre est en e-book, tu multiplies tes chances d’être lu.


    Les blogs et le storytelling digital : tu veux être entendu ? Écris en ligne !

    Avant, tu devais prier un éditeur pour avoir une plateforme. Maintenant ? Tu ouvres un blog, tu racontes tes histoires et si ton flow est bon, les lecteurs vont suivre.

    Des gars comme Patrice Nganang ont bien capté le bail. Il tease ses livres sur Facebook, poste des extraits sur Twitter, et interagit avec son audience comme un vrai king. Aujourd’hui, même les critiques littéraires se font en ligne : si ton livre frappe, Twitter Camer va en parler, si c’est pas bon, on va aussi te taguer !


    BD Camerounaise et Littérature Jeunesse : les p’tits Mboa ont leur place dans le game !

    Le livre jeunesse : place aux histoires made in Camer

    Avant, on donnait aux enfants des bouquins avec des personnages qui n’ont jamais mis pied au village. Mais ça, c’était avant ! Aujourd’hui, des éditeurs comme Akoma Mba, Tropiques Éditions et les Presses Universitaires d’Afrique bossent pour que les p’tits du Mboa aient des livres qui parlent leur langage.

    🌍 Des contes et légendes revisités, pour reconnecter les jeunes à leur culture.

    📚 Des livres bilingues, pour que nos langues locales arrêtent de disparaître.

    🔥 Des récits sur les réalités d’ici, pas juste des histoires de princesses dans des châteaux.

    Le Salon du Livre Jeunesse et de la BD de Yaoundé (SALIJEY) donne enfin un espace aux créateurs locaux. Les p’tits Camerounais n’ont plus besoin d’aller chercher leurs héros ailleurs, les leurs sont déjà là !

    Salon du livre jeunesse et de la bande dessinée de Yaoundé – Salijey

    La BD Camerounaise : une révolution en cours

    Oublie les Marvel et les DC Comics, le Cameroun est en train de fabriquer ses propres super-héros. Des studios comme Waanda Stoudio et Zebra Comics montent en puissance et proposent des BD 100% camerounaises, avec des personnages inspirés de nos cultures et nos réalités. Waanda Stoudio balance des BD et de l’animation africaine. Zebra Comics crée des héros africains avec un modèle hybride : papier, digital et application mobile.

    Mais comme tout au Cameroun, y’a des embûches. La BD coûte cher à produire, les librairies ne jouent pas trop le jeu, et les jeunes qui veulent dessiner galèrent à trouver du soutien. Heureusement, des plateformes comme Artefacts permettent de lire des BD africaines en ligne, histoire de casser un peu la barrière du papier.


    Bon, on a bien tchop la littérature, hein ? On a creusé dans les racines, marché dans l’ombre des anciens conteurs, décortiqué l’ère des premiers écrivains rebelles et exploré les nouvelles avenues où s’éclatent les plumes du Mboa.

    🔥 On a vu que nos écrivains ne sont pas là pour jouer.

    💡 On a capté que la diaspora et le digital sont en train de changer la donne.

    📚 On a senti que la BD et la littérature jeunesse ont commencé à pousser comme du manioc en saison des pluies.

    Mais le vrai questionnement reste posé : est-ce que la littérature camerounaise va enfin s’imposer à l’échelle mondiale, avec une vraie industrie qui soutient les auteurs, ou bien on va encore attendre que les étrangers viennent nous valider avant de croire en nos propres talents ?

    Parce que oui, le talent est là, les histoires sont riches, le game est en feu, mais si les Camerounais eux-mêmes ne lisent pas leurs propres écrivains, ça va où ?


    Mbindi Ouvert : Et Maintenant ?

    Si on veut que la plume du Mboa devienne une force incontournable, ça doit passer par trois choses :

    ✅ Soutenir nos propres auteurs : Achète le livre d’un écrivain camerounais, parle-en, fais du bruit, ne laisse pas les talents mourir en silence.

    ✅ Multiplier les canaux de diffusion : Blogs, e-books, BD digitales, réseaux sociaux… Tous les chemins doivent mener aux lecteurs !

    ✅ Créer un vrai business du livre : Si on veut que les écrivains du pays puissent vivre de leur plume, il faut industrialiser le game, pas juste attendre les prix internationaux.

    Le plus important, c’est que nos plumes ne s’éteignent pas. Si les conteurs d’hier ont pu transmettre l’histoire sans papier, les écrivains d’aujourd’hui doivent trouver les nouveaux outils pour que leurs voix traversent le temps et l’espace.

    Alors mon frère, ma sœur, tu lis ou bien tu dors ? 📖🔥 Parce que la littérature camerounaise, elle, ne dort pas.

    👏🏾 Merci d’avoir voyagé avec nous dans ce grand njoka littéraire !

    Partage tes critiques avec nous dans ce formulaire stp mola : https://forms.gle/9T9v85fuGU9fJ5MT8

    Si le cœur te dit, prends un livre camerounais, ouvre une page et entre dans un autre monde. Qui sait, peut-être que demain, c’est toi qui prendras la plume pour raconter le Mboa ! 🚀📚

  • Gastronomie et Alimentaire au Cameroun

    Gastronomie et Alimentaire au Cameroun

    Goûtez le Cameroun : Là où la Bouffe Raconte l’Histoire. Si le Cameroun est souvent appelé l’Afrique en miniature, c’est pas pour rien ! Niveau djaffe, on a un mélange explosif qui fait danser les papilles. Avec plus de 250 ethnies, chaque coin du pays a son chantier culinaire bien garni. Ici, chaque plat est un héritage, une tradition qui traverse les générations, et une fierté qu’on exhibe sans vergogne. Chez nous, manger, ce n’est pas juste calmer la faim, c’est un moment sacré, un rituel social.

    Que ce soit un eru fumant accompagné de water fufu, un bon ndolé avec du miondo, ou même une simple assiette de puff-puff et haricot, chaque bouchée a une histoire. Dans les circuits et les chantiers, on refait le monde autour d’un poisson braisé bien assaisonné, pendant que le parfum du soya grille doucement sur le feu.

    La cuisine camerounaise, c’est plus qu’un ensemble de recettes. C’est un mode de vie, une affaire de partage, un patrimoine qu’on respecte. Tu goûtes, tu voyages ! Les épices, la cuisson au feu de bois, les plats mijotés des heures durant… Tout ça fait partie d’un héritage que les parents transmettent aux pikin, histoire qu’on n’oublie jamais d’où on vient.

    Des marchés animés de Douala aux plats revisités par la diaspora, la cuisine camerounaise ne cesse de grandir, de s’adapter, mais sans jamais dire mouff ses racines. Ici, quand on mange, c’est un vrai ndem ! Les papilles sont en fête, et le cœur aussi. Alors, prêt à plonger dans ce voyage culinaire made in 237 ?

    1. Héritage et Diversité – Quand le Cameroun SE MET À TABLE
      1. Quand le Kmer Fait Voyager les papilles
        1. Les migrations et le grand brassage des saveurs
        2. Climat et saveurs : Chaque coin du pays a son propre goût
        3. Les peuples et leurs assiettes : Qui mange quoi ?
      2. Quand le Cameroun Sert Ses Plats Signature
        1. Les plats emblématiques qui font le show
        2. Les aliments et ingrédients qui ne trompent pas
    2. Transmission, Modernité et Diaspora – Quand le Ndjaffe Traverse les Frontières
      1. Comment la Tchop Passe de Génération en Génération
        1. Les familles, premières écoles de cuisine
        2. Le repas, un moment sacré
        3. Les marchés, le cœur du ndjaffe
        4. Comment on garde nos traditions vivantes ?
        5. Quand la modernité change la manière de manger
        6. L’agriculture et les marchés, toujours en première ligne
      2. Quand la Bouffe Camerounaise S’adapte et Voyage
        1. La cuisine camerounaise face aux grandes villes et aux influences d’ailleurs
        2. Comment la diaspora fait bouger la cuisine camerounaise à l’étranger
        3. Les chefs camerounais qui mettent la sauce à l’international
          1. Nathalie Brigaud Ngoum : La go qui fait briller la cuisine camerounaise
          2. Émile Engoulou Engoulou : L’homme qui met le Cameroun sur canapé
          3. Christian Abégan : L’homme qui veut “gastronomiser” l’Afrique
          4. Alexandre Bella Ola : L’homme qui fait briller la cuisine africaine à Paris
        4. Les restos camerounais qui font sensation dans les grandes capitales
      3. Le Cameroun Dans l’Assiette, Un Goût Qui Reste Jusqu’ààààà

    Héritage et Diversité – Quand le Cameroun SE MET À TABLE

    Ici, chaque peuple a mis son piment dans la sauce, créant une gastronomie qui mélange traditions ancestrales et influences venues d’ailleurs. Depuis le temps des colons jusqu’aux brassages entre peuples, la cuisine camerounaise s’est enrichie, attrapant des techniques ici et des ingrédients là-bas, pour accoucher d’un véritable patrimoine culinaire qui ne finit jamais de surprendre.

