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  • Histoire et Patrimoine du Cameroun

    Histoire et Patrimoine du Cameroun

    Nos Ancêtres N’ont pas blagué avec l’Héritage !

    Le Cameroun, c’est un pays où chaque pierre, chaque forêt et chaque village ont une histoire à raconter. Depuis le temps où nos arrière-grands-pères foulaient cette terre rouge, jusqu’aux grandes chefferies d’aujourd’hui, découvrons notre héritage, un mélange puissant de traditions, de batailles et de transmissions.

    D’après les experts, les premières traces humaines ici remontent à des millénaires. Bien avant les Européens avec leurs bateaux et leurs accords bizarres, nos ancêtres avaient déjà construit des royaumes solides, avec des chefs qui réglaient les affaires sérieusement. C’étaient pas des blagues, hein ! Chaque groupe avait ses propres règles, ses rituels, son art de vivre.

    L’ADN d’un mystérieux peuple inconnu découvert au Cameroun : Le site de Shum Laka pourrait révéler de nouveaux secrets sur l’histoire de l’évolution de l’homme. 

    Aujourd’hui, cet héritage vit encore dans nos monuments, nos chants, nos danses et même nos expressions du quotidien. C’est pas juste une affaire de musée, c’est notre identité ! Un Camerounais qui ne connaît pas son histoire, ça ne devrait pas exister ! Alors, prêt à découvrir tout ce qui fait notre richesse ?

    1. D’où Venons-Nous ? Nos Ancêtres Avaient Déjà Tout Calculé !
      1. Les Vieux Avaient Déjà Tout Mis en Place : Vestiges et Royaumes d’Autrefois
        1. On Était Là Depuis, Hein ! Les Premiers Habitants et Leurs Traces
        2. Les Royaumes d’Avant : Ça Fonctionnait Comme Une Machine Huilée !
      2. Quand les Mbom d’Ailleurs Ont Débarqué : Colonisation et Bagarre pour l’Indépendance
        1. Les Premiers Blancs Sont Arrivés, et Tout a Commencé à Changer !
        2. Deux Colonisations, Deux Façons de Gérer le Pays
        3. La Révolte Gronde, Mais la Répression Fait Mal
        4. 1960 : L’Indépendance Mais Pas la Liberté Totale
        5. Aujourd’hui : Un Héritage Colonial Toujours Visible
    2. Cameroun : Chaque Pierre, Chaque Rythme, Chaque Parole Garde Notre Histoire
      1. On a construit avant que les autres ne sachent où on était !
        1. Les Musées : Là où notre mémoire refuse de disparaître
        2. Nos Ancêtres n’avaient pas YouTube, mais ils savaient graver leur Histoire !
        3. Nos Rois ne Jouaient Pas avec l’Autorité : Les Objets de Pouvoir
      2. Nos Trésors Cachés : Danse, Musique et Paroles qui Refusent de Mourir
        1. Quand une fête traditionnelle fait vibrer tout un peuple
        2. La danse : Quand le corps raconte ce que la bouche ne peut pas dire
        3. La musique : Notre meilleure exportation, même si on ne le reconnaît pas toujours
        4. Les contes et légendes : Quand la parole était notre meilleure bibliothèque
        5. Nos langues : Ce qui nous lie, mais qu’on laisse disparaître
      3. On ne quitte pas la maison sans fermer la porte : Ce qu’on garde et ce qu’on doit changer !

    D’où Venons-Nous ? Nos Ancêtres Avaient Déjà Tout Calculé !

    Bien avant que les cartes du Cameroun ne soient dessinées et que les grandes villes ne se remplissent de circulation et de bruits, nos ancêtres vivaient déjà ici, organisés et bien installés. Les traces laissées dans le sol, les outils retrouvés par les chercheurs montrent que les premiers habitants de cette terre savaient exactement comment survivre, chasser, cultiver et bâtir leurs sociétés.

    Petit à petit, des groupes se sont structurés, donnant naissance à des chefferies et des royaumes puissants comme ceux des Bamoun, des Kotoko ou encore des Tikar. Ici, on ne blaguait pas avec le respect des traditions ! Chacun avait sa place, ses coutumes et un savoir-faire qui se transmettait de génération en génération. L’agriculture, l’artisanat, le commerce… tout roulait bien, et les échanges se faisaient déjà entre les différentes régions bien avant que les whites ne mettent les pieds dans l’affaire.

    Les civilisations Sao et Kotoko

    Mais bon, comme toujours, quand des étrangers arrivent, tout se complique ! À partir du XVe siècle, les premiers navigateurs portugais ont commencé à rôder, cherchant des épices, des richesses, et bien sûr, à marchander avec les populations locales. Peu à peu, ces contacts ont chamboulé les traditions, apportant avec eux de nouvelles influences, de nouvelles manières de voir le monde… et des problèmes aussi. Voilà comment notre histoire a pris un tournant qui continue de nous marquer aujourd’hui !


    On Était Là Depuis, Hein ! Les Premiers Habitants et Leurs Traces

    Mon frère, ma sœur, oublie l’histoire qu’on te raconte là comme si le Cameroun a commencé avec la colonisation ! Ici, on était déjà en place depuis des millénaires, organisés, bien assis sur notre terre. Les chercheurs qui creusent partout-là ont trouvé des traces solides que nos arrière-arrière-grands-pères avaient déjà posé les fondations de notre histoire bien avant que les blancs ne débarquent.

    Regarde seulement du côté de l’Adamaoua, dans le fossé du Mbéré. Là-bas, les gens ont retrouvé des tessons de poterie décorée, des meules, des pierres taillées, et même des greniers. Ça veut dire quoi ? Que les mbom de cette époque savaient cultiver, stocker leurs vivres et vivre en communauté, bien avant qu’on ne parle de royaumes.

    Si tu veux encore du lourd, parlons de Shum Laka, là-bas vers les Grassfields. Les scientifiques y ont trouvé des ossements datant de plus de 30 000 ans ! Oui mon frère, 30 000 ans! Ces gens-là savaient sculpter des outils, enterrer leurs morts avec respect et bâtir des communautés bien structurées.

    Et ce n’est pas tout. Dans le Nord-Cameroun, les mbom ont même laissé des mégalithes géants, ces grosses pierres plantées dans le sol pour marquer leurs territoires et honorer leurs ancêtres. Quand on te dit que nos anciens ne faisaient pas les choses au hasard, c’est pas des jokes l’ami !

    Le mégalithisme au Grassland (Cameroun occidental)

    Tu vois donc que notre histoire commence bien avant les royaumes et les rois. Les anciens avaient déjà capté que la vie en société, c’est l’organisation. Ils ont posé les bases, et les royaumes n’ont fait que bâtir dessus.

    Les Royaumes d’Avant : Ça Fonctionnait Comme Une Machine Huilée !

    Là on parle pas de villages dispersés au hasard hein, c’était des États bien ficelés, avec des rois qui géraient les affaires comme de vrais boss.

    Le Royaume Bamoun, créé en 1394, était déjà dans un autre level. Chez eux, y avait pas boucan. Tout était organisé, centralisé, et bien huilé. Un sultan, le célèbre Njoya, n’a pas attendu qu’on lui enseigne quoi que ce soit : il a inventé une écriture, le Shu Mom, pour que son peuple puisse écrire et transmettre son savoir. Aujourd’hui encore, quand tu passes à Foumban, le Musée des Rois Bamoun regorge de leurs trésors.

    Le Royaume BAMOUN au Cameroun : Palais des Rois Bamoun à Foumban

    Si tu montes vers l’Extrême-Nord, tu vas croiser les Sao, les ancêtres des Kotoko. Ces mbom-là, ce n’étaient pas des « petits » hein ! Ils ont laissé derrière eux des murs d’enceinte massifs, des statues en terre cuite et des objets en bronze. Ça veut dire quoi ? Que les gars maîtrisaient l’architecture, la guerre et l’artisanat. Ils ont tenu leur territoire pendant des siècles avant d’être absorbés par les Kotoko.

    De l’autre côté, dans les Grassfields, les chefferies bamiléké et tikar étaient aussi très bien organisées. Là-bas, le chef (le Fon) n’était pas un dictateur hein ! Il était entouré d’un conseil de notables et de sociétés secrètes, qui assuraient la justice et la gestion des terres. Chaque chefferie avait son palais royal, bien décoré, avec des sculptures et des symboles qui montraient la puissance de la dynastie.

    Enfin, dans l’Adamaoua, les Foulbés avaient déjà installé des émirats où l’Islam et le commerce transsaharien structuraient toute la vie économique et sociale. Ils étaient sous la direction de lamidos et d’émirs, et grâce aux caravanes, ils avaient accès à des produits qui venaient de très loin.

    Tous ces royaumes n’étaient pas des îlots isolés…

    Ils commerçaient, faisaient des alliances, entraient en guerre aussi parfois, selon les intérêts du moment. Le sel, l’or, les textiles et même les esclaves circulaient bien avant que les colons ne débarquent. Aujourd’hui encore, les traces de ces royaumes sont bien visibles, et notre histoire continue de vivre à travers eux.


    Les Premiers Blancs Sont Arrivés, et Tout a Commencé à Changer !

