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  • Littérature et Ecriture au Cameroun

    Littérature et Ecriture au Cameroun

    « Quand on ne rêve plus, on n’est plus. » – Manu Dibango

    Ekiéé, si on te demande où commence la littérature camerounaise, tu vas dire quoi ? Dans un bouquin poussiéreux planqué au fond d’une bibliothèque ? Allô ! Avant que nos écrivains n’impriment leurs histoires sur du papier, c’étaient les anciens qui avaient la parole. Assis sous le manguier, à la lumière du feu, ils tissaient des récits en mode storytelling avant l’heure. Pas besoin de Wi-Fi, la connexion était directe entre générations.

    Mais le Mboa ne reste jamais statique. De Mongo Beti à Léonora Miano, en passant par Calixthe Beyala et Djaïli Amadou Amal, nos plumes ont traversé le temps comme des bikutsi endiablés. Les mots ont claqué contre les injustices, exposé nos réalités et rêvé de futurs plus éclatants. Mais attends seulement, on va se dire la vérité : est-ce que la littérature camerounaise est juste là pour distraire ou bien c’est un ndem pour secouer les consciences ?

    Mongo Beti

    Aujourd’hui, les plumes du Cameroun ont compris le game : entre le livre papier et le digital, entre le pays et la diaspora, elles tracent leur route avec un bail bien calculé. E-books, blogs, autoédition, influence numérique… Ça ne dort plus ! Mais malgré tout ça, est-ce que les lecteurs camerounais suivent le mouvement ou bien on va encore dire que « les gens ne lisent pas » ?

    Léonora Miano

    Sors tes lunettes, mets-toi bien, on va entrer dans l’univers de notre littérature, décoder ses tendances et voir où elle nous mène. 📖✨

    1. LES RACINES DE LA PLUME CAMEROUNAISE
      1. Les origines : Oralité et premières écritures
        1. Quand le Mboa parlait avant d’écrire : L’héritage oral
        2. L’arrivée des blancs : quand l’oralité s’est frottée à l’écriture
      2. Comment la littérature moderne du Mboa a posé ses bases
        1. Les Premiers Mousquetaires de la Plume Camer
        2. Indépendance, Nationalisme et Plume Engagée : Quand la Littérature Dégaine
        3. Les Livres Camerounais : Entre Exportation et Blocage
    2. LES COURANTS LITTÉRAIRES ACTUELS ET LEUR IMPACT
      1. Les plumes engagées : entre politique et société
        1. Littérature de la Résistance : Quand les Plumes Deviennent des Kalachnikovs
      2. Nouvelles formes et futur de l’écriture au Cameroun
        1. Plumes du dehors, plumes du dedans : qui porte le game ?
        2. Internet et l’édition freestyle : qui peut écrire peut publier
          1. Autoédition et e-books : plus besoin d’un « boss » pour valider ton talent
          2. Les blogs et le storytelling digital : tu veux être entendu ? Écris en ligne !
        3. BD Camerounaise et Littérature Jeunesse : les p’tits Mboa ont leur place dans le game !
          1. Le livre jeunesse : place aux histoires made in Camer
          2. La BD Camerounaise : une révolution en cours
      3. Les Plumes du Mboa, entre Héritage et Futur : On ne dort pas !

    LES RACINES DE LA PLUME CAMEROUNAISE

    Avant que les Camerounais ne commencent à consommer les romans bien rangés en bibliothèque, la littérature du Mboa vibrait déjà dans les palabres des anciens. Sous le manguier ou autour du feu, les contes déroulaient des leçons de vie, les proverbes giflaient sans toucher, et les épopées se chantaient avec le poids des générations sur chaque parole. C’était le premier grand livre du pays, écrit dans les mémoires, transmis sans encre ni papier.

    Puis, les missionnaires sont arrivés avec leur propre façon d’écrire l’histoire, plantant les premières bases d’une littérature couchée sur le papier. Mais les plumes camerounaises n’ont pas tardé à prendre le relais. Isaac Moumé Etia a été parmi les premiers à noircir les pages pour dire nos réalités, marquant ainsi un tournant.

    Isaac Moumé Etia, en littérature, le man était avant tout poète, il parlait et écrivait parfaitement plusieurs langues…

    Quand Mongo Beti et Ferdinand Oyono ont débarqué dans les années 50, ils n’étaient pas là pour faire joli non plus. Leur plume a craché du feu contre le colonialisme et ses dérives. Pas de demi-mesure : ils ont dégainé des romans qui cognaient dur, mettant à nu les hypocrisies du système. Puis, avec l’indépendance, l’écriture a pris une autre dimension. Elle est devenue un miroir, un espace où nos espoirs, nos galères et nos aspirations ont trouvé refuge.

    Ferdinand Oyono

    Mais se faire entendre reste un autre combat. Jusqu’à aujourd’hui, l’édition est un parcours semé d’embûches. Les grandes maisons d’édition sont loin du Mboa, et les écrivains du pays doivent batailler pour être publiés et distribués ici-même.