    Avec un pays aussi varié que l’assortiment de condiments dans un bon mbongo ou un nkui, chaque coin a sa touche, son style, sa manière de bien traiter le ventre. Au bord de l’eau, le ndolé règne en maître, accompagné de son fidèle miondo, du bobolo, du manioc ou du plantain bien mûr. Dans l’Ouest, le koki fait le show, enveloppé dans ses feuilles de bananier et dégusté avec du macabo ou de l’igname bien tendre. Au Nord, le mil et le foufou assurent le carburant, avec des sauces relevées qui réveillent même un dormeur. Et quand on traverse les grandes forêts, les épices entrent dans la danse, donnant aux plats un goût qu’on ne trouve ni au marché ni en boîte de conserve.

    Cette partie, c’est le voyage au cœur du ndjaffe camerounais. Comment nos ancêtres ont fait mijoter ce savoir-faire ? Comment chaque région a trouvé sa sauce ? On va décortiquer tout ça, des ingrédients aux méthodes de cuisson, sans oublier les secrets que les mamans ne donnent jamais gratuitement. Allons seulement, le ventre est prêt !


    Les migrations et le grand brassage des saveurs

    Le Cameroun, c’est comme une grande marmite où chacun a mis son épice. Depuis toujours, les gens bougent, se déplacent, s’installent, et à chaque fois, ils viennent avec leurs recettes, leurs épices et leur manière de cuire le poisson ou de piler le taro. Les Bamiléké et les Béti, en descendant sur Yaoundé ou Douala, n’ont pas laissé leur cuisine au village. Au contraire, ils ont mélangé tout ça avec ce qu’ils ont trouvé sur place. Résultat ? Un mix de saveurs, un mariage de techniques où le plantain peut accompagner un plat qu’on mangeait avant uniquement avec du tubercule.

    Mais ce n’est pas seulement les Camerounais qui ont changé le ndjaffe, hein ! Les routes commerciales ont aussi fait leur part. Avant, le manioc et le maïs, on ne connaissait même pas ça ici. Mais avec le temps, c’est devenu des aliments de tous les jours. Maintenant, tu peux pas parler de bouffe camerounaise sans mentionner le miondo ou le couscous de maïs. Même le piment qui fait transpirer les gens au chantier, c’est venu d’ailleurs. Mais comme on aime trop ça, on a pris ça, on a adapté, et puis maintenant, c’est camerounais de A à Z !

    1ère édition du Festival international du manioc à Douala

    Climat et saveurs : Chaque coin du pays a son propre goût

    Le Cameroun, c’est le buffet à volonté de l’Afrique. Selon où tu es, la graille change, les ingrédients changent, et même la manière de préparer change.

    Dans le Grand Nord, là-bas, l’eau ne coule pas comme au robinet, donc on ne fait pas n’importe quoi avec la bouffe. Le mil et le sorgho, c’est la base, parce que ça pousse sans trop d’eau. Pour conserver la nourriture, on sèche, on grille, on met bien les épices pour que ça tienne longtemps.

    À l’Ouest, la terre est fertile, ça veut dire que les tubercules ne manquent pas. Taro, igname, patate douce, tout ça, c’est le carburant des gars d’ici. La fermentation et la cuisson vapeur, c’est leur affaire, pour garder les saveurs intactes et éviter le gaspillage.

    Au Sud, là où la forêt est épaisse, c’est l’abondance ! Manioc, banane plantain, gibier, poissons d’eau douce… Ici, on fait mijoter, on étouffe, on emballe dans des feuilles, et les plats prennent un goût qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Le n’domba, c’est le boss, poisson ou viande enveloppé dans des feuilles de bananier, avec des épices qui réveillent les papilles.

    Chaque zone a son style, sa signature, sa touche perso. Si tu goûtes un plat sans voir d’où il vient, normalement tu peux deviner la région juste avec le goût !

    Quand un produit alimentaire patrimonialisé arrive en ville. L’exemple de champignons de l’Ouest

    Les peuples et leurs assiettes : Qui mange quoi ?

    Si tu veux savoir qui est qui, regarde juste ce qu’il met dans son assiette.

    Les gars du Littoral, eux, c’est les boss du poisson et des fruits de mer. Ils ont ça en abondance, donc ils savent comment bien le gérer. Ndolé aux crevettes, poissons braisés bien pimentés, miondo à gogo, c’est leur zone, et personne ne fait ça mieux qu’eux.

    Dans la forêt, on se nourrit de ce que la nature donne. Ici, la chasse et la cueillette sont encore bien ancrées. Gibier, champignons, légumes-feuilles, on transforme tout ça en plats bien consistants. Le koki par exemple, massa, haricots mixés avec de l’huile de palme et cuits dans des feuilles. Ça glisse tout seul dans le ventre…

    En haut, chez les Bamiléké et les Bamoun, l’affaire, c’est les tubercules et les feuilles bien pilées. Njapche, taro sauce jaune, couscous de maïs, chaque repas c’est un festival de textures et de goûts, et les sauces sont riches et bien montées hein, des magiciens.

    Ce mélange de saveurs prouve que même si on est un seul pays, chaque coin a son identité culinaire bien marquée. Mais à la fin, tout le monde finit toujours par partager un bon plat autour d’une table, et c’est ça le plus important.

    Au final ? Chaque grain de sel dans nos marmites raconte une histoire, chaque cuillère rappelle un village, un marché, un souvenir. On a pris le meilleur de partout et on en a fait une cuisine qui nous ressemble, qui nous unit et qui fait que, où que tu sois, un bon plat camerounais te ramène toujours à la maison, chez ton voisin, des amis ou un évènement !


    Les plats emblématiques qui font le show

    Au Cameroun, chaque coin du pays a sa sauce, son style, son code, et quand il s’agit de bien remplir le ventre, on ne joue pas avec la qualité. Certains plats ont dépassé les frontières des villages pour devenir de vraies références nationales. Parlons de quelques-uns de ces plats mythiques :

    Ndolé : Si on devait élire un plat national, ce serait lui, sans discussion ! Feuilles amères, pâte d’arachide, épices bien dosées, et une garniture qui peut varier entre poisson séché, viande ou crevettes bien juteuses. On l’envoie avec du miondo, du plantain frit ou bouilli, et quand c’est bien fait, le silence s’installe à table, tu entends seulement les bouches qui mâchent…

    Eru : Si tu passes au Sud-Ouest et que tu ne goûtes pas l’eru, c’est que tu as raté ton voyage. Ce plat, c’est une fusion de feuilles d’okok et de waterleaf, bien mijotées avec des écrevisses, poisson fumé et peau de bœuf. C’est gras, c’est savoureux, et ça accompagne parfaitement le water fufu. Les Bakweri et les Bayangi savent pourquoi.

    Eru avec son fufu

    Koki : Voilà un classique qui fait toujours plaisir. Haricots blancs écrasés, huile de palme rouge, enveloppés dans des feuilles de bananier et cuits à la vapeur. Le résultat ? Un gâteau jaune fondant, qui se déguste avec du macabo, du plantain ou même du bâton de manioc. Chaque bouchée, c’est un bout de tradition qu’on avale.

    Le koki : Ce plat a voyagé d’une communauté à une autre, prenant racine un peu partout. D’abord chez les Mbo, il s’est retrouvé chez les Bazou, les Bafang, et même dans le Sud-Ouest. C’est la preuve qu’au Cameroun, on sait partager le bon goût.

    Mbongo Tchobi : Les Bassa n’ont pas le temps, ils ont créé une sauce qui impose le respect. La sauce ébène, comme certains l’appellent, tire sa couleur du mbongo, une épice qui donne un goût unique. Avec du poisson ou de la viande, bien mariné et mijoté, ça envoie direct au septième ciel mama! À manger avec du riz, du manioc ou du foutou, au choix.

    Mbongo’o tchobi : On raconte que c’est une femme Bassa qui a inventé cette sauce pour empêcher son mari d’aller voir ailleurs. Une fois qu’il a goûté, impossible de manger chez une autre femme. Et depuis, le mbongo tchobi est devenu un symbole de fidélité.

    Les aliments et ingrédients qui ne trompent pas

    Ici, on ne joue pas avec le goût. Quand une sauce est bien montée, on sait que les ingrédients ont été choisis avec soin.

    Miondo : On ne peut pas parler de ndolé sans citer son acolyte fidèle. Le miondo, c’est même le complément parfait pour de nombreux plats au Cameroun. Préparé à base de pâte de manioc fermentée, enveloppée dans des feuilles et cuite à la vapeur, c’est doux, élastique et ça glisse bien avec la sauce. Chez les Sawa, c’est obligatoire.