    Avant que les Européens ne commencent à pointer leurs nez ici, le Cameroun roulait bien comme on vient de le voir. Les royaumes fonctionnaient avec leurs chefs, leurs marchés et leurs traditions. Mais dès que les Portugais ont débarqué au XVe siècle, les choses ont commencé à sentir bizarre.

    Les gars sont arrivés avec leurs bateaux, ont vu qu’il y avait des richesses ici et ont commencé à faire du business avec les populations locales. DoualaBimbia et d’autres villes côtières sont vite devenues des points stratégiques pour la traite des esclaves. Les Européens échangeaient des babioles et des fusils contre des hommes et des femmes qu’ils envoyaient bosser comme des bêtes dans les plantations en Amérique mais aussi en Europe notamment en France où à Bordeaux, de nombreux esclaves noirs furent déportés. Cette histoire a tellement bousculé nos ancêtres que certaines communautés en ressentent encore les effets aujourd’hui. En tout cas ces traces ne sont pas présentes que dans notre histoire mais aussi là où nombreux d’entre nous ont émigré aujourd’hui.

    Mascaron au visage africain, place de la Bourse.

    Mais ce n’était que le début. À force de venir faire des affaires, les Européens ont fini par vouloir tout contrôler. En 1884, les Allemands, qui n’aimaient pas voir trop de monde tourner autour de leurs intérêts, ont mis en place un protectorat sur le Kamerun. En gros, ils ont dit : « Désormais, c’est nous les boss ici ».

    Sous leur règne, les routes, les chemins de fer et les plantations ont poussé comme des champignons, mais pas gratuitement hein ! C’était les Camerounais qui trimaient sous le travail forcé, pendant que les colons se remplissaient les poches oklm.

    Après la Première Guerre mondiale (1918), les Allemands ont perdu la partie, et là, les Français et les Anglais sont venus partager le gâteau. La France a pris 80 % du territoire, pendant que les Britanniques récupéraient 20 %. C’est comme ça que le Cameroun s’est retrouvé avec deux systèmes complètement différents.

    Vidéo : « La Route des Chefferies » revient sur l’esclavage au Cameroun

    Deux Colonisations, Deux Façons de Gérer le Pays

    Les Français, eux, n’étaient pas là pour jouer massa! Ils ont imposé leur modèle à la dure :

    • Tout devait être en français.
    • L’école, l’administration, même les chefs traditionnels devaient suivre leurs règles.
    • Ceux qui essayaient de faire bande à part se retrouvaient mis à l’écart.

    Du côté britannique, c’était plus détendu. Les chefs traditionnels avaient encore un peu de pouvoir, et tout était géré de manière plus indirecte. Mais au final, c’était toujours les blancs qui décidaient.

    Ce double héritage colonial a laissé des séquelles profondes : même après l’indépendance, le Cameroun francophone et anglophone ne voyaient pas les choses de la même manière.

    La Révolte Gronde, Mais la Répression Fait Mal

    Les années passent, et les Camerounais commencent à en avoir marre de subir. À partir de 1948, un mouvement se lève : l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Les gars réclament l’indépendance totale, pas un truc arrangé où la France continue de tirer les ficelles en coulisses.

    Mais la France, elle, n’était pas prête à lâcher l’affaire. En 1955, ils interdisent l’UPC et commencent à frapper fort :

    • Assassinats de leaders,
    • Déplacements de populations,
    • Zones de pacification où les militaires terrorisaient les villages.

    Un rapport publié en 2024 a révélé que la France menait en réalité une guerre secrète contre les indépendantistes, utilisant des techniques déjà testées en Algérie : torture, exécutions sommaires et massacres discrets.

    En 1958, Ruben Um Nyobé, le leader de l’UPC, est tué par les troupes coloniales. En 1960, c’est Félix-Roland Moumié qui est empoisonné par les services secrets français à Genève. Le message était clair : l’indépendance, ce n’est pas vous qui allez la négocier !

    Podcast : Monsieur X revient en détail sur ce qui demeure l’une des pages les plus noires de l’histoire coloniale de la France et de la Françafrique comme l’a prétendument baptisée lui-même le président ivoirien Houphouët-Boigny… Épisode 1 / Épisode 2

    1960 : L’Indépendance Mais Pas la Liberté Totale

    Finalement, en 1960, la France « donne » l’indépendance au Cameroun, mais avec des conditions. Ahmadou Ahidjo, choisi par Paris, devient le premier président du pays. Le gars installe un régime serré, histoire de garder les pro-UPC sous contrôle.

    De l’autre côté, en 1961, le Cameroun anglophone doit choisir entre rester avec le Nigeria ou rejoindre le Cameroun francophone. Résultat : le pays est réuni, mais pas forcément en bonne entente. Au début, il y avait un système fédéral, mais dès les années 1970, Ahidjo centralise tout.

    Et devine quoi ? Les méthodes coloniales continuent : les camps de regroupement restent en place, les opposants sont traqués, la répression ne s’arrête pas.

    Aujourd’hui : Un Héritage Colonial Toujours Visible

    Plus de 60 ans après l’indépendance, le Cameroun est encore marqué par son passé colonial. Peu importe le sujet, nous portons et voyons encore aujourd’hui ces redoutables effets :

    🔹 Un pays, deux systèmes :

    Les francophones et les anglophones ne vivent pas de la même façon. Les tensions dans les régions anglophones viennent en grande partie de cette réunification mal gérée.

    🔹 Une mémoire incomplète et falsifiée :

    Pendant des décennies, la France a caché son rôle dans la répression des indépendantistes. Ce n’est que récemment qu’un rapport officiel a commencé à lever le voile sur ces crimes.

    🔹 Des inégalités régionales :

    Certaines zones, notamment celles qui ont le plus souffert de la colonisation, sont toujours marginalisées.

    🔹 Une économie sous influence étrangère :

    Malgré l’indépendance, la France et d’autres pays restent très impliqués dans l’économie camerounaise, avec des contrats et des accords qui ne profitent pas toujours aux populations locales.


    Cameroun : Chaque Pierre, Chaque Rythme, Chaque Parole Garde Notre Histoire

    Ici, l’héritage se vit et se transmet, dans la terre rouge des villages, sous les toits sculptés des chefferies, dans les voix des anciens qui partagent les légendes. Notre patrimoine, c’est deux grands piliers qui se tiennent côte à côte :

    🛕 Les Monuments, Sites et Artéfacts : Des palais majestueux aux cases traditionnelles, des objets royaux conservés dans les musées aux symboles gravés dans le bois et la pierre, où chaque élément raconte l’histoire de nos royaumes, de nos luttes et de nos traditions.

    🎶 Les Expressions Culturelles et la Transmission Orale : Nos langues, nos danses, nos légendes, nos rythmes sont l’âme vivante du pays. De la parole d’un griot au battement du bikutsi, chaque expression tisse un lien entre ceux qui sont partis et ceux qui arrivent.


    Toi même tu vois non? Le Came & Run de base, c’est une terre avec une histoire. Seulement, le problème c’est qu’on ne nous le répète pas assez. Tu connais combien de jeunes qui passent devant un vieux bâtiment et pensent juste que c’est “une vieille maison” sans savoir que c’est un bout de leur propre histoire ?

    Cameroun, carte allemande 1888.

    Nos villes sont pleines de monuments, nos villages cachent des sites qui ont vu des batailles, des rituels, des décisions politiques majeures. Et pourtant, beaucoup ne réalisent même pas la valeur de ce qui est sous leurs yeux, ils ne savent pas et on ne veut pas leur en parler non plus.

    Ça me fait penser à cette punchline de Youssoupha : « Si tu veux cacher un truc à un noir, mets le dans un livre ». C’est triste à dire mais moi même j’ai pu le constater en arrivant en France étant enfant, que je manquais de culture car on ne m’avait appris qu’à retenir par coeur sans me questionner…

    Il est temps de regarder ces traces laissées par ceux qui étaient là avant nous, ceux qui ont construit, protégé et organisé un pays avant même qu’on ne lui donne un nom sur une carte.

    Les Musées : Là où notre mémoire refuse de disparaître

    Tu veux voir à quoi ressemblait le Cameroun avant que tout ne change ? Passe par un musée ! Mais pas pour faire semblant hein, regarde bien les objets, lis les histoires, comprends comment nos ancêtres vivaient. Parce que ce qui est exposé là, c’est ce qu’on a réussi à garder malgré les pillages et les vols.

    Dschang : Quand on te montre le Cameroun entier dans une seule pièce

    Si tu mets pied au Musée des Civilisations de Dschang, tu vas comprendre que le Cameroun n’est pas un bloc uniforme. Chaque région a son histoire, chaque peuple a son style, chaque sculpture a sa signification. Ce musée te fait voyager à travers les quatre grandes aires culturelles du pays :

    • Le Grand Nord et ses lamidats, où la puissance des chefs se mesurait à la taille de leurs palais et au nombre de cavaliers prêts à défendre leurs terres.
    • Les Grassfields et leurs chefferies organisées, où chaque fon régnait avec une autorité transmise de génération en génération.
    • Le Centre et le Sud avec leurs croyances et leurs symboles sacrés, qui dictaient la vie quotidienne.
    • Les peuples Sawa, maîtres des eaux, qui ont résisté à la domination étrangère en gardant leurs rites intacts.