    Dans cette première partie, on va creuser dans les racines profondes de notre littérature, remonter aux origines de la transmission orale, explorer les premiers écrits et revisiter les grandes plumes qui ont forgé l’identité littéraire du Cameroun. Bref, on va plonger dans la marmite de l’histoire littéraire du Mboa, là où se mélangent héritage, lutte et survie. 📖🔥


    Quand le Mboa parlait avant d’écrire : L’héritage oral

    Ekié ! Avant qu’un Camerounais ne puisse feuilleter un roman dans une bibliothèque climatisée, ici, la parole était reine. Pas de papier, pas d’encre, mais un art bien rodé : celui de raconter, de transmettre, de graver la mémoire dans les esprits plutôt que sur du papier.

    Les anciens n’avaient pas besoin d’édition pour publier leurs sagesses. Sous le manguier du kwat, au coin du feu, dans les grandes assemblées, les contes fusaient, les proverbes cognaient et les épopées transportaient les auditeurs dans un autre temps. C’était la première bibliothèque du Mboa, sans murs, sans portes, mais avec des gardiens : les sages, les griots, les conteurs.

    Dans les villages bassa, bamiléké, peuls, bétis, ou chez les Bakweri, ces récits n’étaient pas juste là pour distraire. Chaque légende était une carte du monde pour apprendre la vie. Et quand il fallait parler des ancêtres et des héros du Mboa, c’était une superproduction avec effets spéciaux en direct ! Les tambours donnaient le suspense, les balafons mettaient l’ambiance, et la kora transportait les cœurs.


    Les jeunes apprenaient tout dans cette école sans cahier : le courage, la ruse, l’honneur, le respect des ancêtres et surtout l’art de bien parler, parce que si tu voulais briller dans le kwat, mieux valait avoir une bouche qui tcham bien.

    Pas besoin de papier, pas besoin de stylo. Les griots, eux, c’était le Wi-Fi de l’époque, la base de données vivante où toute l’histoire du peuple était stockée. Ils connaissaient les généalogies par cœur, récitaient des épopées sans bafouiller et transmettaient la mémoire du Mboa avec une précision chirurgicale. Quand ils parlaient, les rois écoutaient, les guerriers prenaient des notes et les enfants ouvraient grand les oreilles.

    Mais avec le temps, la modernité est arrivée en mode rouleau compresseur. Les jeunes ont troqué les veillées sous le manguier contre Netflix et TikTok, et les griots ont commencé à perdre leur place. Qui veut encore écouter une histoire de trois heures quand un film peut te montrer la même chose en 90 minutes ?

    Pourtant, tout n’est pas perdu. Certains refusent de laisser cette tradition s’éteindre comme une bougie en plein vent. On voit émerger des festivals de conteurs, des archives numériques où les histoires des anciens sont enregistrées, et même des projets pour intégrer ces récits dans les écoles. Parce qu’il faut bien parler, si on ne fait pas gaffe, on risque de perdre une richesse aussi précieuse que l’or.

    Griots à Tignere (Adamaoua Cameroun)

    L’arrivée des blancs : quand l’oralité s’est frottée à l’écriture

    Mof mi dé! Les missionnaires qui ont débarqué ici n’étaient pas venus seulement pour prêcher la bonne parole. Ils avaient aussi un autre plan : caler leur écriture et remodeler nos récits à leur sauce. Pourtant les Camerounais n’ont pas attendu les blancs pour comprendre que laisser une trace, c’est puissant.

    Le roi Ibrahim Njoya des Bamoun, lui, avait déjà capté le bail bien avant. Il ne voulait pas qu’on raconte son histoire à sa place, alors il a carrément inventé l’écriture Bamoun, le shü-mom. Son but ? Noter la mémoire de son peuple, archiver les traditions, s’assurer que rien ne se perde dans les vents du temps.

    Texte en écriture bamoun/shü-mom, 1910.

    Mais les missionnaires, eux, étaient dans un autre film. Ils sont venus avec l’alphabet latin, traduisant la Bible comme ce mbom, Joseph Merrick, dans les langues locales comme le bulu, l’ewondo, le fulfuldé… En passant, ils ont aussi collecté des contes et écrit les premières histoires camerounaises, sauf qu’ils ont twisté les choses comme ça les arrangeait. Résultat : beaucoup de récits ont dû passer sous filtre européen, avec des moralités et des perspectives qui n’étaient pas toujours les nôtres.

    Missionnaire au Haut-Cameroun vers 1920

    Les premiers Camerounais qui ont pris la plume ont dû jongler avec ce système. Influencés par l’école coloniale, ils écrivaient souvent en suivant les cadres imposés par les blancs. Mais fais-quoi, fais-quoi, les vraies plumes du Mboa allaient bientôt changer la donne. Vers les années 50-60, une nouvelle génération d’écrivains est arrivée, bien décidée à briser les chaînes et à écrire avec sa propre voix. Là, ça a commencé à chauffer !