    Manioc : C’est le MVP des accompagnements. En foufou, en miondo qui est la version petit frère du bâton de manioc, en couscous… Peu importe la forme, il est toujours là pour assurer la base.

    Le bobolo (bien fait de préférence c’est encore mieux)

    Banane plantain : Ça se mange sous toutes les coutures. Frit, bouilli comme on l’a vu plus haut avec le koki, pilé pour accompagner une sauce, ou en mode poulet DG, le plantain n’a jamais déçu quelqu’un.

    Plantain frit (hmmm il a l’air bien sucré même)
    Le plantain pilé

    Arachide : Sans ça, certaines sauces n’auraient pas d’âme et le riz se sentirait seul. Ça épaissit, ça parfume et ça donne un goût sucré-salé qui fait plaisir. Le ndolé lui doit beaucoup ! En met, en sauce ou dans une recette, c’est un ingrédient de qualité.

    Nnam Owondo (met d’arachide)
    Le fameux riz sauce arachide

    Les épices locales : Ici, on ne cuisine pas fade. Djansan, poivre blanc de Penja, pèbè, kotimandjo et bien d’autres… chaque région a son arsenal, et quand c’est bien dosé, le repas devient un événement.

    Djansan
    poivre blanc de Penja
    kotimandjo
    pèbè

    Transmission, Modernité et Diaspora – Quand le Ndjaffe Traverse les Frontières

    Au Cameroun, les recettes ne s’écrivent pas, elles se vivent, elles se racontent, elles se partagent. Depuis toujours, les mamans et les tanties enseignent en direct live, avec des gestes précis et des coups de pilon bien placés. Un bon plat ne se mesure pas en grammes, mais au flair et au coup d’œil, et si tu n’as pas bien regardé, tant pis pour toi, tu vas manger seulement !

    Les plats comme le mbongo’o, cette sauce noire qui fait trembler les papilles, ou encore le njapche, ce mélange de morelle noire et de pistache qui fait suer le couscous de maïs, sont bien plus qu’un simple repas. C’est du patrimoine, c’est la mémoire des ancêtres, c’est ce qui fait qu’un Camerounais reste Camerounais, même à des milliers de kilomètres.

    Au Cameroun, la recette du « mbongo » se transmet de mère en fille

    Mais voilà, les temps changent, et la cuisine ne dort pas non plus. Avec l’urbanisation et la modernisation, on voit de nouvelles habitudes débarquer. Le poulet DG a pris la place du bon poulet dur de village, les jeunes tournent vers les fast-foods, et certains plats traditionnels commencent à se cacher derrière les gros emballages des supermarchés. Mais rassurez-vous, hein, la cuisine camerounaise ne meurt pas, elle s’adapte !

    Dans la diaspora, les gars ne sont pas restés les bras croisés. En Europe, aux États-Unis, même en Asie, les Camerounais font voyager le goût du pays. Des chefs du « Continent » jouent avec les saveurs, mixent les influences, et transforment nos plats en véritables pépites gastronomiques. Même le soya commence à se faire une place dans les grands restos ! Et grâce à des initiatives comme l’UMBA (Union des métiers de bouche africains), notre cuisine gagne du terrain et commence à se faire respecter sur la scène internationale.

    Une Union des Métiers de Bouche Africains, c’est comment ?

    Ici, on va plonger dans l’histoire du ndjaffe camerounais, voir comment il se transmet de génération en génération, comment il s’adapte sans perdre son goût, et surtout, comment la diaspora garde le feu allumé, même loin du pays. Attachez vos pagnes, serrez la ceinture, on y va !


    Les familles, premières écoles de cuisine

    Au Cameroun, apprendre à cuisiner, ce n’est pas une option, c’est une initiation. Ici, personne ne te donne une recette écrite, on te montre, tu regardes, tu fais, et surtout, tu ne poses pas trop de questions sinon on te dit de sortir de la cuisine !

    C’est souvent les mamans et les tanties qui tiennent la marmite, et si tu grandis dans une maison où ça sent pas au moins une bonne sauce en train de mijoter, il y a problème. Les plats comme le njapche, avec ses légumes et les morceaux de pistache, c’est un secret de famille. Une mère apprend à sa fille, une grand-mère surveille le geste, et quand tout le monde est satisfait, le rite de passage est terminé !

    C’est comme ça que chaque famille garde son identité, chaque tribu garde son code culinaire, et surtout, le bon goût ne se perd pas.

    Njapche : L’origine du Njapche, remonte à l’utilisation d’un légume spécifique dans sa préparation : la morelle noire.

    Le repas, un moment sacré

    Chez nous, manger, ce n’est pas juste avaler quelque chose et partir. Non, ici, le repas, c’est un moment de vie, un moment de partage. Manger dans la même assiette, c’est sceller les liens. Quand tu es accepté dans une assiette commune, c’est que tu fais partie du cercle. On pique ensemble, on rigole ensemble, et tant pis pour toi si on t’invite à un djoka et que tu viens pour taper le style!

    Les grandes occasions sont aussi des moments où on mange avec respect. Buffets lors de mariages, baptêmes, funérailles, fêtes traditionnelles ou rassemblements familiaux… Chaque événement a son plat spécial. Le Nguon, par exemple, c’est le moment où les Bamoun ressortent le njapche avec fierté.

    Un de mes meilleurs souvenirs c’est la poisson braisé que tu achètes à la plage de Limbé tu choisis ton poisson, on le braise et on te l’apporte avec les accompagnements que tu as choisis. Non vraiment ce pays est trop doux, c’est jusqu’au matin qu’on mange. Le plantain mûr avec la prune, des brochettes, la viande qu’on a braisée, le maïs et les spécialités que tu découvres en voyageant dans les villages sur les bords des routes…


    Les marchés, le cœur du ndjaffe

    Si tu veux voir où commence un bon plat camerounais, va au marché. Là-bas, les couleurs, les odeurs et l’animation donnent déjà l’appétit avant même d’avoir cuisiné.

    Le marché, c’est la base ! C’est là que les mamans viennent choisir leur manioc, leurs plantains, leurs épices. On y trouve du djansan, du pèbè, du poivre blanc de Penja, du gingembre et tout ce qu’il faut pour que la sauce ne dorme pas dans la bouche.

    Là-bas aussi, on apprend. Les vendeuses ne sont pas là seulement pour te donner la marchandise, elles connaissent les secrets des ingrédients, les bonnes combinaisons, les astuces. Si tu ne sais pas comment bien monter une sauce gombo, demande, on va bien t’expliquer !

    Vidéo: Le Cameroun est l’un des pays qui contient des marchés parmi les plus riches au monde en produits, car on y trouve presque tout.


    Comment on garde nos traditions vivantes ?

    Les gars du pays et ceux de la diaspora ne dorment pas, ils savent que si on laisse la modernité faire son propre travail, certains plats vont disparaître. Alors, on a trouvé des stratégies pour garder le feu allumé.

    Les festivals culinaires comme Diaspora Kitchen, où on montre à la nouvelle génération comment on fait les choses bien, avec le bon dosage, les bons ingrédients et l’amour du bon ndjaffe.

    Les résidences culinaires, où des chefs apprennent comment mieux travailler nos produits locaux, pour que les recettes traditionnelles continuent de briller, même dans des assiettes modernes.

    Vidéo : Festival : la « Diaspora Kitchen » entre chefs camerounais et américains


    Quand la modernité change la manière de manger

    Tout le monde le sait, les villes comme Douala et Yaoundé ne sont plus comme avant. Les gens courent après le temps, les fast-foods poussent comme du macabo après la pluie, et certains plats traditionnels commencent à se cacher.

    Les Bamiléké et les Béti, en quittant leurs villages pour s’installer en ville, ont dû adapter leurs recettes. Moins de temps pour la cuisson ? On réduit le mijotage. Manque de certains ingrédients ? On les remplace. Mais on garde toujours l’essence du plat.

    Les marchés urbains sont devenus un vrai carrefour. Tu trouves autant le bon plantain local que des produits importés, ce qui fait que le ndjaffe évolue et se diversifie avec le temps. Les habitudes alimentaires ont également évolué en raison de la santé (moins de sel, d’arômes), du niveau de vie (les gens qui sortent de la pauvreté ont tendance à manger de meilleurs mets, plus d’aliments occidentaux).


    L’agriculture et les marchés, toujours en première ligne

    Heureusement, même si les habitudes changent, le Cameroun reste un pays où l’agriculture joue un rôle clé. Les terres sont fertiles, les produits abondants, et avec les nouvelles initiatives agricoles, on essaie de moderniser sans dénaturer. Il y a toujours des personnes qui cultivent chez eux en ville et dans les villages on mange ce que la terre fourni et le reste peut aller au marché, chacun se gère.

    Les cultures sont diversifiées, et des projets comme ceux du Centre mondial des légumes et d’autres liés aux nouvelles technologies permettent d’améliorer la qualité et la production de nos aliments.