    Ce musée c’est pas juste des objets posés là pour faire joli, c’est une reconstitution de notre propre ADN culturel.

    Nkolandom : Quand l’Afrique parle et qu’on l’écoute

    À Nkolandom, au lieu de te montrer l’Afrique comme on nous l’a racontée dans les manuels, on te la donne brute, vraie, puissante. Ce musée rend hommage aux cultures noires, pas seulement camerounaises, mais africaines en général. Tu vas y voir des objets qui datent d’avant la colonisation, des instruments, des masques, des statuettes qui n’étaient pas juste des décorations mais des symboles de pouvoir et de spiritualité.

    Ici, on te rappelle que notre culture n’est pas figée, elle évolue, elle s’adapte. Ce que nos ancêtres faisaient avec du bois et des pierres, les artistes d’aujourd’hui le reprennent avec de nouveaux matériaux, mais le message reste le même : nous sommes là, nous avons toujours été là.

    Yaoundé : L’Histoire posée au cœur du pouvoir

    Le Musée National du Cameroun, en plein centre de Yaoundé, est une vraie mine d’or historique. Installé dans l’ancien palais présidentiel, il est le miroir de notre passé et de nos mutations. Ici, tu peux voir les trônes sculptés des rois d’autrefois, les objets de la vie quotidienne avant la colonisation, les œuvres d’art qui racontent nos mythes et nos batailles.

    Cameroun: le musée national revit après une importante rénovation

    Si tu veux comprendre comment ce pays s’est construit, c’est ici qu’il faut passer. Mais il ne suffit pas juste d’entrer et de regarder. Il faut poser des questions l’ami(e), faire des recherches, et surtout, partager ces histoires avec ceux qui ne savent pas encore. À trois personnes de ton entourage, qui l’enverront à trois personnes de leur entourage et ainsi de suite, tu captes?

    Nos Ancêtres n’avaient pas YouTube, mais ils savaient graver leur Histoire !

    Tu crois que l’architecture c’est juste l’affaire des autres ? Viens voir les chefferies, les palais, les forteresses, les cases traditionnelles et les monuments qui parsèment ce pays. Nos anciens n’avaient pas besoin de béton armé pour construire des merveilles qui ont traversé les âges.

    Passe à Douala, devant le Palais des Rois Bell, et essaye de ne pas sentir la puissance de l’héritage Sawa. Ces gens ont résisté aux colons, ont négocié avec eux, et ont su préserver une partie de leur autorité malgré l’arrivée des étrangers.

    Palais des Rois Bell

    À Foumban, le Sultanat Bamoun se dresse encore comme un témoignage de la grandeur d’un peuple qui ne faisait pas les choses à moitié. Ici, l’architecture parle autant que l’Histoire.

    À Yaoundé, le Monument de la Réunification rappelle que ce pays a été divisé mais s’est battu pour ne pas rester éparpillé.

    Et que dire de Ngog Lituba, cette grotte sacrée où l’histoire et le mystique se croisent, un lieu que beaucoup considèrent encore comme un point central de leur spiritualité signifie étymologiquement « rocher percé ». Ngog Lituba est un monticule rocheux situé au pays Bassa et Bati, dans le district de Nyanon, au nord du département de la Sanaga Maritime.

    Nos Rois ne Jouaient Pas avec l’Autorité : Les Objets de Pouvoir

    Les trônes des rois camerounais étaient des symboles, des outils d’autorité, des objets de pouvoir. Comme la couronne, la main de justice, l’épée, le sceptre, le manteau, les gants, le trône ont pu l’être pour les rois occidentaux. Sans ça, leurs rôles de souverains et leurs fonctions politiques, militaires et religieuses c’était dead pour eux, mais quand c’est nous, on prend sans respect, bref…

    Cadres de portes en bois ornées de motifs narratifs du palais royal de Baham — le ’bom dye’ (à gauche) et le trône du roi (à droite) Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne). Mise-en-scène graphique : Dorothée Billard et Mirjam Kroker. pp. 488 et 456.

    Les guerriers n’étaient pas juste là avec des lances et des épées pour se défendre. Chaque arme avait une signification, une origine, une histoire.

    Le trône du roi des Bamoums (à gauche) et le tangué des Dualas (à droite) Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne). Mise en scène graphique : Dorothée Billard et Mirjam Kroker. pp. 491 et 497.

    Et pourtant, beaucoup de ces objets se trouvent aujourd’hui dans des musées en Europe. Des sceptres, des tambours parlants, des masques royaux, autant d’éléments qui faisaient partie du système politique et social de nos ancêtres, mais qui ont été arrachés et exposés ailleurs comme de simples “artefacts”.

    Le patrimoine camerounais dans les musées et les collections publiques. Carte : Philippe Rekacewicz

    Nos rois et chefs traditionnels d’aujourd’hui réclament le retour de ces trésors, et il est temps qu’on se joigne à leur combat.


    Notre héritage, notre patrimoine-là, c’est ce qui fait que même si un Camerounais part loin, il ne quitte jamais vraiment sa terre. Tu peux être à Paris, à Dubaï ou à Yaoundé, mais dès que tu entends un bon bikutsi ou une histoire racontée dans ta langue maternelle, ton sang chauffe, tu ressens les vibes des ancêtres juuuusqu’à toi même tu sens qu’ils sont à côté.

    Vidéo : Avec le bikutsi, les Camerounaises mènent la danse


    Quand une fête traditionnelle fait vibrer tout un peuple

    Si tu n’as jamais assisté au Ngouon chez les Bamoun, mon frère, tu as raté un chapitre de l’histoire du Cameroun, c’est une institution ! Depuis 1394, cette cérémonie rassemble tout un peuple, autour de danses, de rituels, de masques et surtout du sultan, qui descend écouter son peuple, en mode “parole de vérité”. C’est là qu’on lui pose les vraies questions, on lui dit les vraies choses, sans filtre. Imagine seulement un président qui se prête à ce genre d’exercice chaque année ? On peut toujours rêver man…

    Chez les Sawa, le Ngondo a ce même esprit de tradition qui refuse de se laisser étouffer. Les ancêtres des eaux sont appelés, les pirogues courent sur le fleuve, les rites s’enchaînent sous le regard du peuple. C’est mystique, c’est spirituel, mais surtout, c’est un rappel que ces terres ont une mémoire et que les esprits de nos ancêtres sont toujours là, même si beaucoup veulent les oublier.

    Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, mais quand ces fêtes-là arrivent, les villes s’arrêtent, les routes se remplissent, tout le monde veut être là. Parce qu’une fois de plus, c’est pas juste un spectacle, c’est une connexion directe avec ceux qui nous ont précédés.


    La danse : Quand le corps raconte ce que la bouche ne peut pas dire

    Au Cameroun, la danse n’a jamais été une simple distraction. On danse pour parler, on danse pour crier, on danse pour dire aux esprits qu’on est là.

    Tu veux voir du courage et de la force ? Regarde les danses guerrières bamiléké, là où chaque mouvement est un coup porté à l’ennemi invisible. Avant, les guerriers s’entraînaient avec ces pas, et même aujourd’hui, quand tu vois ces hommes sauter en l’air comme s’ils défiaient la gravité, tu sens que les batailles passées devaient être quelque chose d’impressionnant.

    Va chez les Baka ensuite, après une bonne chasse, quand ils dansent le Luma, c’est pour remercier la forêt, pour honorer l’esprit des animaux qu’ils ont chassés. Non les gars ont inspiré les Mbom qui ont fait Avatar… 😭. Chaque pas, chaque battement de tambour, c’est une prière déguisée en mouvement.

    Même dans les églises, la danse a trouvé sa place ! Ce que les colons ont voulu interdire sous prétexte que c’était “païen”, on l’a réinventé, on l’a adapté. Aujourd’hui, tu vas dans n’importe quelle église évangélique du pays, tu verras que même dans le culte, le rythme fait partie de la foi.

    Et les jeunes ne sont pas en reste. Le bikutsi est devenu un mode de revendication, le bend skin a pris les rues et les carrefours. On danse pour exister, pour marquer son territoire, pour dire au monde qu’on est là et qu’on n’a pas fini de bouger.

    Vidéo : Le LAA’LI, danse traditionnelle Bamiléké – Ouest


    La musique : Notre meilleure exportation, même si on ne le reconnaît pas toujours

    On peut parler de pétrole, de cacao, de football… mais si le Cameroun a un produit d’exportation inimitable, c’est bien sa musique. On l’a dans le sang, on l’a dans les jambes, on l’a dans la voix.

    Avant que la télé ne vienne imposer des sons de l’extérieur, chaque région avait son propre rythme. L’Assiko des Bassa, le Bikutsi des Beti, le Makossa des Douala, le Mangambeu des Bamilékés… Chaque coin du pays a son ambiance, ses tambours, ses cordes, et les pas de danse qui vont avec.

    Quand Manu Dibango, le Papa Groove, a fait résonner le Makossa jusqu’aux États-Unis, ce n’était pas juste pour danser, c’était une signature camerounaise sur la carte mondiale de la musique. Repose en paix le père…

    Quand Les Têtes Brûlées ont ramené le bikutsi dans un mode électrifié, c’était pour dire « on a compris votre modernité, mais vous allez comprendre notre héritage aussi ».