    Les Premiers Mousquetaires de la Plume Camer

    Avant qu’on ne commence à citer les écrivains camerounais dans les grands cercles littéraires, les anciens ont charbonné. Le premier à ouvrir le bal du côté de la littérature écrite, c’est Isaac Moumé Etia. Son livre Les Fables de Douala (1930) a été la première brique posée pour connecter l’oralité aux mots couchés sur papier. Un vrai pionnier, même si à l’époque, écrire en français c’était déjà un combat.

    Les années 50, c’est là où le game devient sérieux. Mongo Beti arrive en mode « faut pas jouer avec moi », et balance Ville cruelle (1954) et Le Pauvre Christ de Bomba (1956).

    Avec ses textes, il prend son visa pour le clash contre le système colonial et la trahison de l’élite africaine. Ferdinand Oyono suit le mouvement avec Une vie de boy (1956) et Le vieux nègre et la médaille (1956), des romans qui exposent les mascarades du nding mbout colonial avec un style satirique qui donne des gifles sans lever la main.

    Dans les années 60, d’autres plumes viennent poser leur sauce sur le feu littéraire. Jean Ikelle Matiba (Cette Afrique-là, 1963) et René Philombe (Lettres de ma cambuse, 1964) racontent la vie des oubliés, ceux qui ne sont pas invités aux buffets des puissants.

    Petit à petit, la littérature camerounaise commence à faire son bruit, et plusieurs écrivains comme François-Marie Borgia Evembé (Sur la terre en passant, 1966) et Francis Bebey prennent la scène et raflent des prix littéraires solides.

    Le Fils d’Agatha Moudio a par exemple obtenu, en 1968, le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire. En 1976, il en était déjà rendu à sa cinquième édition et était traduit en anglais, en allemand et en polonais.


    Indépendance, Nationalisme et Plume Engagée : Quand la Littérature Dégaine

    Si écrire, c’est déjà un combat, alors l’indépendance du Cameroun a été un vrai ring de boxe littéraire mon frère! En 1960, quand le pays arrache son drapeau, les écrivains ne restent pas silencieux. Au contraire, ils allument les micros pour raconter la vraie histoire – celle qui ne rentrait pas dans les manuels scolaires écrits par les colons.

    L’UPC (Union des Populations du Cameroun), ce mouvement de résistance qui a tenu tête à la France, devient un thème central dans plusieurs œuvres. Mongo Beti est encore au front avec Remember Ruben (1974), où il raconte le combat des nationalistes contre le pouvoir colonial. Hemley Boum (Les Maquisards, 2015) et Max Lobe (Confidences, 2018) reviennent aussi sur ces pages d’histoire que certains veulent effacer.

    D’un autre côté, J. Achille Mbembe, avec son étude La palabre de l’indépendance : les ordres du discours nationaliste au Cameroun (1948-1958), décortique comment la langue et la tradition orale ont été utilisées comme armes politiques. Pour lui, les écrivains camerounais ne sont pas juste des raconteurs d’histoires, mais des reconstructeurs de mémoire.


    Les Livres Camerounais : Entre Exportation et Blocage

    Écrire, c’est bien. Être lu, c’est mieux. Mais au Cameroun, faire circuler un livre, c’est tout un ndem. La réalité, c’est que 90% des livres en librairie viennent de l’Occident, et les maisons d’édition locales galèrent. Les grandes maisons comme Hachette, Nathan et consorts ont verrouillé le marché, surtout pour les manuels scolaires, ce qui empêche l’édition locale de grandir. Vous voyez comment ils sont non?

    Heureusement, des maisons comme Éditions CLE, Ifrikiya, Tropiques et les Presses Universitaires de Yaoundé essaient de tenir la route. Et c’est surtout à l’international que les écrivains camerounais pètent le score. Exemple de Léonora Miano, Djaïli Amadou Amal (Prix Goncourt des lycéens 2020) à gauche et Imbolo Mbue (Voici venir les rêveurs, 2016) à droite qui sont aujourd’hui des figures respectées sur la scène mondiale.


    LES COURANTS LITTÉRAIRES ACTUELS ET LEUR IMPACT

    La littérature du Mboa est en mode turbo, en pleine évolution et en train de prendre ses marques sur la scène mondiale. Entre ceux qui tapent du poing sur la table pour dénoncer les injustices, ceux qui explorent les multiples facettes de l’identité camer, et ceux qui font péter les barrières avec le numérique, on peut dire que les plumes camerounaises ne sont pas prêtes à baisser le volume.

    D’un côté, les écrivains militants continuent de charger le système. Ils parlent des ndem du quotidien : corruption, abus de pouvoir, misères sociales et poids de l’héritage colonial. Leurs romans, essais et pièces de théâtre sont des micros tendus aux sans-voix, ceux que l’histoire officielle a mis en mode silencieux. Quand tu ouvres leurs livres, c’est un peu comme si tu étais assis à un njoka de vérité où tout doit se dire, sans filtre.

    Mais à côté de cette vibe engagée, un vent de fraîcheur souffle aussi sur la littérature camer. La diaspora joue un rôle majeur en mélangeant les influences, en injectant des perspectives nouvelles dans les récits. Et puis, le numérique est venu casser les portes. Aujourd’hui, grâce aux blogs, à l’autoédition et aux webtoons, n’importe quel mbom avec du talent et du cran peut balancer son œuvre et toucher un public sans attendre qu’un éditeur valide son flow.