    À Douala, c’est pas moins de 1 800 tonnes de nourriture qui passent par les marchés chaque jour ! Et les produits locaux dominent toujours, preuve que les habitudes alimentaires camerounaises tiennent bon.


    La cuisine camerounaise face aux grandes villes et aux influences d’ailleurs

    Depuis que Yaoundé et Douala sont devenues des forêts de béton, le ndjaffe aussi a dû s’adapter. Avant, tout le monde connaissait les plats bien mijotés qui prenaient le temps qu’il faut pour bien attraper le goût, mais avec les journées qui filent à toute vitesse, beaucoup ont troqué le bon manioc contre du riz vite fait, et le macabo contre des pâtes express.

    Les fast-foods sont sortis comme des champignons, et les supermarchés font la concurrence aux mamans du marché avec leurs produits importés. Résultat ? Le pain et le spaghetti ont commencé à envahir les cuisines, pendant que le couscous de maïs et le taro cherchent encore leur place.

    Mais ce n’est pas fini hein, les marchés locaux résistent, et les Camerounais ne sont pas encore prêts à dire adieu à leurs plats d’enfance. Même en pleine ville, on trouve toujours le bon poivre blanc de Penja, les épices qui réveillent, et les tubercules bien frais.

    Comment la diaspora fait bouger la cuisine camerounaise à l’étranger

    Tu crois qu’un Camerounais qui voyage laisse tomber son ndolé ? Jamais ! Partout où les gars passent, ils s’arrangent pour qu’un petit circuit apparaisse. Que ce soit à Paris, Montréal, Washington ou même Tokyo, les Camerounais envoient leur soya, leur djama djama et Kati Kati, et petit à petit, les papilles étrangères commencent à comprendre que chez nous, on ne mange pas pour plaisanter !

    En plus, les choses ne se font pas au hasard. Certains ont ouvert des restaurants, des services de traiteur, et même des événements culinaires pour bien vendre la marchandise. Et au pays, des initiatives comme Diaspora Kitchen réunissent les chefs d’ici et d’ailleurs pour qu’on garde la flamme bien allumée et qu’on montre que le Cameroun a aussi sa place dans la gastronomie mondiale.

    La première édition a même attiré une vingtaine de chefs et plusieurs centaines de visiteurs, preuve que quand on parle de bouffe, tout le monde est intéressé. L’objectif est clair : mettre la gastronomie camerounaise sous les projecteurs et s’assurer qu’elle prenne sa place dans la cour des grands.

    Les chefs camerounais qui mettent la sauce à l’international

    Depuis quelques années, certains Camerounais ont pris la cuisine comme un vrai combat, et aujourd’hui, ils portent le drapeau de notre tchop bien haut.

    Des noms comme Nathalie Brigaud NgoumÉmile Engoulou EngoulouChristian Abegan, ou Alexandre Bella Ola, c’est des gars qui ont compris le game ! 🔥👨🏾‍🍳 Eux, ils ne sont pas allés en Europe pour manger seulement, ils sont partis avec leurs marmites et leurs épices dans la valise !

    Ces chefs-là, ils ont pris la tchop camerounaise, l’ont lavé, repassé, remixé avec des techniques modernes, mais sans jamais enlever le vrai goût du pays. Ils ont compris que le bon piment ne se cache pas, que le djansan ne se remplace pas, et que la cuisson au feu de bois a son propre respect.


    Nathalie Brigaud Ngoum : La go qui fait briller la cuisine camerounaise

    Si tu ne connais pas encore la boss, il est temps de te mettre à jour. Cette dame ne blague pas avec la bouffe, et surtout, elle ne fait pas semblant quand il s’agit de mettre en avant les saveurs du pays.

    Née à Douala, Bonabéri, elle a grandi avec le goût des bonnes choses et l’amour des mots. Après un parcours académique bien bétonné entre le Cameroun et la France, elle a bossé en tant que cadre dans le marketing et la distribution, mais au fond, c’est la cuisine qui l’appelait. Alors, elle a tout repris à zéro et est allée chercher son CAP en cuisine à l’École Hôtelière de Paris, histoire d’avoir la technique pour accompagner le talent naturel.

    Depuis, elle ne dort plus. En 2015, elle lance Envolées Gourmandes, un blog culinaire où elle partage des recettes, revisite les produits africains et valorise nos farines locales. En 2019, elle sort son premier livre, Mon imprécis de cuisine, qui lui vaut plusieurs prix, dont le World Gourmand Award et le prix du livre de la Foire de Paris. Elle ne s’arrête pas là. Avec son école itinérante, Envolées Gourmandes Academy, elle forme des pros de la pâtisserie et pousse les saveurs africaines sur le devant de la scène.

    En 2022, elle est sacrée ambassadrice de la gastronomie camerounaise par l’Organisation Mondiale de la Gastronomie. Toujours en mouvement, elle annonce un deuxième livre dédié à la banane plantain, parce qu’au Cameroun, si tu ne respectes pas le plantain, on ne peut pas te prendre au sérieux en cuisine.


    Émile Engoulou Engoulou : L’homme qui met le Cameroun sur canapé

    Si tu n’as jamais goûté un canapé Ndolé-Miondo ou Foss-Bobolo, c’est que tu n’as pas encore croisé Émile Engoulou Engoulou. Chef, formateur et innovateur, il veut mettre la gastronomie camerounaise sur la carte du monde, et même dans les avions !

    Né en 1962 à Douala, il grandit dans une famille nombreuse où la cuisine est un terrain de rivalité, mais sa passion pour les fourneaux finit par l’emporter. Après un parcours en gestion hôtelière à Paris, il rentre au Cameroun en 1988 et dirige plusieurs établissements avant de fonder Help’Hôtel, un cabinet de conseil en hôtellerie.

    Mais en 1999, la perte de sa mère le ramène à ses premières amours : la cuisine. Depuis, il est à la tête du Club Municipal de Yaoundé, où il régale les clients avec des amuse-bouches 100 % camerounais. Son objectif ? Que ses créations comme le Foss-Bobolo et l’Ekoki-Plantain intègrent les menus des compagnies aériennes.

    Visionnaire, il partage aussi son savoir en chroniques culinaires sur la CRTV, et forme la nouvelle génération à travers l’Académie H2T. Il ne s’arrête pas là : il accompagne les enfants des rues vers la street food professionnelle, leur apprenant l’hygiène et leur proposant des équipements innovants.

    Avec lui, la cuisine camerounaise ne se contente plus d’être locale, elle s’invite sur toutes les tables… et bientôt dans les airs !


    Christian Abégan : L’homme qui veut “gastronomiser” l’Afrique

    Christian Abégan est né en 1965 à Garoua, c’est plus qu’un chef, c’est un ambassadeur de la cuisine africaine. La Cuisine gourmande de Michel Guérard, est « sa bible en matière d’équilibre des saveurs » et c’est ce livre qui lui a donné le goût pour la tchop. Formé au Cordon Bleu de Paris, il ouvre Chez Abégan à Douala, puis Le Palenka à Paris, et devient coach dans Star Chef, l’émission panafricaine culinaire. Son livre « Le Patrimoine culinaire africain » marque un tournant, et il est reconnu comme un des plus grands défenseurs de la gastronomie du continent.

    Son combat ? Transformer la cuisine africaine en une haute gastronomie reconnue mondialement. Il veut codifier les plats comme Escoffier l’a fait pour la France, et milite pour une cuisine africaine authentique, débarrassée des bouillons chimiques. Pour lui, la modernité doit respecter la tradition.

    Lauréat du grand diplôme d’honneur de l’Institut de la Gastronomie Française, il défend l’idée que la gastronomie africaine est un outil de soft power, et pousse les gouvernements et investisseurs à enfin la valoriser à sa juste valeur. Son objectif est clair : faire de la cuisine africaine une référence mondiale.


    Alexandre Bella Ola : L’homme qui fait briller la cuisine africaine à Paris

    Alexandre Bella Ola, c’est le genre de chef qui ne lâche rien. Né en 1959 à Yaoundé, il aurait pu finir marionnettiste ou comédien, mais le ndjaffe l’a rattrapé. Fils d’un cuisinier et maître d’hôtel, il a grandi avec les bonnes odeurs de marmite, sans imaginer que lui aussi finirait par tenir une louche.

    En 1995, avec sa femme Vicky, il ouvre Rio dos Camaraos à Montreuil, un restaurant qui porte fièrement l’ancien nom portugais du Cameroun. Mais les débuts sont durs. Trop de répétition dans la carte, la clientèle ne suit pas. Au lieu d’abandonner, il se forme chez Joël Robuchon, apprend les codes de la haute gastronomie, et revient en force. Son resto prend du galon, et son style se peaufine.