    Et aujourd’hui, les jeunes continuent la tradition. Le Mbolé secoue les quartiers, le Bend Skin fait danser les mototaxis, le mix Afrobeat et Camer donne des artistes qui envoient fort à l’international.


    Les contes et légendes : Quand la parole était notre meilleure bibliothèque

    Les contes et légendes camerounaises, c’est pas juste pour endormir les enfants avec des histoires de tortues rusées et de génies capricieux. C’était et c’est toujours une école, une manière d’enseigner la vie, de transmettre la sagesse sans taper sur la table.

    Quand un enfant faisait trop le malin, on ne lui disait pas simplement « Arrête ça ou tu vas être puni… » Non, on lui servait une histoire bien ficelée, avec des personnages qui ont appris à leurs dépens. Et quand un adulte était sur le point de faire une erreur, un conte bien placé pouvait le ramener à la raison, sans passer par des disputes inutiles. Combien de fois mon grand cousin attendait qu’on coupe la lumière pour nous réunir devant une bougie et nous raconter des histoires qui nous faisait peur? Massah quelle souffrance quand t’es petit… Mais après l’histoire reste dans ta tête et tu es averti(e).


    Les contes animaliers : Une leçon cachée sous chaque carapace

    Les animaux ont toujours eu une grande place dans les récits camerounais. Pourquoi ? Parce que chaque animal symbolise un trait humain, et ça permettait aux conteurs d’expliquer la nature des hommes sans pointer du doigt.

    🐢 Khul la Tortue, par exemple, elle revient souvent dans les récits. Toujours en train de ruser, de calculer, de chercher à gagner sans trop se fatiguer. Mais à force de trop vouloir ruser, elle finit souvent dans les problèmes. Un jour, elle a voulu duper l’aigle en lui promettant un secret s’il l’aidait à voler. Une fois en l’air, elle s’est moquée de lui et a refusé de donner son secret. L’aigle, vexé, l’a laissée tomber. Résultat ? C’est à cause de cette chute que la tortue a aujourd’hui une carapace fissurée.

    💡 Moralité : Trop vouloir jouer avec l’intelligence des autres peut te faire tomber plus bas que prévu.

    Il y a aussi les contes du lièvre et de l’éléphant, de la hyène trop gourmande, du caméléon qui voulait toujours copier les autres et a fini perdu. Chaque bête avait une histoire qui te faisait réfléchir sans que le conteur ne lève la voix.


    Les récits initiatiques : Grandir, ce n’est pas juste une question d’âge

    Les histoires ne parlaient pas seulement des autres, elles servaient aussi à préparer les jeunes à la vraie vie.

    Un jeune garçon voulait défier les traditions de son village. Les anciens lui ont dit : « Ne fais pas ça, il y a des choses qu’on ne défie pas. » Mais il voulait prouver qu’il était plus fort que les ancêtres. Alors il est allé ouvrir un lieu interdit, parler d’un secret qu’on ne devait pas révéler, ou toucher à un objet sacré. Que s’est-il passé ensuite ? Catastrophe. Il s’est perdu dans la forêt, un esprit est venu le hanter, il a vu sa chance tourner jusqu’à ce qu’il comprenne et demande pardon.

    💡 Moralité : L’orgueil et l’impatience peuvent te fermer des portes que la sagesse aurait ouvertes sans effort.

    Chez les Bamiléké, chez les Bamoun, chez les Peuls, chaque peuple avait ses propres variantes de cette histoire. Mais le message était universel : il y a un temps pour apprendre et un temps pour agir. Si tu veux brûler les étapes, la vie elle-même va te corriger.


    Les mythes fondateurs : D’où venons-nous ? Pourquoi le monde est comme ça ?

    Pourquoi la rivière ne coule pas à l’envers ? Pourquoi les grenouilles chantent après la pluie ? Pourquoi la montagne sacrée ne doit pas être escaladée ? Nos ancêtres ne se contentaient pas d’expliquer le monde avec des chiffres et des mesures, ils avaient des histoires qui donnaient du sens aux choses.

    • Chez les Douala, on racontait que le fleuve Wouri était en réalité un chemin tracé par un grand serpent d’eau qui s’est fâché et a décidé de ne plus bouger.
    • Chez les Beti, on disait que les esprits des ancêtres habitaient les grands arbres, c’est pour ça qu’on ne coupait jamais un arbre sacré sans permission.
    • Chez les Baka, la forêt elle-même est un être vivant, c’est pour ça que les chasseurs doivent lui parler avant de tuer un animal.

    Ces contes ne servaient pas seulement à faire joli, ils formaient un code de conduite, un respect du monde et des forces invisibles.


    Proverbes et devinettes : La sagesse en quelques mots

    Les contes, c’était parfois long. Mais les anciens avaient aussi des techniques plus rapides pour transmettre une leçon. Tu faisais une bêtise, on ne te grondait pas forcément. On te lançait juste un proverbe bien placé, et si tu avais un peu de cervelle, tu comprenais direct.

    • « Quand tu vois le singe en train de crier, regarde bien qui tient sa queue. » 👉 (Avant de trop parler, vérifie d’abord qui est derrière ton problème.)
    • « Le couteau qui coupe la main ne sait pas qu’il n’aura plus de manche demain. » 👉 (Trahir les tiens aujourd’hui peut te coûter cher demain.)
    • « Un enfant qui refuse d’écouter va sentir la brûlure du feu avant d’apprendre qu’il chauffe. » 👉 (Certains apprennent avec les oreilles, d’autres avec les erreurs.)

    Et puis, il y avait les devinettes, ces petites phrases pleines de malice que les enfants devaient résoudre pour apprendre à penser vite et voir au-delà des apparences.

    • « J’ai des jambes, mais je ne marche pas. » (Le fauteuil !)
    • « Plus tu me prends, plus je grandis. » (La dette !)
    • « Mon ventre est plein, mais je reste léger. » (Le ballon !)

    Tu vois un peu non ? Les contes camerounais ça ne blaguait pas. Ils formaient, ils éduquaient, ils protégeaient. Mais aujourd’hui, on les raconte de moins en moins. Les enfants connaissent plus les dessins animés étrangers en 3D que les grands classiques qu’on a connus à notre époque donc imaginez les récits de leur propre culture qui datent d’encore avant? Nous même on ne les connait pas alors qu’ils devraient se transmettre autant que nos chants et pas de danse.

    Contes et légendes du Cameroun

    Nos langues : Ce qui nous lie, mais qu’on laisse disparaître

    Le Cameroun, c’est un véritable carrefour linguistique, ça on le sait bien maintenant. Un pays où chaque colline, chaque village a sa propre manière de nommer le monde. Avec près de 300 langues parlées, on pourrait croire que notre diversité linguistique est une force indestructible. Mais la réalité est toute autre : nos langues locales reculent, et beaucoup disparaissent sans qu’on s’en rende compte. De toute façon tout finit par disparaitre non? Mouf, réveillez vous c’est pas trop tard!

    On parle encore, mais on parle moins

    Si tu fais un tour dans un village, tu entendras encore les anciens et quelques jeunes parler dans leur langue maternelle avec une fluidité naturelle. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde, en particulier une grande partie de la jeunesse. Ils parlent plus en français, en anglais, en pidgin, parfois même en camfranglais. Ils comprennent peut-être encore, mais les mots sortent difficilement, les phrases sont hésitantes.

    Pourquoi ? Parce que la transmission a ralenti. Parce que les parents, en voulant bien faire, en pensant que “parler français ou anglais, voire allemand pour certains parents extrémistes – c’est une blague hein! » était mieux pour l’avenir. Ils ont mis de côté les langues de leurs ancêtres pour rentrer dans le système. Parce que l’école enseigne que le français et l’anglais sont les langues “officielles” et qu’il n’y a pas d’espace pour les autres. C’est assez contradictoire puisque petit, fin des années 90, mes enseignants parlaient leur patois, mes parents et tous les adultes de ma famille aussi. Pourtant nous, mes soeurs et moi n’avons jamais reçu d’enseignement poussé, et quand je dis enseignement je veux dire apprendre à parler bien sûr.

    Nos langues ont du poids, mais elles ne sont pas valorisées

    Dans certains pays, parler plusieurs langues est vu comme un avantage, une richesse culturelle. Au Cameroun, on est naturellement multilingue, mais on n’en fait pas une force.

    Un enfant qui parle trois langues locales et du pidgin, mais qui a du mal en français à l’école, on va dire “il est en retard”. Mais un autre qui ne sait dire que “bonjour” et “ça va” dans la langue de ses parents, mais qui parle bien français, on va l’applaudir.

    Et pourtant, nos langues portent notre identité, nos histoires, nos manières de voir la vie. Il y a des mots et des expressions dans nos langues qu’aucune traduction ne peut vraiment transmettre.

    • Le “wè” des Bassa, qui peut vouloir dire “courage”, “patience”, “ça va aller”, tout dépend du ton et du contexte.
    • Le “mba” des Beti, qui peut exprimer la résignation, le respect, ou même une forme de moquerie polie.
    • Le “ndolè”, qui n’est pas juste un plat, mais un symbole de partage, de patience (parce que la cuisson prend du temps) et d’identité.