    Le secteur jeunesse et la bande dessinée ne sont pas en reste. De plus en plus de livres pour enfants et de BD aux couleurs bien camer font leur apparition, avec des histoires qui parlent aux jeunes générations sans passer par les clichés made in France.

    Festival international de la bande dessinée du Cameroun

    Évidemment, tout ça ne se fait pas sans obstacles. Se faire éditer, distribuer et être reconnu reste un gros challenge. Mais une chose est sûre : les écrivains camerounais ne sont pas là pour jouer les figurants. Leur mission est claire : raconter le Cameroun autrement, à la croisée du militantisme, de l’innovation et de l’ouverture au monde. Et franchement, ça promet des étincelles. 🚀📚🔥


    Littérature de la Résistance : Quand les Plumes Deviennent des Kalachnikovs

    Au Cameroun, même les livres font le maquis. Depuis toujours, nos auteurs ont écrit sous tension, entre censure, persécution et exil. Si aujourd’hui on peut un peu plus parler, à une époque, écrire contre le régime, c’était comme danser sur un fil de rasoir.

    Dès les années 70, Mongo Beti a ouvert la voie avec « Main Basse sur le Cameroun« . Son livre ? Interdit en France ET au Cameroun. Rien que ça ! Une vraie grenade littéraire contre la Françafrique et les micmacs du pouvoir.

    MONGO BETI – Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation

    Dans les années 90, avec la montée du multipartisme, les plumes ont encore plus dégaîné. Patrice Nganang, avec « Temps de chien » (2001), a peint un Cameroun perdu dans le chaos politique, et Max Lobe, avec « Confidences » (2016) déjà cité plus haut, a déterré des vérités sur la guerre d’indépendance.


    Plumes du dehors, plumes du dedans : qui porte le game ?

    Ekiéé, aujourd’hui, la littérature camerounaise ne se joue plus seulement à Nkol-dongo ou à Bonanjo ! Les écrivains du Mboa sont éparpillés comme du piment écrasé sur du bon poisson braisé. Entre ceux qui charbonnent au pays malgré les ndem de l’édition et ceux qui posent leur flow depuis la diaspora, la littérature camer a plusieurs voix, plusieurs vibes.

    Calixthe Beyala fait ses bails depuis Paris, Léonora Miano décortique l’identité noire depuis la France, Max Lobe tape fort sur la colonisation en Suisse, Imbolo Mbue secoue le game depuis les States… Mais entre le dehors et le dedans, les réalités sont pas pareilles.

    Les gars du pays, eux, doivent se battre pour publier, distribuer et même faire lire leurs bouquins. T’as écrit un livre au Cameroun ? Bravo, mais est-ce que les gens vont le trouver en librairie ? Bonne chance ! Entre les maisons d’édition frileuses, les circuits de distribution compliqués et le ndem du lectorat, publier un livre ici, c’est comme vouloir vendre du plantain à quelqu’un qui veut seulement du riz.

    Mais y’a une connexion qui commence à se faire ! L’AMACAD (Amicale des Auteurs Camerounais de la Diaspora) veut casser cette barrière. Le plan ? Connecter les plumes d’ici et de là-bas, créer un pont pour que les auteurs puissent s’échanger les blazes, partager les opportunités et surtout faire entendre la voix du Cameroun, que tu sois à Douala, Abidjan ou New York.

    Le but est clair : stop au combat chacun dans son coin, la littérature camerounaise doit se packager en équipe et taper fort ensemble.


    Internet et l’édition freestyle : qui peut écrire peut publier

    Avant, écrire un livre au Cameroun, c’était se préparer à galérer. Tu finissais ton manuscrit, tu courais derrière les éditeurs, tu attendais leur validation… Bref, un vrai bail de patience. Mais Internet est venu shifter le game. Aujourd’hui, un bon fichier PDF, une bonne couverture et bam ! Ton livre est disponible à Yaoundé, à Londres, à Tokyo.


    Autoédition et e-books : plus besoin d’un « boss » pour valider ton talent

    Les maisons d’édition locales font les difficiles ? Pas grave, les auteurs prennent les raccourcis digitaux. Avec Amazon Kindle, Smashwords, Kobo Writing Life, certains auteurs camerounais mettent directement leur tchap sur le marché mondial.

    Fini les longues attentes, tu balances ton livre en ligne, tu fixes ton prix et le public peut commander en un clic. Et puis, entre nous, les Camerounais lisent maintenant plus sur téléphone que sur papier, donc si ton livre est en e-book, tu multiplies tes chances d’être lu.


    Les blogs et le storytelling digital : tu veux être entendu ? Écris en ligne !

    Avant, tu devais prier un éditeur pour avoir une plateforme. Maintenant ? Tu ouvres un blog, tu racontes tes histoires et si ton flow est bon, les lecteurs vont suivre.