    En 2003, il sort son premier livre, « Cuisine actuelle de l’Afrique noire« , et rafle direct le Grand Prix World Cookbook Awards. Ce succès lui ouvre les portes des plateaux télé, il passe sur Europe 1, « C dans l’air » et bien d’autres émissions, et son restaurant commence à faire du bruit.

    Il ne s’arrête pas là. En 2009, il lance « Moussa l’Africain« , un service traiteur à Paris, et commence à donner des cours de cuisine africaine. Toujours dans la dynamique de mettre la cuisine du continent sous les projecteurs, il publie en 2020 « Mafé, Yassa et Gombo », un hommage aux classiques africains.

    Aujourd’hui, Alexandre Bella Ola est plus qu’un chef : c’est un passeur, un ambassadeur du bon goût africain. Il veut que le mafé, le ndolé et le yassa deviennent aussi populaires que les sushis et les pizzas. Et avec sa détermination, ce n’est qu’une question de temps.


    Les restos camerounais qui font sensation dans les grandes capitales

    Les Camerounais de la diaspora ne dorment pas ! À Paris, des restos comme La Doyenne ou Le Wouri à Londres servent du Ndolé, du Poulet DG, du Poisson braisé, et les Européens commencent même à réclamer plus de piment.

    Les restos camerounais ne sont plus seulement pour la communauté expatriée, ils attirent aussi des curieux en quête de nouvelles saveurs. Petit à petit, la sauce arachide, le koki et le mbongo commencent à parler d’eux-mêmes, et bientôt, qui sait, ils seront peut-être sur les grandes tables étoilées ?

    Carte du Wouri à Londres

    Si on a bien appris une chose en parcourant les marmites du pays, c’est que le Cameroun ne fait pas les choses à moitié quand il s’agit de ndjaffe. Des villages aux grandes villes, des marchés animés de Douala aux restaurants de Paris, la bouffe camerounaise est un patrimoine vivant, une histoire qui mijote à feu doux et qui refuse de se perdre.

    On a vu comment chaque région a sa sauce, comment les migrations et les échanges ont enrichi nos recettes, comment les saveurs du pays se baladent à l’étranger grâce aux chefs et aux restos de la diaspora. On a aussi compris que malgré les fast-foods et les supermarchés bien garnis, les Camerounais n’ont pas encore dit adieu au bon goût d’antan.

    Mais le vrai ndem, c’est que la cuisine camerounaise n’a pas encore pris toute la place qu’elle mérite sur la scène mondiale. On a le talent, on a les saveurs, mais il reste à faire briller tout ça au niveau où ça doit être. On ne doit plus seulement manger local, il faut imposer nos plats, nos techniques, nos produits.

    Alors, à toi qui as suivi ce voyage culinaire, la prochaine fois que tu vois un bon plat camerounais, donne-lui le respect qu’il mérite. Que ce soit un ndolé bien monté, un koki encore fumant, ou un soya grillé comme il faut, prends le temps d’apprécier et de partager. Parce qu’au Cameroun, la bouffe, c’est une affaire de cœur et le monde ignore son potentiel!

    Bon avant de nous séparer, réponds à notre formulaire dans le lien ci dessous, puis écris ce que tu as dans le ventre en commentaires, on est là seulement, on digère tout ! 👀🔥

    https://forms.gle/hiZzGVZ6GbJqfys98

  • Communication & Médias au Cameroun

    Communication & Médias au Cameroun

    Massa, ça chauffe entre anciens et nouveaux players ! Ici au pays, l’information, c’est pas un jeu. Que tu sois en train de taper ton ndolè tranquille ou de marcher à Mboppi, une chose est sûre : tu vas entendre parler de l’actu, que ce soit par la télé, la radio, ou un mbom qui t’attrape au carrefour pour te raconter un « breaking news » qu’il a vu sur WhatsApp. Eh oui, les médias camerounais, c’est un vrai mbolè, ça tape fort et ça évolue chaque jour !

    Avant, quand on voulait savoir ce qui se passait, fallait attraper Cameroon Tribune, allumer la CRTV à 20h30 ou attendre qu’un tonton au quartier vienne avec son journal sous le bras. Mais aujourd’hui, mon frère, mon sœur, c’est Facebook, WhatsApp, TikTok qui dictent la loi. Si tu clignes l’œil, une info peut te passer sous le nez en une seconde chrono , je tu jure, c’est la magie!

    Mais faut pas croire que les anciens ont déposé les armes. Équinoxe TVCanal 2 InternationalVision 4, les radios locales… tous cherchent comment rester dans la game. Pendant ce temps, les journalistes, eux, marchent sur des braises. Selon Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse au Cameroun, c’est une affaire compliquée : un jour tu parles trop, le lendemain on t’appelle au quartier général.

    Et puis y a le gros problème des fake news. Aujourd’hui, n’importe qui avec un téléphone et un forfait peut se lever et écrire que le président a changé de pays ou que la pluie va tomber à 14h pile. Entre buzz, intox et vrai journalisme, faut avoir le bon « œil du faucon » pour capter ce qui est sérieux et ce qui est pur sauce.

    Indicateurs de stabilité politique au Cameroun

    Bref, médias traditionnels, blogueurs, influenceurs, chaînes de télé, réseaux sociaux… Tout le monde veut contrôler l’info. Mais qui va vraiment win ce match-là ? Massa, asseyons-nous bien, parce que le dossier est long comme la montée de Biyem-Assi !

    1. Des Batons de Parole à la Télé : Comment on Djossait Avant les Réseaux !
      1. Les Médias Traditionnels
        1. Les origines de la communication orale : rôle des griots et des chefferies traditionnelles
        2. L’essor de la presse écrite à l’époque coloniale : naissance des premiers journaux
        3. La radio comme premier média de masse : influence de la CRTV et du monopole d’État
      2. La Télé Débarque et le Game Change
        1. Quand la télé a pris le contrôle des foyers camerounais
        2. La libéralisation des médias : fin du monopole, début de la bagarre !
        3. La presse écrite indépendante : des warriors comme Le Messager et Mutations
        4. Mais comme toujours, parler trop fort au Cameroun, c’est risqué. Plusieurs journalistes en ont payé le prix :
        5. Et maintenant, c’est quoi la suite ?
    2. Médias Digitaux – Quand l’Info Déborde Comme Une Saison des Pluies
      1. Le Digital a Pris le Pouvoir – Si Tu dors, Tu es Dépassé !
        1. Internet et la presse en ligne : Qui n’est pas connecté est largué !
        2. Les réseaux sociaux : là où se joue maintenant l’info !
        3. Les Fake News : La Sauce Qui Peut Gâter Le Plat
      2. Les Défis et Opportunités des Médias Camerounais
        1. Liberté de la presse et censure : Quand parler devient un sport à risque
        2. Comment les médias camerounais cherchent les dos pour survivre : Publicité, abonnements et dons
        3. Les créateurs de contenu : les nouveaux boss de l’info
      3. Médias au Cameroun – Qui Va Gagner la Bataille de l’Info ?

    Des Batons de Parole à la Télé : Comment on Djossait Avant les Réseaux !

    Avant qu’un gars puisse juste ouvrir son téléphone et taper sur Facebook pour crier « breaking news », au Cameroun, l’information, c’était toute une affaire. Tu voulais savoir ce qui se passait ? Eh bien, fallait bien tendre l’oreille aux anciens, écouter les griots, ou alors attendre qu’un messager débarque au village avec des nouvelles du chef. C’était comme ça qu’on gérait les infos, avec les tambours qui battaient le message et les palabres sous l’arbre à palabres.

    Mais quand les blancs sont arrivés avec leurs missions et leur administration, ils ont ramené la presse écrite. D’abord, c’était pour eux-mêmes, avec leurs propres journaux, puis petit à petit, les Camerounais aussi ont commencé à écrire pour défendre leurs idées. Des titres comme Mulee-Ngea et L’Action Camerounaise ont commencé à secouer la table, surtout quand il a fallu parler d’indépendance et des vraies affaires du pays.

    Quand la radio a fait son entrée, ah ça, c’était le grand virage ! Plus besoin d’attendre que quelqu’un vienne raconter l’histoire au marché, on pouvait juste allumer la radio et écouter les infos. Mais bien sûr, à l’époque, c’était l’État qui contrôlait tout, avec la CRTV qui régnait en maître. Fallait bien attendre les années 90 pour voir débarquer les médias privés et donner un peu de piment à l’affaire.

    Donc, ici, on va dérouler l’histoire, depuis l’époque où on se passait l’info à coups de « Père a dit… » jusqu’au moment où les Camerounais ont commencé à zapper entre Équinoxe, Canal 2, et leurs groupes WhatsApp. Un vrai voyage, tu vas voir, où on passe du tam-tam à la télé, du journal sous le bras aux directs sur TikTok. Accroche-toi, parce que ça, c’est l’histoire des médias au Cameroun, racontée comme elle doit être racontée !