    Le pidgin et le camfranglais : évolution ou remplacement ?

    En ville, surtout dans les zones anglophones, le pidgin s’est imposé comme une langue véhiculaire, celle qui permet à tout le monde de se comprendre, peu importe l’ethnie. En zone francophone, le camfranglais a pris la même place, mélangeant français, anglais et langues locales pour créer une langue vivante, dynamique, mais aussi fragile.

    Le problème ? Ces langues-là évoluent vite, mais elles ne remplacent pas vraiment nos langues traditionnelles. Elles servent à communiquer, mais elles ne transmettent pas les mythes, les proverbes, les codes de respect qui existaient dans les langues d’origine.


    Tu as vu un peu, non ? Le Cameroun, ce n’est pas une histoire qu’on écrit à moitié. Le pays-ci là comme on dit chez nous a été pensé, organisé, façonné par des mains et des têtes qui savaient exactement ce qu’elles faisaient. On n’a pas attendu qu’on vienne nous dire comment bâtir un royaume, comment transmettre la mémoire, comment créer du rythme.

    Nos ancêtres ont laissé des traces partout. Dans la pierre des monuments, dans les notes des musiques qui traversent les générations, dans la danse des guerriers et des prêtresses, dans les légendes qui nous rappellent où est notre place. Le Cameroun parle, danse et chante depuis des siècles. La question, c’est : est-ce qu’on l’écoute encore ?

    Aujourd’hui, on vit dans un monde où les gratte-ciels remplacent les chefferies, où les écrans captent plus notre attention que les voix des griots, où les jeunes connaissent plus les hits américains que les rythmes qui ont bercé leurs ancêtres. Est-ce qu’on va juste regarder tout ça disparaître ?

    Chefferie de Bafut, un label pour le tourisme camerounais

    Si nos grands-parents ont sculpté des trônes, ce n’était pas pour qu’on les laisse pourrir dans des musées étrangers.

    Si nos ancêtres ont inventé des danses pour parler aux esprits, ce n’était pas pour qu’on les réduise à du folklore pour touristes.
    Si les conteurs ont répété inlassablement les mêmes histoires, ce n’était pas pour que nos enfants les remplacent par des films mal doublés.

    Alors quoi ? On fait quoi avec cet héritage ? On laisse la poussière le recouvrir ou on le porte avec fierté ?

    On ne va pas se mentir, il y a du boulot. Restaurer nos sites, récupérer nos artefacts, valoriser nos langues, transmettre nos danses et nos musiques, raconter nos propres histoires. C’est pas juste une affaire de chercheurs et d’historiens, c’est un job pour chaque Camerounais et Camerounaise qui refuse de voir son identité se dissoudre.

    Do you understand? Alors la balle est dans ton camp! Ce que tu fais avec cette mémoire, c’est ton choix hein. Mais une chose est sûre : tant qu’un Camerounais se souviendra, l’histoire ne mourra pas.

    Merci d’avoir pris le temps de marcher sur les traces des pionniers du Continent.

    Garde cette mémoire vivante, parce qu’un peuple sans mémoire, c’est un peuple sans avenir.

    Tu as pris le temps de plonger dans notre propre histoire, alors on veut aussi t’écouter ! Ton avis compte sur ce 👉🏾 formulaire, tes questions sont les bienvenues, tes réponses aussi. Et si tu as des choses à ajouter, on est là pour échanger.

  • Gastronomie et Alimentaire au Cameroun

    Gastronomie et Alimentaire au Cameroun

    Goûtez le Cameroun : Là où la Bouffe Raconte l’Histoire. Si le Cameroun est souvent appelé l’Afrique en miniature, c’est pas pour rien ! Niveau djaffe, on a un mélange explosif qui fait danser les papilles. Avec plus de 250 ethnies, chaque coin du pays a son chantier culinaire bien garni. Ici, chaque plat est un héritage, une tradition qui traverse les générations, et une fierté qu’on exhibe sans vergogne. Chez nous, manger, ce n’est pas juste calmer la faim, c’est un moment sacré, un rituel social.

    Que ce soit un eru fumant accompagné de water fufu, un bon ndolé avec du miondo, ou même une simple assiette de puff-puff et haricot, chaque bouchée a une histoire. Dans les circuits et les chantiers, on refait le monde autour d’un poisson braisé bien assaisonné, pendant que le parfum du soya grille doucement sur le feu.

    La cuisine camerounaise, c’est plus qu’un ensemble de recettes. C’est un mode de vie, une affaire de partage, un patrimoine qu’on respecte. Tu goûtes, tu voyages ! Les épices, la cuisson au feu de bois, les plats mijotés des heures durant… Tout ça fait partie d’un héritage que les parents transmettent aux pikin, histoire qu’on n’oublie jamais d’où on vient.

    Des marchés animés de Douala aux plats revisités par la diaspora, la cuisine camerounaise ne cesse de grandir, de s’adapter, mais sans jamais dire mouff ses racines. Ici, quand on mange, c’est un vrai ndem ! Les papilles sont en fête, et le cœur aussi. Alors, prêt à plonger dans ce voyage culinaire made in 237 ?

    1. Héritage et Diversité – Quand le Cameroun SE MET À TABLE
      1. Quand le Kmer Fait Voyager les papilles
        1. Les migrations et le grand brassage des saveurs
        2. Climat et saveurs : Chaque coin du pays a son propre goût
        3. Les peuples et leurs assiettes : Qui mange quoi ?
      2. Quand le Cameroun Sert Ses Plats Signature
        1. Les plats emblématiques qui font le show
        2. Les aliments et ingrédients qui ne trompent pas
    2. Transmission, Modernité et Diaspora – Quand le Ndjaffe Traverse les Frontières
      1. Comment la Tchop Passe de Génération en Génération
        1. Les familles, premières écoles de cuisine
        2. Le repas, un moment sacré
        3. Les marchés, le cœur du ndjaffe
        4. Comment on garde nos traditions vivantes ?
        5. Quand la modernité change la manière de manger
        6. L’agriculture et les marchés, toujours en première ligne
      2. Quand la Bouffe Camerounaise S’adapte et Voyage
        1. La cuisine camerounaise face aux grandes villes et aux influences d’ailleurs
        2. Comment la diaspora fait bouger la cuisine camerounaise à l’étranger
        3. Les chefs camerounais qui mettent la sauce à l’international
          1. Nathalie Brigaud Ngoum : La go qui fait briller la cuisine camerounaise
          2. Émile Engoulou Engoulou : L’homme qui met le Cameroun sur canapé
          3. Christian Abégan : L’homme qui veut “gastronomiser” l’Afrique
          4. Alexandre Bella Ola : L’homme qui fait briller la cuisine africaine à Paris
        4. Les restos camerounais qui font sensation dans les grandes capitales
      3. Le Cameroun Dans l’Assiette, Un Goût Qui Reste Jusqu’ààààà

    Héritage et Diversité – Quand le Cameroun SE MET À TABLE

    Ici, chaque peuple a mis son piment dans la sauce, créant une gastronomie qui mélange traditions ancestrales et influences venues d’ailleurs. Depuis le temps des colons jusqu’aux brassages entre peuples, la cuisine camerounaise s’est enrichie, attrapant des techniques ici et des ingrédients là-bas, pour accoucher d’un véritable patrimoine culinaire qui ne finit jamais de surprendre.

    Avec un pays aussi varié que l’assortiment de condiments dans un bon mbongo ou un nkui, chaque coin a sa touche, son style, sa manière de bien traiter le ventre. Au bord de l’eau, le ndolé règne en maître, accompagné de son fidèle miondo, du bobolo, du manioc ou du plantain bien mûr. Dans l’Ouest, le koki fait le show, enveloppé dans ses feuilles de bananier et dégusté avec du macabo ou de l’igname bien tendre. Au Nord, le mil et le foufou assurent le carburant, avec des sauces relevées qui réveillent même un dormeur. Et quand on traverse les grandes forêts, les épices entrent dans la danse, donnant aux plats un goût qu’on ne trouve ni au marché ni en boîte de conserve.

    Cette partie, c’est le voyage au cœur du ndjaffe camerounais. Comment nos ancêtres ont fait mijoter ce savoir-faire ? Comment chaque région a trouvé sa sauce ? On va décortiquer tout ça, des ingrédients aux méthodes de cuisson, sans oublier les secrets que les mamans ne donnent jamais gratuitement. Allons seulement, le ventre est prêt !


    Les migrations et le grand brassage des saveurs

    Le Cameroun, c’est comme une grande marmite où chacun a mis son épice. Depuis toujours, les gens bougent, se déplacent, s’installent, et à chaque fois, ils viennent avec leurs recettes, leurs épices et leur manière de cuire le poisson ou de piler le taro. Les Bamiléké et les Béti, en descendant sur Yaoundé ou Douala, n’ont pas laissé leur cuisine au village. Au contraire, ils ont mélangé tout ça avec ce qu’ils ont trouvé sur place. Résultat ? Un mix de saveurs, un mariage de techniques où le plantain peut accompagner un plat qu’on mangeait avant uniquement avec du tubercule.