    Des gars comme Patrice Nganang ont bien capté le bail. Il tease ses livres sur Facebook, poste des extraits sur Twitter, et interagit avec son audience comme un vrai king. Aujourd’hui, même les critiques littéraires se font en ligne : si ton livre frappe, Twitter Camer va en parler, si c’est pas bon, on va aussi te taguer !


    BD Camerounaise et Littérature Jeunesse : les p’tits Mboa ont leur place dans le game !

    Le livre jeunesse : place aux histoires made in Camer

    Avant, on donnait aux enfants des bouquins avec des personnages qui n’ont jamais mis pied au village. Mais ça, c’était avant ! Aujourd’hui, des éditeurs comme Akoma Mba, Tropiques Éditions et les Presses Universitaires d’Afrique bossent pour que les p’tits du Mboa aient des livres qui parlent leur langage.

    🌍 Des contes et légendes revisités, pour reconnecter les jeunes à leur culture.

    📚 Des livres bilingues, pour que nos langues locales arrêtent de disparaître.

    🔥 Des récits sur les réalités d’ici, pas juste des histoires de princesses dans des châteaux.

    Le Salon du Livre Jeunesse et de la BD de Yaoundé (SALIJEY) donne enfin un espace aux créateurs locaux. Les p’tits Camerounais n’ont plus besoin d’aller chercher leurs héros ailleurs, les leurs sont déjà là !

    Salon du livre jeunesse et de la bande dessinée de Yaoundé – Salijey

    La BD Camerounaise : une révolution en cours

    Oublie les Marvel et les DC Comics, le Cameroun est en train de fabriquer ses propres super-héros. Des studios comme Waanda Stoudio et Zebra Comics montent en puissance et proposent des BD 100% camerounaises, avec des personnages inspirés de nos cultures et nos réalités. Waanda Stoudio balance des BD et de l’animation africaine. Zebra Comics crée des héros africains avec un modèle hybride : papier, digital et application mobile.

    Mais comme tout au Cameroun, y’a des embûches. La BD coûte cher à produire, les librairies ne jouent pas trop le jeu, et les jeunes qui veulent dessiner galèrent à trouver du soutien. Heureusement, des plateformes comme Artefacts permettent de lire des BD africaines en ligne, histoire de casser un peu la barrière du papier.


    Bon, on a bien tchop la littérature, hein ? On a creusé dans les racines, marché dans l’ombre des anciens conteurs, décortiqué l’ère des premiers écrivains rebelles et exploré les nouvelles avenues où s’éclatent les plumes du Mboa.

    🔥 On a vu que nos écrivains ne sont pas là pour jouer.

    💡 On a capté que la diaspora et le digital sont en train de changer la donne.

    📚 On a senti que la BD et la littérature jeunesse ont commencé à pousser comme du manioc en saison des pluies.

    Mais le vrai questionnement reste posé : est-ce que la littérature camerounaise va enfin s’imposer à l’échelle mondiale, avec une vraie industrie qui soutient les auteurs, ou bien on va encore attendre que les étrangers viennent nous valider avant de croire en nos propres talents ?

    Parce que oui, le talent est là, les histoires sont riches, le game est en feu, mais si les Camerounais eux-mêmes ne lisent pas leurs propres écrivains, ça va où ?


    Mbindi Ouvert : Et Maintenant ?

    Si on veut que la plume du Mboa devienne une force incontournable, ça doit passer par trois choses :

    ✅ Soutenir nos propres auteurs : Achète le livre d’un écrivain camerounais, parle-en, fais du bruit, ne laisse pas les talents mourir en silence.

    ✅ Multiplier les canaux de diffusion : Blogs, e-books, BD digitales, réseaux sociaux… Tous les chemins doivent mener aux lecteurs !

    ✅ Créer un vrai business du livre : Si on veut que les écrivains du pays puissent vivre de leur plume, il faut industrialiser le game, pas juste attendre les prix internationaux.

    Le plus important, c’est que nos plumes ne s’éteignent pas. Si les conteurs d’hier ont pu transmettre l’histoire sans papier, les écrivains d’aujourd’hui doivent trouver les nouveaux outils pour que leurs voix traversent le temps et l’espace.

    Alors mon frère, ma sœur, tu lis ou bien tu dors ? 📖🔥 Parce que la littérature camerounaise, elle, ne dort pas.

    👏🏾 Merci d’avoir voyagé avec nous dans ce grand njoka littéraire !

    Partage tes critiques avec nous dans ce formulaire stp mola : https://forms.gle/9T9v85fuGU9fJ5MT8

    Si le cœur te dit, prends un livre camerounais, ouvre une page et entre dans un autre monde. Qui sait, peut-être que demain, c’est toi qui prendras la plume pour raconter le Mboa ! 🚀📚

  • Communication & Médias au Cameroun

    Communication & Médias au Cameroun

    Massa, ça chauffe entre anciens et nouveaux players ! Ici au pays, l’information, c’est pas un jeu. Que tu sois en train de taper ton ndolè tranquille ou de marcher à Mboppi, une chose est sûre : tu vas entendre parler de l’actu, que ce soit par la télé, la radio, ou un mbom qui t’attrape au carrefour pour te raconter un « breaking news » qu’il a vu sur WhatsApp. Eh oui, les médias camerounais, c’est un vrai mbolè, ça tape fort et ça évolue chaque jour !