    Les origines de la communication orale : rôle des griots et des chefferies traditionnelles

    Mollah, avant que les Camerounais ne commencent à plisser le front sur un journal ou à zapper sur Équinoxe TV, l’information ne s’écrivait pas, elle se chantait, elle se criait, elle se murmurait à l’oreille des grands du village. Les griots, les messagers, les chefs traditionnels… ces gars-là étaient le Google, le WhatsApp et même le TikTok de l’époque. Si un événement arrivait quelque part, fallait pas longtemps avant que ça se propage, parce qu’ici, on a toujours su djoss !

    Les griots, c’étaient les vrais. Assis sur leur tabouret, leur bouche pouvait retracer toute l’histoire d’un royaume sans se mélanger une seule fois. Pas besoin de calepin, tout était bien stocké dans leur tête. Ils connaissaient les guerres, les naissances, les trahisons… Si tu voulais savoir si ton grand-père avait fui la guerre ou s’il était un vrai guerrier, c’est chez eux qu’il fallait aller vérifier.

    Et puis les chefs traditionnels, c’étaient eux qui validaient l’info. Pas d’assemblée nationale ici, c’était sous le grand arbre qu’on décidait. Un messager pouvait débarquer avec son bâton de parole et là, tout le monde savait que quelque chose de sérieux venait d’arriver. Et quand il parlait, silence total. Tu allais boire son message comme un bon vin de raphia ! Jusqu’à aujourd’hui, ce système-là n’a pas vraiment disparu. Regarde comment les darons te sortent encore des proverbes à tout bout de champ, comment les grands-mères racontent les histoires du quartier en pimentant bien. La tradition orale, c’est le vrai média qui a refusé de mourir, même avec toute la technologie du monde.

    2022 : Griot a été sacré champion du Cameroun de Slam à l’issue du concours du Grand slam national Cameroun. Il devient de ce fait celui qui représentera le Cameroun à la prochaine Coupe d’Afrique de Slam poésie, CASP 


    L’essor de la presse écrite à l’époque coloniale : naissance des premiers journaux

    Maintenant, entrons dans les choses de blanc. Quand les colons ont débarqué, ils ont trouvé qu’on djossait trop et ils ont voulu mettre ça sur papier. Pas pour nous hein, pour eux d’abord. Fallait bien qu’ils organisent leur business ici et racontent leur propre version des faits.

    Mais dans les années 1920, un gars s’est levé et a dit « Massa, on ne va pas nous endormir comme ça ! » Son nom ? Joseph Ebele. Il a créé Mbalé, un journal qui ne mâchait pas ses mots. Le gars envoyait les missiles contre la colonisation, dénonçait les injustices, et appelait déjà à l’indépendance. Seulement, les colons n’étaient pas là pour blaguer. Ils ont attrapé Mbalé et ont dit « On coupe ça net ! » Résultat ? Interdit. Mais c’était trop tard, le feu avait déjà pris.

    Derrière, d’autres Camerounais ont capté que la plume pouvait être une vraie arme. Des intellectuels, des religieux, des militants… chacun voulait écrire pour éveiller le peuple. Même les missionnaires s’y sont mis, avec leurs bibles et leurs écoles, pour pousser l’alphabétisation et imprimer des livres. Les baptistes, notamment, ont bien secoué la sauce.

    Mais même après l’indépendance, écrire n’était pas toujours sans danger. L’État surveillait tout, et si ton journal dérangeait trop, une convocation pouvait te trouver avant même que tu aies fini ton café. Pourtant, les journalistes ne se sont jamais couchés. De fil en aiguille, la presse camerounaise a fini par se tailler une vraie place, même si le combat est toujours là.

    En 1933, Joseph Ebele, rédacteur en chef et promoteur de « Mbalé » (la vérité en douala), le premier journal camerounais en langue douala, écrit en une de ce journal : le Cameroun revendique son indépendance

    La radio comme premier média de masse : influence de la CRTV et du monopole d’État

    Mais bon, parlons vrai : le média qui a mis tout le Cameroun d’accord, c’est la radio. Avant elle, il fallait marcher pour aller entendre une info. Mais dès qu’elle est arrivée, tout a changé. D’un coup, même le planteur au fin fond du village pouvait suivre les discours du chef de l’État en sirotant son vin blanc.

    Tout commence en 1940, avec Radio Douala, une radio que les colons ont mis en place pour balancer leurs propres messages. Mais petit à petit, les Camerounais ont repris la sauce. En 1955, on crée Radio Cameroun, puis arrivent Radio Yaoundé et Radio Garoua. Là, on commence à sentir que l’information devient nationale.

    Mais c’est en 1987 que le game change vraiment. L’État fusionne la radio et la télé pour créer la CRTV (Cameroon Radio Television). Et là, mon frère, si tu voulais entendre une info, fallait passer par eux. C’était « CRTV a dit » ou bien rien. Pas moyen de contestation, pas de contre-information. Le micro était entre leurs mains, et fallait écouter seulement.

    Mais comme tout pouvoir trop long finit par trembler, les années 90 arrivent avec un vent de changement. Libéralisation des médias ! Boom ! Les radios privées commencent à apparaître. Plus besoin d’attendre le journal de 13h pour entendre une autre version des faits. Désormais, les Camerounais peuvent zapper entre les fréquences et choisir à qui ils veulent donner leur oreille.

    Aujourd’hui, même avec WhatsApp, YouTube et compagnie, la radio reste un bastion solide. Que ce soit CRTV ou les petites radios locales, on sait que l’oreille du Kmer est toujours à l’écoute.

    Voilà comment on est passé du tam-tam aux ondes FM. L’histoire des médias au Cameroun, c’est un parcours de warriors, où chaque époque a dû batailler pour informer le peuple. Et ce n’est pas demain qu’on va s’arrêter !

    Ancienne journaliste à la Télévision publique du Cameroun, la Cameroon Radio Television (CRTV, « Radio Télévision du Cameroun »), Evelyne Ngo Lambidjeck a accordé un entretien spécial à 13 minutes…

    Quand la télé a pris le contrôle des foyers camerounais

    Avant que les Camerounais ne commencent à zapper entre Équinoxe TV, Canal 2 et Vision 4, le seul vrai boss des médias, c’était la radio. Mais un beau jour, les écrans ont commencé à illuminer les salons. En 1985, la Cameroon Television (CTV) commence ses premiers essais, et en 1987, boum, on fusionne tout ça avec la radio pour donner la CRTV. Et là, mon frère, si tu voulais voir les nouvelles, écouter le discours du chef de l’État ou juste mater une série, c’était eux ou rien !

    À l’époque, la télé, c’était plus qu’un luxe. Quand une famille avait une télévision, tout le quartier passait squatter pour suivre les infos ou les matchs des Lions Indomptables. C’était aussi un moyen d’éducation : émissions culturelles, programmes éducatifs… sauf que bien sûr, tout était bien contrôlé. Fallait pas trop rêver de voir des critiques du gouvernement en plein 20h30.

    Sur le plan politique, la télévision était le canal du gouvernement. Tout ce qui sortait de l’écran était filtré, bien arrangé, bien ficelé pour rester dans la ligne officielle. Les Camerounais ont vite compris que s’ils voulaient des vraies news, il fallait bien tendre l’oreille et croiser les infos avec ce qui se racontait au marché ou dans les taxis.

    Avec le temps, Internet a commencé à pointer son nez, et la CRTV a dû composer avec une nouvelle réalité. Les Camerounais voulaient plus de diversité, plus de débats, plus d’opinions. Et c’est là que le game a commencé à changer…

    Vidéo documentaire sur les premiers visages de la télévision à la CRTV


    La libéralisation des médias : fin du monopole, début de la bagarre !

    Dans les années 90, le Cameroun est secoué par des vents de changement. Partout en Afrique, les États commencent à lâcher un peu la pression sur la presse, et ici, on ne pouvait pas rester à la traîne. C’est ainsi qu’en 1990, la loi n° 90/052 arrive et dit : « Ok, vous voulez vos propres médias ? Allez-y ! » Mais bon, sur le terrain, il a encore fallu attendre 2000 pour voir les premières télés privées débarquer pour de vrai.

    Et là, mon frère, le paysage a pris une toute autre couleur. Canal 2 International, fondée par Emmanuel Chatue, débarque et commence à bousculer le monopole de la CRTV. Avec des émissions plus proches du quotidien des Camerounais, du divertissement made in 237, des débats plus osés… les gens commencent à capter que la télé peut être autre chose qu’un canal officiel.

    Puis vient STV (Spectrum Television), qui se positionne aussi sur l’info et le divertissement.

    Mais le vrai rebelle de la bande, c’est Équinoxe TV. Fondée par Séverin Tchounkeu, la chaîne n’a jamais eu sa langue dans la poche. Elle ose poser les questions qui fâchent, donner la parole à ceux qu’on préfère souvent faire taire. Forcément, ça ne plaît pas à tout le monde. En 2008, la chaîne se fait suspendre pour avoir trop parlé. Mais elle revient encore plus forte, parce que le peuple aime ceux qui disent la vérité.