    Mais ce n’est pas seulement les Camerounais qui ont changé le ndjaffe, hein ! Les routes commerciales ont aussi fait leur part. Avant, le manioc et le maïs, on ne connaissait même pas ça ici. Mais avec le temps, c’est devenu des aliments de tous les jours. Maintenant, tu peux pas parler de bouffe camerounaise sans mentionner le miondo ou le couscous de maïs. Même le piment qui fait transpirer les gens au chantier, c’est venu d’ailleurs. Mais comme on aime trop ça, on a pris ça, on a adapté, et puis maintenant, c’est camerounais de A à Z !

    1ère édition du Festival international du manioc à Douala

    Climat et saveurs : Chaque coin du pays a son propre goût

    Le Cameroun, c’est le buffet à volonté de l’Afrique. Selon où tu es, la graille change, les ingrédients changent, et même la manière de préparer change.

    Dans le Grand Nord, là-bas, l’eau ne coule pas comme au robinet, donc on ne fait pas n’importe quoi avec la bouffe. Le mil et le sorgho, c’est la base, parce que ça pousse sans trop d’eau. Pour conserver la nourriture, on sèche, on grille, on met bien les épices pour que ça tienne longtemps.

    À l’Ouest, la terre est fertile, ça veut dire que les tubercules ne manquent pas. Taro, igname, patate douce, tout ça, c’est le carburant des gars d’ici. La fermentation et la cuisson vapeur, c’est leur affaire, pour garder les saveurs intactes et éviter le gaspillage.

    Au Sud, là où la forêt est épaisse, c’est l’abondance ! Manioc, banane plantain, gibier, poissons d’eau douce… Ici, on fait mijoter, on étouffe, on emballe dans des feuilles, et les plats prennent un goût qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Le n’domba, c’est le boss, poisson ou viande enveloppé dans des feuilles de bananier, avec des épices qui réveillent les papilles.

    Chaque zone a son style, sa signature, sa touche perso. Si tu goûtes un plat sans voir d’où il vient, normalement tu peux deviner la région juste avec le goût !

    Quand un produit alimentaire patrimonialisé arrive en ville. L’exemple de champignons de l’Ouest

    Les peuples et leurs assiettes : Qui mange quoi ?

    Si tu veux savoir qui est qui, regarde juste ce qu’il met dans son assiette.

    Les gars du Littoral, eux, c’est les boss du poisson et des fruits de mer. Ils ont ça en abondance, donc ils savent comment bien le gérer. Ndolé aux crevettes, poissons braisés bien pimentés, miondo à gogo, c’est leur zone, et personne ne fait ça mieux qu’eux.

    Dans la forêt, on se nourrit de ce que la nature donne. Ici, la chasse et la cueillette sont encore bien ancrées. Gibier, champignons, légumes-feuilles, on transforme tout ça en plats bien consistants. Le koki par exemple, massa, haricots mixés avec de l’huile de palme et cuits dans des feuilles. Ça glisse tout seul dans le ventre…

    En haut, chez les Bamiléké et les Bamoun, l’affaire, c’est les tubercules et les feuilles bien pilées. Njapche, taro sauce jaune, couscous de maïs, chaque repas c’est un festival de textures et de goûts, et les sauces sont riches et bien montées hein, des magiciens.

    Ce mélange de saveurs prouve que même si on est un seul pays, chaque coin a son identité culinaire bien marquée. Mais à la fin, tout le monde finit toujours par partager un bon plat autour d’une table, et c’est ça le plus important.

    Au final ? Chaque grain de sel dans nos marmites raconte une histoire, chaque cuillère rappelle un village, un marché, un souvenir. On a pris le meilleur de partout et on en a fait une cuisine qui nous ressemble, qui nous unit et qui fait que, où que tu sois, un bon plat camerounais te ramène toujours à la maison, chez ton voisin, des amis ou un évènement !


    Les plats emblématiques qui font le show

    Au Cameroun, chaque coin du pays a sa sauce, son style, son code, et quand il s’agit de bien remplir le ventre, on ne joue pas avec la qualité. Certains plats ont dépassé les frontières des villages pour devenir de vraies références nationales. Parlons de quelques-uns de ces plats mythiques :

    Ndolé : Si on devait élire un plat national, ce serait lui, sans discussion ! Feuilles amères, pâte d’arachide, épices bien dosées, et une garniture qui peut varier entre poisson séché, viande ou crevettes bien juteuses. On l’envoie avec du miondo, du plantain frit ou bouilli, et quand c’est bien fait, le silence s’installe à table, tu entends seulement les bouches qui mâchent…

    Eru : Si tu passes au Sud-Ouest et que tu ne goûtes pas l’eru, c’est que tu as raté ton voyage. Ce plat, c’est une fusion de feuilles d’okok et de waterleaf, bien mijotées avec des écrevisses, poisson fumé et peau de bœuf. C’est gras, c’est savoureux, et ça accompagne parfaitement le water fufu. Les Bakweri et les Bayangi savent pourquoi.

    Eru avec son fufu

    Koki : Voilà un classique qui fait toujours plaisir. Haricots blancs écrasés, huile de palme rouge, enveloppés dans des feuilles de bananier et cuits à la vapeur. Le résultat ? Un gâteau jaune fondant, qui se déguste avec du macabo, du plantain ou même du bâton de manioc. Chaque bouchée, c’est un bout de tradition qu’on avale.

    Le koki : Ce plat a voyagé d’une communauté à une autre, prenant racine un peu partout. D’abord chez les Mbo, il s’est retrouvé chez les Bazou, les Bafang, et même dans le Sud-Ouest. C’est la preuve qu’au Cameroun, on sait partager le bon goût.

    Mbongo Tchobi : Les Bassa n’ont pas le temps, ils ont créé une sauce qui impose le respect. La sauce ébène, comme certains l’appellent, tire sa couleur du mbongo, une épice qui donne un goût unique. Avec du poisson ou de la viande, bien mariné et mijoté, ça envoie direct au septième ciel mama! À manger avec du riz, du manioc ou du foutou, au choix.

    Mbongo’o tchobi : On raconte que c’est une femme Bassa qui a inventé cette sauce pour empêcher son mari d’aller voir ailleurs. Une fois qu’il a goûté, impossible de manger chez une autre femme. Et depuis, le mbongo tchobi est devenu un symbole de fidélité.

    Les aliments et ingrédients qui ne trompent pas

    Ici, on ne joue pas avec le goût. Quand une sauce est bien montée, on sait que les ingrédients ont été choisis avec soin.

    Miondo : On ne peut pas parler de ndolé sans citer son acolyte fidèle. Le miondo, c’est même le complément parfait pour de nombreux plats au Cameroun. Préparé à base de pâte de manioc fermentée, enveloppée dans des feuilles et cuite à la vapeur, c’est doux, élastique et ça glisse bien avec la sauce. Chez les Sawa, c’est obligatoire.

    Manioc : C’est le MVP des accompagnements. En foufou, en miondo qui est la version petit frère du bâton de manioc, en couscous… Peu importe la forme, il est toujours là pour assurer la base.

    Le bobolo (bien fait de préférence c’est encore mieux)

    Banane plantain : Ça se mange sous toutes les coutures. Frit, bouilli comme on l’a vu plus haut avec le koki, pilé pour accompagner une sauce, ou en mode poulet DG, le plantain n’a jamais déçu quelqu’un.

    Plantain frit (hmmm il a l’air bien sucré même)
    Le plantain pilé

    Arachide : Sans ça, certaines sauces n’auraient pas d’âme et le riz se sentirait seul. Ça épaissit, ça parfume et ça donne un goût sucré-salé qui fait plaisir. Le ndolé lui doit beaucoup ! En met, en sauce ou dans une recette, c’est un ingrédient de qualité.

    Nnam Owondo (met d’arachide)
    Le fameux riz sauce arachide

    Les épices locales : Ici, on ne cuisine pas fade. Djansan, poivre blanc de Penja, pèbè, kotimandjo et bien d’autres… chaque région a son arsenal, et quand c’est bien dosé, le repas devient un événement.

    Djansan
    poivre blanc de Penja
    kotimandjo
    pèbè

    Transmission, Modernité et Diaspora – Quand le Ndjaffe Traverse les Frontières

    Au Cameroun, les recettes ne s’écrivent pas, elles se vivent, elles se racontent, elles se partagent. Depuis toujours, les mamans et les tanties enseignent en direct live, avec des gestes précis et des coups de pilon bien placés. Un bon plat ne se mesure pas en grammes, mais au flair et au coup d’œil, et si tu n’as pas bien regardé, tant pis pour toi, tu vas manger seulement !

    Les plats comme le mbongo’o, cette sauce noire qui fait trembler les papilles, ou encore le njapche, ce mélange de morelle noire et de pistache qui fait suer le couscous de maïs, sont bien plus qu’un simple repas. C’est du patrimoine, c’est la mémoire des ancêtres, c’est ce qui fait qu’un Camerounais reste Camerounais, même à des milliers de kilomètres.

    Au Cameroun, la recette du « mbongo » se transmet de mère en fille

    Mais voilà, les temps changent, et la cuisine ne dort pas non plus. Avec l’urbanisation et la modernisation, on voit de nouvelles habitudes débarquer. Le poulet DG a pris la place du bon poulet dur de village, les jeunes tournent vers les fast-foods, et certains plats traditionnels commencent à se cacher derrière les gros emballages des supermarchés. Mais rassurez-vous, hein, la cuisine camerounaise ne meurt pas, elle s’adapte !