    Avant, quand on voulait savoir ce qui se passait, fallait attraper Cameroon Tribune, allumer la CRTV à 20h30 ou attendre qu’un tonton au quartier vienne avec son journal sous le bras. Mais aujourd’hui, mon frère, mon sœur, c’est Facebook, WhatsApp, TikTok qui dictent la loi. Si tu clignes l’œil, une info peut te passer sous le nez en une seconde chrono , je tu jure, c’est la magie!

    Mais faut pas croire que les anciens ont déposé les armes. Équinoxe TVCanal 2 InternationalVision 4, les radios locales… tous cherchent comment rester dans la game. Pendant ce temps, les journalistes, eux, marchent sur des braises. Selon Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse au Cameroun, c’est une affaire compliquée : un jour tu parles trop, le lendemain on t’appelle au quartier général.

    Et puis y a le gros problème des fake news. Aujourd’hui, n’importe qui avec un téléphone et un forfait peut se lever et écrire que le président a changé de pays ou que la pluie va tomber à 14h pile. Entre buzz, intox et vrai journalisme, faut avoir le bon « œil du faucon » pour capter ce qui est sérieux et ce qui est pur sauce.

    Indicateurs de stabilité politique au Cameroun

    Bref, médias traditionnels, blogueurs, influenceurs, chaînes de télé, réseaux sociaux… Tout le monde veut contrôler l’info. Mais qui va vraiment win ce match-là ? Massa, asseyons-nous bien, parce que le dossier est long comme la montée de Biyem-Assi !

    1. Des Batons de Parole à la Télé : Comment on Djossait Avant les Réseaux !
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      2. La Télé Débarque et le Game Change
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    Des Batons de Parole à la Télé : Comment on Djossait Avant les Réseaux !

    Avant qu’un gars puisse juste ouvrir son téléphone et taper sur Facebook pour crier « breaking news », au Cameroun, l’information, c’était toute une affaire. Tu voulais savoir ce qui se passait ? Eh bien, fallait bien tendre l’oreille aux anciens, écouter les griots, ou alors attendre qu’un messager débarque au village avec des nouvelles du chef. C’était comme ça qu’on gérait les infos, avec les tambours qui battaient le message et les palabres sous l’arbre à palabres.

    Mais quand les blancs sont arrivés avec leurs missions et leur administration, ils ont ramené la presse écrite. D’abord, c’était pour eux-mêmes, avec leurs propres journaux, puis petit à petit, les Camerounais aussi ont commencé à écrire pour défendre leurs idées. Des titres comme Mulee-Ngea et L’Action Camerounaise ont commencé à secouer la table, surtout quand il a fallu parler d’indépendance et des vraies affaires du pays.

    Quand la radio a fait son entrée, ah ça, c’était le grand virage ! Plus besoin d’attendre que quelqu’un vienne raconter l’histoire au marché, on pouvait juste allumer la radio et écouter les infos. Mais bien sûr, à l’époque, c’était l’État qui contrôlait tout, avec la CRTV qui régnait en maître. Fallait bien attendre les années 90 pour voir débarquer les médias privés et donner un peu de piment à l’affaire.

    Donc, ici, on va dérouler l’histoire, depuis l’époque où on se passait l’info à coups de « Père a dit… » jusqu’au moment où les Camerounais ont commencé à zapper entre Équinoxe, Canal 2, et leurs groupes WhatsApp. Un vrai voyage, tu vas voir, où on passe du tam-tam à la télé, du journal sous le bras aux directs sur TikTok. Accroche-toi, parce que ça, c’est l’histoire des médias au Cameroun, racontée comme elle doit être racontée !


    Les origines de la communication orale : rôle des griots et des chefferies traditionnelles

    Mollah, avant que les Camerounais ne commencent à plisser le front sur un journal ou à zapper sur Équinoxe TV, l’information ne s’écrivait pas, elle se chantait, elle se criait, elle se murmurait à l’oreille des grands du village. Les griots, les messagers, les chefs traditionnels… ces gars-là étaient le Google, le WhatsApp et même le TikTok de l’époque. Si un événement arrivait quelque part, fallait pas longtemps avant que ça se propage, parce qu’ici, on a toujours su djoss !

    Les griots, c’étaient les vrais. Assis sur leur tabouret, leur bouche pouvait retracer toute l’histoire d’un royaume sans se mélanger une seule fois. Pas besoin de calepin, tout était bien stocké dans leur tête. Ils connaissaient les guerres, les naissances, les trahisons… Si tu voulais savoir si ton grand-père avait fui la guerre ou s’il était un vrai guerrier, c’est chez eux qu’il fallait aller vérifier.