    Malgré cette ouverture du marché, tout n’est pas rose. Obtenir une licence de diffusion coûte cher, et les journalistes savent qu’il y a des sujets à aborder avec précaution. Entre la pression politique et le manque de financement, tenir une télé privée, ce n’est pas du gâteau. Mais au moins, aujourd’hui, les Camerounais ont le choix : regarder la version officielle ou zapper pour entendre autre chose.


    La presse écrite indépendante : des warriors comme Le Messager et Mutations

    Pendant que la télé se battait pour se faire une place, la presse écrite n’a jamais lâché l’affaire. L’un des plus grands soldats de cette guerre pour l’info, c’est Pius Njawé. En 1979, il lance Le Messager, un journal qui ne fait pas de cadeaux. Dès le départ, il choisit son camp : celui de la liberté d’expression, coûte que coûte.

    Forcément, ça ne plaît pas à tout le monde. En 1991 et 1992, Le Messager se fait suspendre. En 1996, Pius Njawé est même jeté en prison pour « outrage au chef d’État ». Mais le gars ne plie pas, il continue son combat jusqu’à sa mort en 2010.

    Un autre nom à retenir, c’est Benjamin Zébazé. Ce mbom-là lance Challenge Hebdo en 1991, puis Le Quotidien, le premier journal à paraître tous les jours au Cameroun. Son but ? Faire entendre des voix différentes et briser le monopole de l’info contrôlée par l’État.

    Et puis, il y a Mutations, un autre poids lourd de la presse écrite indépendante lancé à Yaoundé le 1er juillet 1996 , c’est un quotidien camerounais édité par le groupe South Media Corporation. Ce journal a marqué son époque en tenant une ligne critique, sérieuse et bien structurée.

    Liste des journaux camerounais : Tout comprendre sur la presse au Cameroun ​​​​​​​

    Mais comme toujours, parler trop fort au Cameroun, c’est risqué. Plusieurs journalistes en ont payé le prix :

    Germain Cyrille Ngota Ngota, rédacteur en chef de Cameroun Express, arrêté pour une enquête sur la corruption. Il meurt en détention en 2010.

    Rodrigue Tongué, journaliste à Le Messager, arrêté en 2014 pour ne pas avoir révélé ses sources. Il sera acquitté en 2017.
    Et bien sûr, Le Popoli, journal satirique créé en 2003 par Nyemb Popoli, qui s’est fait censurer plusieurs fois pour ses caricatures et ses piques bien senties contre le pouvoir.

    Même avec tout ça, la presse écrite indépendante continue de se battre. Les défis sont énormes : manque de financement, difficultés à imprimer, censure… mais les journalistes n’abandonnent pas. Ils savent que sans eux, le Cameroun resterait dans une seule version de l’histoire.


    Et maintenant, c’est quoi la suite ?

    L’arrivée de la télé privée et la montée de la presse indépendante ont bousculé le game au Cameroun. Fini le temps où une seule voix parlait pour tout le monde. Aujourd’hui, on peut choisir où on prend l’info.

    Mais le combat n’est pas fini. La liberté de la presse reste fragile, et les pressions sont toujours là. Les médias privés doivent jongler entre vérité et prudence, entre survie financière et indépendance éditoriale.

    Une chose est sûre : les Camerounais veulent la vraie info. Pas juste des discours bien préparés, mais des faits, des analyses, des débats. Et tant qu’il y aura des journalistes prêts à prendre des risques, le peuple continuera d’avoir une voix.

    Le game médiatique au Cameroun, c’est pas un sprint, c’est un marathon. Et crois-moi, on est encore loin de la ligne d’arrivée !


    Médias Digitaux – Quand l’Info Déborde Comme Une Saison des Pluies

    Mon frère, ma sœur, si tu crois encore que l’info se trouve juste dans un journal plié sous l’aisselle ou sur la télé à 20h30, alors tu dors encore fort ! Aujourd’hui, même ton tonton au village reçoit les breaking news direct sur WhatsApp avant que CRTV ne prépare son plateau. On est entré dans une autre dimension : l’ère où Internet dicte sa loi et où les réseaux sociaux sont les nouveaux ministres de la communication.

    Mais là où Internet a vraiment tout renversé, c’est avec Facebook, WhatsApp, Twitter et TikTok.

    Bref, l’info au Cameroun a pris un sérieux virage digital. On va décortiquer comment on est passé des journaux papiers aux tweets viraux, pourquoi tout le monde veut être reporter sur WhatsApp, et quels sont les vrais dangers de cette révolution numérique qui avance à toute vitesse. Attache bien ta ceinture, parce que ça va aller très très vite !


    Internet et la presse en ligne : Qui n’est pas connecté est largué !

    Mollah, aujourd’hui au Cameroun, si tu n’as pas Internet, tu es en retard comme un taxi qui cale en pleine montée de Melen ! Depuis les années 2000, le game a complètement changé. En 2000, moins de 0,25 % des Camerounais avaient Internet. Aujourd’hui, on est à 38 %, et avec la 4G qui va bientôt couvrir près de 70 % du pays, même ton oncle au village pourra mater ses vidéos YouTube sans voir l’icône de chargement tourner comme un compresseur.

    Avec cette montée en puissance du digital, les médias papiers ont capté que s’ils restaient dans leur coin à vendre des journaux au carrefour, ils allaient disparaître plus vite qu’un billet de 10 000 entre les mains d’un njaka. Cameroon Tribune a pris le virage numérique il y a 20 ans, histoire de ne pas se faire oublier. Pendant ce temps, Journal du Cameroun, lui, a dit « papier, c’est pour les anciens » et a carrément lancé un média 100 % en ligne dès 2008.

    Les gars ont compris que les gens ne veulent plus attendre 24h pour lire l’info. Aujourd’hui, si une actu sort, elle doit arriver en temps réel, sinon c’est déjà dépassé. C’est comme ça qu’on est passé des kiosques à journaux aux articles partagés sur WhatsApp à la vitesse de la lumière.


    Les réseaux sociaux : là où se joue maintenant l’info !

    Mon frère, oublie les radios à ondes courtes et les journaux en kiosque. Si tu veux savoir ce qui se passe au Cameroun aujourd’hui, direction Facebook, WhatsApp, Twitter et TikTok ! C’est là que tout le monde vient chercher les dernières nouvelles, les buzz et les débats chauds du moment.

    Selon We Are Social, en 2022, plus de 4,62 milliards de personnes dans le monde étaient connectées sur les réseaux sociaux. Ici, au bled, Facebook et Twitter sont devenus les outils préférés des journalistes pour balancer leurs articles et interagir avec les lecteurs. Plus besoin d’attendre le JT du soir, maintenant, c’est notification directe sur ton téléphone !

    Mais ce n’est pas tout. Les réseaux ont carrément changé la façon de faire du journalisme. Avant, c’était les médias qui allaient chercher les scoops. Maintenant, avec un smartphone, chaque Camerounais est un reporter en puissance. Un accident sur l’axe lourd ? Une vidéo tourne déjà sur WhatsApp avant même que la police n’arrive. Un ministre qui fait une bourde ? Twitter s’enflamme en 10 minutes !

    Et puis les réseaux, c’est aussi devenu un vrai champ de bataille. Pendant la crise anglophone, c’est là que tout s’est organisé : mobilisation, dénonciations, alertes internationales. Même pendant les élections de 2018, c’est sur les réseaux que les Camerounais se sont affrontés à coup d’arguments et de contre-arguments. D’ailleurs, pour éviter que ça ne parte en vrille, des initiatives comme No Bad Mop ont été mises en place pour filtrer les discours haineux.

    Le problème avec tout ça, c’est que les infos circulent tellement vite que parfois, c’est la fake news qui arrive avant la vérité…


    Les Fake News : La Sauce Qui Peut Gâter Le Plat

    Ici, dès qu’une rumeur commence à tourner sur WhatsApp, il y a toujours un gars pour dire « ça vient d’une source sûre »… sauf que souvent, c’est du pur sauce ! Et ça, c’est un vrai problème.

    Pendant la crise anglophone, il y a eu des tonnes de fausses vidéos qui ont circulé sur Facebook, mettant encore plus d’huile sur le feu (Tandfonline). En 2018, pendant les élections, certaines personnes ont inventé des histoires de fraudes, créant une confusion totale parmi les électeurs. Le pire, c’est que quand une fake news prend, c’est difficile de l’arrêter.

    Et le danger ne s’arrête pas là. De plus en plus de Camerounais commencent à se méfier des médias officiels à cause de toutes ces intox qui circulent. Résultat ? On ne sait plus qui croire. Une étude a d’ailleurs montré que la désinformation joue un rôle dans la perte de confiance envers les institutions et les journalistes.