    Dans la diaspora, les gars ne sont pas restés les bras croisés. En Europe, aux États-Unis, même en Asie, les Camerounais font voyager le goût du pays. Des chefs du « Continent » jouent avec les saveurs, mixent les influences, et transforment nos plats en véritables pépites gastronomiques. Même le soya commence à se faire une place dans les grands restos ! Et grâce à des initiatives comme l’UMBA (Union des métiers de bouche africains), notre cuisine gagne du terrain et commence à se faire respecter sur la scène internationale.

    Une Union des Métiers de Bouche Africains, c’est comment ?

    Ici, on va plonger dans l’histoire du ndjaffe camerounais, voir comment il se transmet de génération en génération, comment il s’adapte sans perdre son goût, et surtout, comment la diaspora garde le feu allumé, même loin du pays. Attachez vos pagnes, serrez la ceinture, on y va !


    Les familles, premières écoles de cuisine

    Au Cameroun, apprendre à cuisiner, ce n’est pas une option, c’est une initiation. Ici, personne ne te donne une recette écrite, on te montre, tu regardes, tu fais, et surtout, tu ne poses pas trop de questions sinon on te dit de sortir de la cuisine !

    C’est souvent les mamans et les tanties qui tiennent la marmite, et si tu grandis dans une maison où ça sent pas au moins une bonne sauce en train de mijoter, il y a problème. Les plats comme le njapche, avec ses légumes et les morceaux de pistache, c’est un secret de famille. Une mère apprend à sa fille, une grand-mère surveille le geste, et quand tout le monde est satisfait, le rite de passage est terminé !

    C’est comme ça que chaque famille garde son identité, chaque tribu garde son code culinaire, et surtout, le bon goût ne se perd pas.

    Njapche : L’origine du Njapche, remonte à l’utilisation d’un légume spécifique dans sa préparation : la morelle noire.

    Le repas, un moment sacré

    Chez nous, manger, ce n’est pas juste avaler quelque chose et partir. Non, ici, le repas, c’est un moment de vie, un moment de partage. Manger dans la même assiette, c’est sceller les liens. Quand tu es accepté dans une assiette commune, c’est que tu fais partie du cercle. On pique ensemble, on rigole ensemble, et tant pis pour toi si on t’invite à un djoka et que tu viens pour taper le style!

    Les grandes occasions sont aussi des moments où on mange avec respect. Buffets lors de mariages, baptêmes, funérailles, fêtes traditionnelles ou rassemblements familiaux… Chaque événement a son plat spécial. Le Nguon, par exemple, c’est le moment où les Bamoun ressortent le njapche avec fierté.

    Un de mes meilleurs souvenirs c’est la poisson braisé que tu achètes à la plage de Limbé tu choisis ton poisson, on le braise et on te l’apporte avec les accompagnements que tu as choisis. Non vraiment ce pays est trop doux, c’est jusqu’au matin qu’on mange. Le plantain mûr avec la prune, des brochettes, la viande qu’on a braisée, le maïs et les spécialités que tu découvres en voyageant dans les villages sur les bords des routes…


    Les marchés, le cœur du ndjaffe

    Si tu veux voir où commence un bon plat camerounais, va au marché. Là-bas, les couleurs, les odeurs et l’animation donnent déjà l’appétit avant même d’avoir cuisiné.

    Le marché, c’est la base ! C’est là que les mamans viennent choisir leur manioc, leurs plantains, leurs épices. On y trouve du djansan, du pèbè, du poivre blanc de Penja, du gingembre et tout ce qu’il faut pour que la sauce ne dorme pas dans la bouche.

    Là-bas aussi, on apprend. Les vendeuses ne sont pas là seulement pour te donner la marchandise, elles connaissent les secrets des ingrédients, les bonnes combinaisons, les astuces. Si tu ne sais pas comment bien monter une sauce gombo, demande, on va bien t’expliquer !

    Vidéo: Le Cameroun est l’un des pays qui contient des marchés parmi les plus riches au monde en produits, car on y trouve presque tout.


    Comment on garde nos traditions vivantes ?

    Les gars du pays et ceux de la diaspora ne dorment pas, ils savent que si on laisse la modernité faire son propre travail, certains plats vont disparaître. Alors, on a trouvé des stratégies pour garder le feu allumé.

    Les festivals culinaires comme Diaspora Kitchen, où on montre à la nouvelle génération comment on fait les choses bien, avec le bon dosage, les bons ingrédients et l’amour du bon ndjaffe.

    Les résidences culinaires, où des chefs apprennent comment mieux travailler nos produits locaux, pour que les recettes traditionnelles continuent de briller, même dans des assiettes modernes.

    Vidéo : Festival : la « Diaspora Kitchen » entre chefs camerounais et américains


    Quand la modernité change la manière de manger

    Tout le monde le sait, les villes comme Douala et Yaoundé ne sont plus comme avant. Les gens courent après le temps, les fast-foods poussent comme du macabo après la pluie, et certains plats traditionnels commencent à se cacher.

    Les Bamiléké et les Béti, en quittant leurs villages pour s’installer en ville, ont dû adapter leurs recettes. Moins de temps pour la cuisson ? On réduit le mijotage. Manque de certains ingrédients ? On les remplace. Mais on garde toujours l’essence du plat.

    Les marchés urbains sont devenus un vrai carrefour. Tu trouves autant le bon plantain local que des produits importés, ce qui fait que le ndjaffe évolue et se diversifie avec le temps. Les habitudes alimentaires ont également évolué en raison de la santé (moins de sel, d’arômes), du niveau de vie (les gens qui sortent de la pauvreté ont tendance à manger de meilleurs mets, plus d’aliments occidentaux).


    L’agriculture et les marchés, toujours en première ligne

    Heureusement, même si les habitudes changent, le Cameroun reste un pays où l’agriculture joue un rôle clé. Les terres sont fertiles, les produits abondants, et avec les nouvelles initiatives agricoles, on essaie de moderniser sans dénaturer. Il y a toujours des personnes qui cultivent chez eux en ville et dans les villages on mange ce que la terre fourni et le reste peut aller au marché, chacun se gère.

    Les cultures sont diversifiées, et des projets comme ceux du Centre mondial des légumes et d’autres liés aux nouvelles technologies permettent d’améliorer la qualité et la production de nos aliments.

    À Douala, c’est pas moins de 1 800 tonnes de nourriture qui passent par les marchés chaque jour ! Et les produits locaux dominent toujours, preuve que les habitudes alimentaires camerounaises tiennent bon.


    La cuisine camerounaise face aux grandes villes et aux influences d’ailleurs

    Depuis que Yaoundé et Douala sont devenues des forêts de béton, le ndjaffe aussi a dû s’adapter. Avant, tout le monde connaissait les plats bien mijotés qui prenaient le temps qu’il faut pour bien attraper le goût, mais avec les journées qui filent à toute vitesse, beaucoup ont troqué le bon manioc contre du riz vite fait, et le macabo contre des pâtes express.

    Les fast-foods sont sortis comme des champignons, et les supermarchés font la concurrence aux mamans du marché avec leurs produits importés. Résultat ? Le pain et le spaghetti ont commencé à envahir les cuisines, pendant que le couscous de maïs et le taro cherchent encore leur place.

    Mais ce n’est pas fini hein, les marchés locaux résistent, et les Camerounais ne sont pas encore prêts à dire adieu à leurs plats d’enfance. Même en pleine ville, on trouve toujours le bon poivre blanc de Penja, les épices qui réveillent, et les tubercules bien frais.

    Comment la diaspora fait bouger la cuisine camerounaise à l’étranger

    Tu crois qu’un Camerounais qui voyage laisse tomber son ndolé ? Jamais ! Partout où les gars passent, ils s’arrangent pour qu’un petit circuit apparaisse. Que ce soit à Paris, Montréal, Washington ou même Tokyo, les Camerounais envoient leur soya, leur djama djama et Kati Kati, et petit à petit, les papilles étrangères commencent à comprendre que chez nous, on ne mange pas pour plaisanter !

    En plus, les choses ne se font pas au hasard. Certains ont ouvert des restaurants, des services de traiteur, et même des événements culinaires pour bien vendre la marchandise. Et au pays, des initiatives comme Diaspora Kitchen réunissent les chefs d’ici et d’ailleurs pour qu’on garde la flamme bien allumée et qu’on montre que le Cameroun a aussi sa place dans la gastronomie mondiale.

    La première édition a même attiré une vingtaine de chefs et plusieurs centaines de visiteurs, preuve que quand on parle de bouffe, tout le monde est intéressé. L’objectif est clair : mettre la gastronomie camerounaise sous les projecteurs et s’assurer qu’elle prenne sa place dans la cour des grands.

    Les chefs camerounais qui mettent la sauce à l’international

    Depuis quelques années, certains Camerounais ont pris la cuisine comme un vrai combat, et aujourd’hui, ils portent le drapeau de notre tchop bien haut.