    Et puis les chefs traditionnels, c’étaient eux qui validaient l’info. Pas d’assemblée nationale ici, c’était sous le grand arbre qu’on décidait. Un messager pouvait débarquer avec son bâton de parole et là, tout le monde savait que quelque chose de sérieux venait d’arriver. Et quand il parlait, silence total. Tu allais boire son message comme un bon vin de raphia ! Jusqu’à aujourd’hui, ce système-là n’a pas vraiment disparu. Regarde comment les darons te sortent encore des proverbes à tout bout de champ, comment les grands-mères racontent les histoires du quartier en pimentant bien. La tradition orale, c’est le vrai média qui a refusé de mourir, même avec toute la technologie du monde.

    2022 : Griot a été sacré champion du Cameroun de Slam à l’issue du concours du Grand slam national Cameroun. Il devient de ce fait celui qui représentera le Cameroun à la prochaine Coupe d’Afrique de Slam poésie, CASP 


    L’essor de la presse écrite à l’époque coloniale : naissance des premiers journaux

    Maintenant, entrons dans les choses de blanc. Quand les colons ont débarqué, ils ont trouvé qu’on djossait trop et ils ont voulu mettre ça sur papier. Pas pour nous hein, pour eux d’abord. Fallait bien qu’ils organisent leur business ici et racontent leur propre version des faits.

    Mais dans les années 1920, un gars s’est levé et a dit « Massa, on ne va pas nous endormir comme ça ! » Son nom ? Joseph Ebele. Il a créé Mbalé, un journal qui ne mâchait pas ses mots. Le gars envoyait les missiles contre la colonisation, dénonçait les injustices, et appelait déjà à l’indépendance. Seulement, les colons n’étaient pas là pour blaguer. Ils ont attrapé Mbalé et ont dit « On coupe ça net ! » Résultat ? Interdit. Mais c’était trop tard, le feu avait déjà pris.

    Derrière, d’autres Camerounais ont capté que la plume pouvait être une vraie arme. Des intellectuels, des religieux, des militants… chacun voulait écrire pour éveiller le peuple. Même les missionnaires s’y sont mis, avec leurs bibles et leurs écoles, pour pousser l’alphabétisation et imprimer des livres. Les baptistes, notamment, ont bien secoué la sauce.

    Mais même après l’indépendance, écrire n’était pas toujours sans danger. L’État surveillait tout, et si ton journal dérangeait trop, une convocation pouvait te trouver avant même que tu aies fini ton café. Pourtant, les journalistes ne se sont jamais couchés. De fil en aiguille, la presse camerounaise a fini par se tailler une vraie place, même si le combat est toujours là.

    En 1933, Joseph Ebele, rédacteur en chef et promoteur de « Mbalé » (la vérité en douala), le premier journal camerounais en langue douala, écrit en une de ce journal : le Cameroun revendique son indépendance

    La radio comme premier média de masse : influence de la CRTV et du monopole d’État

    Mais bon, parlons vrai : le média qui a mis tout le Cameroun d’accord, c’est la radio. Avant elle, il fallait marcher pour aller entendre une info. Mais dès qu’elle est arrivée, tout a changé. D’un coup, même le planteur au fin fond du village pouvait suivre les discours du chef de l’État en sirotant son vin blanc.

    Tout commence en 1940, avec Radio Douala, une radio que les colons ont mis en place pour balancer leurs propres messages. Mais petit à petit, les Camerounais ont repris la sauce. En 1955, on crée Radio Cameroun, puis arrivent Radio Yaoundé et Radio Garoua. Là, on commence à sentir que l’information devient nationale.

    Mais c’est en 1987 que le game change vraiment. L’État fusionne la radio et la télé pour créer la CRTV (Cameroon Radio Television). Et là, mon frère, si tu voulais entendre une info, fallait passer par eux. C’était « CRTV a dit » ou bien rien. Pas moyen de contestation, pas de contre-information. Le micro était entre leurs mains, et fallait écouter seulement.

    Mais comme tout pouvoir trop long finit par trembler, les années 90 arrivent avec un vent de changement. Libéralisation des médias ! Boom ! Les radios privées commencent à apparaître. Plus besoin d’attendre le journal de 13h pour entendre une autre version des faits. Désormais, les Camerounais peuvent zapper entre les fréquences et choisir à qui ils veulent donner leur oreille.

    Aujourd’hui, même avec WhatsApp, YouTube et compagnie, la radio reste un bastion solide. Que ce soit CRTV ou les petites radios locales, on sait que l’oreille du Kmer est toujours à l’écoute.

    Voilà comment on est passé du tam-tam aux ondes FM. L’histoire des médias au Cameroun, c’est un parcours de warriors, où chaque époque a dû batailler pour informer le peuple. Et ce n’est pas demain qu’on va s’arrêter !

    Ancienne journaliste à la Télévision publique du Cameroun, la Cameroon Radio Television (CRTV, « Radio Télévision du Cameroun »), Evelyne Ngo Lambidjeck a accordé un entretien spécial à 13 minutes…

    Quand la télé a pris le contrôle des foyers camerounais

    Avant que les Camerounais ne commencent à zapper entre Équinoxe TV, Canal 2 et Vision 4, le seul vrai boss des médias, c’était la radio. Mais un beau jour, les écrans ont commencé à illuminer les salons. En 1985, la Cameroon Television (CTV) commence ses premiers essais, et en 1987, boum, on fusionne tout ça avec la radio pour donner la CRTV. Et là, mon frère, si tu voulais voir les nouvelles, écouter le discours du chef de l’État ou juste mater une série, c’était eux ou rien !