    Heureusement, certains ont compris qu’on ne peut pas laisser les fake news faire la loi. Le projet Talk Paix forme les journalistes et les jeunes à reconnaître les intox et à éviter de tomber dans le piège.

    Des organisations comme Internet Sans Frontières et Africa Check bossent aussi pour vérifier les infos et démystifier les rumeurs. Mais le combat est long, parce qu’une info vraie prend du temps à se vérifier, alors qu’une fake news se propage en quelques secondes.


    Liberté de la presse et censure : Quand parler devient un sport à risque

    Au Cameroun, si tu es journaliste et que tu veux dire toute la vérité, mieux vaut attacher ta ceinture. Ici, parler trop, c’est un vrai sport extrême comme on a pu le voir ! Chaque année, on entend des histoires qui montrent que faire du journalisme indépendant, c’est comme marcher sur des braises pieds nus.

    En février 2023, tout le monde a été secoué par l’affaire Martinez Zogo. Ce gars-là, il ne mâchait pas ses mots quand il parlait de corruption. Résultat ? Un matin, on l’attrape, on le fait disparaître et quelques jours plus tard, on retrouve son corps comme si c’était un animal qu’on avait chassé dans la brousse. Toute la presse est tombée en choc. Si un journaliste aussi en vue pouvait être traité comme ça, imagine les petits reporters qu’on ne connaît même pas.

    Et ce n’est pas fini. En février 2024, c’est Bruno Bidjang, un visage bien connu de Vision 4, qui s’est retrouvé en cellule. Pourquoi ? Parce qu’il a osé dire que les Camerounais dorment trop face à leurs problèmes. Verdict ? Accusé de « propagation de fausses nouvelles », direction prison jusqu’en août 2024.

    Un autre cas qui a fait parler, c’est Amadou Vamoulké, ancien boss de la CRTV. En août 2024, boum, 20 ans de prison pour « détournement de fonds ». Mais beaucoup disent que c’était juste pour faire taire une voix qui dérangeait.

    Comparé aux autres pays africains, le Cameroun est loin d’être un paradis pour les journalistes. Ici, si tu veux faire ton boulot correctement, faut avoir le cœur bien accroché. Heureusement, Internet a ouvert d’autres voies. Aujourd’hui, les médias en ligne et les réseaux sociaux permettent à ceux qui veulent parler de contourner les blocages. Mais bon, même là-bas, faut faire attention, parce que si tu déranges trop, on vient te chercher !


    Comment les médias camerounais cherchent les dos pour survivre : Publicité, abonnements et dons

    Les médias au Cameroun, c’est un peu comme un taxi de Douala qui roule sans essence : ça avance, mais ça tremble. Si tu veux faire du journalisme ici, tu dois aussi être un bon commerçant, parce que sans argent, même la vérité ne peut pas voyager loin.

    1. Publicité : La sauce qui coule ailleurs, mais qui est maigre ici
      • Avant, un média pouvait survivre juste avec la publicité. Mais aujourd’hui, c’est le Far West ! Google, Facebook et YouTube ont attrapé presque tout l’argent publicitaire. Du coup, les entreprises locales réfléchissent bien avant de mettre leur argent chez les médias camerounais.
      • Certains journaux et télés essayent d’être malins en proposant des pubs ciblées sur les plateformes locales. Mais avec un marché aussi petit et une économie en zigzag, ce n’est pas gagné.
    2. Abonnements : Paye d’abord, on te donne l’info !
      • Quelques médias tentent une nouvelle approche : faire payer les lecteurs pour du contenu exclusif. Mais soyons sérieux… Qui va payer pour lire un article quand il peut avoir la même info, même tronquée, sur WhatsApp gratuitement ?
      • Les Camerounais ne sont pas encore habitués à payer pour de l’info en ligne. C’est comme demander à un gars du kwatt de payer pour respirer. Donc, ceux qui essayent les abonnements doivent vraiment proposer du lourd pour que les gens acceptent d’ouvrir leurs poches.
    3. Crowdfunding : « Aidez-nous à parler ! »
      • Le crowdfunding (financement participatif) commence aussi à faire son petit chemin. L’idée est simple : les lecteurs cotisent pour aider les médias à rester indépendants. Au Sénégal, ça marche bien avec La Maison des Reporters, mais ici, on n’est pas encore au point.
      • Pourquoi ? Parce que beaucoup de Camerounais ne font pas confiance à ce genre de système. Ils veulent d’abord voir si l’argent qu’ils donnent ne va pas disparaître comme la pluie après une grande saison sèche. Mais si ça prend, ce serait une vraie solution pour les médias qui veulent être libres.

    Les créateurs de contenu : les nouveaux boss de l’info

    Si tu ouvres ton téléphone aujourd’hui, les journalistes classiques ne sont plus les seuls à raconter l’actualité. Désormais, il y a une nouvelle armée sur le terrain : les créateurs de contenu.

    TikTok, Instagram, YouTube… la nouvelle télé des jeunes

    Avant, c’était CRTV ou rien. Aujourd’hui, les jeunes camerounais préfèrent TikTok, Instagram et YouTube. De nombreux jeunes au pays accèdent à la richesse et la gloire grâce à la plateforme TikTok comme Tik Dengue avec 3M d’abonnées, ou Andrew Meye, qui fait du buzz sur Insta, attirent plus de monde que certains journaux.

    Pourquoi ça marche ? Parce que les gens veulent du vrai, du frais, du contenu qui les touche directement. Plus personne ne veut écouter un journal télévisé où on parle en mode « mesdames et messieurs » pendant 10 minutes avant d’entrer dans le sujet. Les créateurs vont droit au but !

    Faire de l’argent en créant du contenu ? Pas si simple !

    Même si ces influenceurs attirent des milliers de vues, la question de l’argent reste compliquée. TikTok, par exemple, ne paie pas encore les créateurs africains comme en Europe ou aux États-Unis. Du coup, ceux qui gagnent de l’argent le font surtout grâce aux pubs, aux sponsors et aux collaborations avec des marques.

    Les médias traditionnels commencent à copier !

    Les journaux et télés voient bien que les créateurs de contenu attirent du monde. Alors, ils commencent à bosser avec eux. Ce n’est pas encore trop développé au Cameroun, mais dans d’autres pays africains, ça cartonne déjà.

    Les influenceurs amènent du punch, de la spontanéité et une connexion directe avec le public. Petit à petit, même les télés classiques devront apprendre à faire le show si elles veulent rester dans le game.


    Alors, on est arrivé au bout du film, et une chose est claire : le game médiatique au Cameroun est en pleine mutation !

    Entre les médias classiques qui essaient de rester dans la sauce, les créateurs de contenu qui chauffent la piste sur YouTube et TikTok, et les réseaux sociaux qui distribuent l’info plus vite qu’un bend-skin pressé, l’avenir de la communication ici ne sera pas un long fleuve tranquille.

    D’un côté, les journalistes marchent sur des œufs. Parler trop fort, c’est risqué. Mais dans un pays où les vérités dérangent souvent, il faut des warriors pour tenir le micro et taper du poing sur la table.

    D’un autre côté, les médias doivent trouver de l’argent pour survivre. Publicité, abonnements, dons… Tout est sur la table, mais rien n’est garanti. Si l’argent ne coule pas, l’info ne passe pas.

    Et puis, il y a les influenceurs, les blogueurs, les créateurs de contenu, ceux qui ont compris que l’info d’aujourd’hui se consomme en vidéo courte, en mèmes et en stories bien senties. Le public veut du concret, du rapide et surtout du vrai. Si tu n’es pas direct, on swipe et on passe au suivant !

    TikTok : Pourquoi le Cameroun veut réguler le réseau social

    Bref, le journalisme au Cameroun, c’est plus un combat qu’un métier. Entre pression politique, course à la survie financière et adaptation au digital, seuls ceux qui sauront s’innover sans se dénaturer vont rester debout.

    Mais au final, le vrai boss, c’est le peuple. C’est lui qui choisit quoi lire, quoi regarder, à qui faire confiance.

    Et maintenant, on fait comment ?

    Mollah, l’avenir est ouvert. Les médias doivent se réinventer, les créateurs de contenu doivent apprendre à bien jouer leur rôle, et le public doit savoir faire la différence entre l’info sérieuse et le pur buzz.

    Une chose est sûre : tant qu’il y aura des Camerounais qui veulent savoir la vérité, il y aura toujours des gens pour la raconter.

    Merci d’avoir suivi jusqu’au bout, en dessous on te met un formulaire en lien avec quelques questions pour tchater un peu sur ce que tu viens de lire, comme ça on va citer ton commentaire dans une vidéo, et surtout, ouvre l’œil et reste éveillé ! L’info, c’est un vrai mbolè : si tu ne danses pas bien, elle te dépasse !🔥

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