    Des noms comme Nathalie Brigaud NgoumÉmile Engoulou EngoulouChristian Abegan, ou Alexandre Bella Ola, c’est des gars qui ont compris le game ! 🔥👨🏾‍🍳 Eux, ils ne sont pas allés en Europe pour manger seulement, ils sont partis avec leurs marmites et leurs épices dans la valise !

    Ces chefs-là, ils ont pris la tchop camerounaise, l’ont lavé, repassé, remixé avec des techniques modernes, mais sans jamais enlever le vrai goût du pays. Ils ont compris que le bon piment ne se cache pas, que le djansan ne se remplace pas, et que la cuisson au feu de bois a son propre respect.


    Nathalie Brigaud Ngoum : La go qui fait briller la cuisine camerounaise

    Si tu ne connais pas encore la boss, il est temps de te mettre à jour. Cette dame ne blague pas avec la bouffe, et surtout, elle ne fait pas semblant quand il s’agit de mettre en avant les saveurs du pays.

    Née à Douala, Bonabéri, elle a grandi avec le goût des bonnes choses et l’amour des mots. Après un parcours académique bien bétonné entre le Cameroun et la France, elle a bossé en tant que cadre dans le marketing et la distribution, mais au fond, c’est la cuisine qui l’appelait. Alors, elle a tout repris à zéro et est allée chercher son CAP en cuisine à l’École Hôtelière de Paris, histoire d’avoir la technique pour accompagner le talent naturel.

    Depuis, elle ne dort plus. En 2015, elle lance Envolées Gourmandes, un blog culinaire où elle partage des recettes, revisite les produits africains et valorise nos farines locales. En 2019, elle sort son premier livre, Mon imprécis de cuisine, qui lui vaut plusieurs prix, dont le World Gourmand Award et le prix du livre de la Foire de Paris. Elle ne s’arrête pas là. Avec son école itinérante, Envolées Gourmandes Academy, elle forme des pros de la pâtisserie et pousse les saveurs africaines sur le devant de la scène.

    En 2022, elle est sacrée ambassadrice de la gastronomie camerounaise par l’Organisation Mondiale de la Gastronomie. Toujours en mouvement, elle annonce un deuxième livre dédié à la banane plantain, parce qu’au Cameroun, si tu ne respectes pas le plantain, on ne peut pas te prendre au sérieux en cuisine.


    Émile Engoulou Engoulou : L’homme qui met le Cameroun sur canapé

    Si tu n’as jamais goûté un canapé Ndolé-Miondo ou Foss-Bobolo, c’est que tu n’as pas encore croisé Émile Engoulou Engoulou. Chef, formateur et innovateur, il veut mettre la gastronomie camerounaise sur la carte du monde, et même dans les avions !

    Né en 1962 à Douala, il grandit dans une famille nombreuse où la cuisine est un terrain de rivalité, mais sa passion pour les fourneaux finit par l’emporter. Après un parcours en gestion hôtelière à Paris, il rentre au Cameroun en 1988 et dirige plusieurs établissements avant de fonder Help’Hôtel, un cabinet de conseil en hôtellerie.

    Mais en 1999, la perte de sa mère le ramène à ses premières amours : la cuisine. Depuis, il est à la tête du Club Municipal de Yaoundé, où il régale les clients avec des amuse-bouches 100 % camerounais. Son objectif ? Que ses créations comme le Foss-Bobolo et l’Ekoki-Plantain intègrent les menus des compagnies aériennes.

    Visionnaire, il partage aussi son savoir en chroniques culinaires sur la CRTV, et forme la nouvelle génération à travers l’Académie H2T. Il ne s’arrête pas là : il accompagne les enfants des rues vers la street food professionnelle, leur apprenant l’hygiène et leur proposant des équipements innovants.

    Avec lui, la cuisine camerounaise ne se contente plus d’être locale, elle s’invite sur toutes les tables… et bientôt dans les airs !


    Christian Abégan : L’homme qui veut “gastronomiser” l’Afrique

    Christian Abégan est né en 1965 à Garoua, c’est plus qu’un chef, c’est un ambassadeur de la cuisine africaine. La Cuisine gourmande de Michel Guérard, est « sa bible en matière d’équilibre des saveurs » et c’est ce livre qui lui a donné le goût pour la tchop. Formé au Cordon Bleu de Paris, il ouvre Chez Abégan à Douala, puis Le Palenka à Paris, et devient coach dans Star Chef, l’émission panafricaine culinaire. Son livre « Le Patrimoine culinaire africain » marque un tournant, et il est reconnu comme un des plus grands défenseurs de la gastronomie du continent.

    Son combat ? Transformer la cuisine africaine en une haute gastronomie reconnue mondialement. Il veut codifier les plats comme Escoffier l’a fait pour la France, et milite pour une cuisine africaine authentique, débarrassée des bouillons chimiques. Pour lui, la modernité doit respecter la tradition.

    Lauréat du grand diplôme d’honneur de l’Institut de la Gastronomie Française, il défend l’idée que la gastronomie africaine est un outil de soft power, et pousse les gouvernements et investisseurs à enfin la valoriser à sa juste valeur. Son objectif est clair : faire de la cuisine africaine une référence mondiale.


    Alexandre Bella Ola : L’homme qui fait briller la cuisine africaine à Paris

    Alexandre Bella Ola, c’est le genre de chef qui ne lâche rien. Né en 1959 à Yaoundé, il aurait pu finir marionnettiste ou comédien, mais le ndjaffe l’a rattrapé. Fils d’un cuisinier et maître d’hôtel, il a grandi avec les bonnes odeurs de marmite, sans imaginer que lui aussi finirait par tenir une louche.

    En 1995, avec sa femme Vicky, il ouvre Rio dos Camaraos à Montreuil, un restaurant qui porte fièrement l’ancien nom portugais du Cameroun. Mais les débuts sont durs. Trop de répétition dans la carte, la clientèle ne suit pas. Au lieu d’abandonner, il se forme chez Joël Robuchon, apprend les codes de la haute gastronomie, et revient en force. Son resto prend du galon, et son style se peaufine.

    En 2003, il sort son premier livre, « Cuisine actuelle de l’Afrique noire« , et rafle direct le Grand Prix World Cookbook Awards. Ce succès lui ouvre les portes des plateaux télé, il passe sur Europe 1, « C dans l’air » et bien d’autres émissions, et son restaurant commence à faire du bruit.

    Il ne s’arrête pas là. En 2009, il lance « Moussa l’Africain« , un service traiteur à Paris, et commence à donner des cours de cuisine africaine. Toujours dans la dynamique de mettre la cuisine du continent sous les projecteurs, il publie en 2020 « Mafé, Yassa et Gombo », un hommage aux classiques africains.

    Aujourd’hui, Alexandre Bella Ola est plus qu’un chef : c’est un passeur, un ambassadeur du bon goût africain. Il veut que le mafé, le ndolé et le yassa deviennent aussi populaires que les sushis et les pizzas. Et avec sa détermination, ce n’est qu’une question de temps.


    Les restos camerounais qui font sensation dans les grandes capitales

    Les Camerounais de la diaspora ne dorment pas ! À Paris, des restos comme La Doyenne ou Le Wouri à Londres servent du Ndolé, du Poulet DG, du Poisson braisé, et les Européens commencent même à réclamer plus de piment.

    Les restos camerounais ne sont plus seulement pour la communauté expatriée, ils attirent aussi des curieux en quête de nouvelles saveurs. Petit à petit, la sauce arachide, le koki et le mbongo commencent à parler d’eux-mêmes, et bientôt, qui sait, ils seront peut-être sur les grandes tables étoilées ?

    Carte du Wouri à Londres

    Si on a bien appris une chose en parcourant les marmites du pays, c’est que le Cameroun ne fait pas les choses à moitié quand il s’agit de ndjaffe. Des villages aux grandes villes, des marchés animés de Douala aux restaurants de Paris, la bouffe camerounaise est un patrimoine vivant, une histoire qui mijote à feu doux et qui refuse de se perdre.

    On a vu comment chaque région a sa sauce, comment les migrations et les échanges ont enrichi nos recettes, comment les saveurs du pays se baladent à l’étranger grâce aux chefs et aux restos de la diaspora. On a aussi compris que malgré les fast-foods et les supermarchés bien garnis, les Camerounais n’ont pas encore dit adieu au bon goût d’antan.

    Mais le vrai ndem, c’est que la cuisine camerounaise n’a pas encore pris toute la place qu’elle mérite sur la scène mondiale. On a le talent, on a les saveurs, mais il reste à faire briller tout ça au niveau où ça doit être. On ne doit plus seulement manger local, il faut imposer nos plats, nos techniques, nos produits.

    Alors, à toi qui as suivi ce voyage culinaire, la prochaine fois que tu vois un bon plat camerounais, donne-lui le respect qu’il mérite. Que ce soit un ndolé bien monté, un koki encore fumant, ou un soya grillé comme il faut, prends le temps d’apprécier et de partager. Parce qu’au Cameroun, la bouffe, c’est une affaire de cœur et le monde ignore son potentiel!

    Bon avant de nous séparer, réponds à notre formulaire dans le lien ci dessous, puis écris ce que tu as dans le ventre en commentaires, on est là seulement, on digère tout ! 👀🔥

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