    À l’époque, la télé, c’était plus qu’un luxe. Quand une famille avait une télévision, tout le quartier passait squatter pour suivre les infos ou les matchs des Lions Indomptables. C’était aussi un moyen d’éducation : émissions culturelles, programmes éducatifs… sauf que bien sûr, tout était bien contrôlé. Fallait pas trop rêver de voir des critiques du gouvernement en plein 20h30.

    Sur le plan politique, la télévision était le canal du gouvernement. Tout ce qui sortait de l’écran était filtré, bien arrangé, bien ficelé pour rester dans la ligne officielle. Les Camerounais ont vite compris que s’ils voulaient des vraies news, il fallait bien tendre l’oreille et croiser les infos avec ce qui se racontait au marché ou dans les taxis.

    Avec le temps, Internet a commencé à pointer son nez, et la CRTV a dû composer avec une nouvelle réalité. Les Camerounais voulaient plus de diversité, plus de débats, plus d’opinions. Et c’est là que le game a commencé à changer…

    Vidéo documentaire sur les premiers visages de la télévision à la CRTV


    La libéralisation des médias : fin du monopole, début de la bagarre !

    Dans les années 90, le Cameroun est secoué par des vents de changement. Partout en Afrique, les États commencent à lâcher un peu la pression sur la presse, et ici, on ne pouvait pas rester à la traîne. C’est ainsi qu’en 1990, la loi n° 90/052 arrive et dit : « Ok, vous voulez vos propres médias ? Allez-y ! » Mais bon, sur le terrain, il a encore fallu attendre 2000 pour voir les premières télés privées débarquer pour de vrai.

    Et là, mon frère, le paysage a pris une toute autre couleur. Canal 2 International, fondée par Emmanuel Chatue, débarque et commence à bousculer le monopole de la CRTV. Avec des émissions plus proches du quotidien des Camerounais, du divertissement made in 237, des débats plus osés… les gens commencent à capter que la télé peut être autre chose qu’un canal officiel.

    Puis vient STV (Spectrum Television), qui se positionne aussi sur l’info et le divertissement.

    Mais le vrai rebelle de la bande, c’est Équinoxe TV. Fondée par Séverin Tchounkeu, la chaîne n’a jamais eu sa langue dans la poche. Elle ose poser les questions qui fâchent, donner la parole à ceux qu’on préfère souvent faire taire. Forcément, ça ne plaît pas à tout le monde. En 2008, la chaîne se fait suspendre pour avoir trop parlé. Mais elle revient encore plus forte, parce que le peuple aime ceux qui disent la vérité.

    Malgré cette ouverture du marché, tout n’est pas rose. Obtenir une licence de diffusion coûte cher, et les journalistes savent qu’il y a des sujets à aborder avec précaution. Entre la pression politique et le manque de financement, tenir une télé privée, ce n’est pas du gâteau. Mais au moins, aujourd’hui, les Camerounais ont le choix : regarder la version officielle ou zapper pour entendre autre chose.


    La presse écrite indépendante : des warriors comme Le Messager et Mutations

    Pendant que la télé se battait pour se faire une place, la presse écrite n’a jamais lâché l’affaire. L’un des plus grands soldats de cette guerre pour l’info, c’est Pius Njawé. En 1979, il lance Le Messager, un journal qui ne fait pas de cadeaux. Dès le départ, il choisit son camp : celui de la liberté d’expression, coûte que coûte.

    Forcément, ça ne plaît pas à tout le monde. En 1991 et 1992, Le Messager se fait suspendre. En 1996, Pius Njawé est même jeté en prison pour « outrage au chef d’État ». Mais le gars ne plie pas, il continue son combat jusqu’à sa mort en 2010.

    Un autre nom à retenir, c’est Benjamin Zébazé. Ce mbom-là lance Challenge Hebdo en 1991, puis Le Quotidien, le premier journal à paraître tous les jours au Cameroun. Son but ? Faire entendre des voix différentes et briser le monopole de l’info contrôlée par l’État.

    Et puis, il y a Mutations, un autre poids lourd de la presse écrite indépendante lancé à Yaoundé le 1er juillet 1996 , c’est un quotidien camerounais édité par le groupe South Media Corporation. Ce journal a marqué son époque en tenant une ligne critique, sérieuse et bien structurée.

    Liste des journaux camerounais : Tout comprendre sur la presse au Cameroun ​​​​​​​

    Mais comme toujours, parler trop fort au Cameroun, c’est risqué. Plusieurs journalistes en ont payé le prix :

    Germain Cyrille Ngota Ngota, rédacteur en chef de Cameroun Express, arrêté pour une enquête sur la corruption. Il meurt en détention en 2010.

    Rodrigue Tongué, journaliste à Le Messager, arrêté en 2014 pour ne pas avoir révélé ses sources. Il sera acquitté en 2017.
    Et bien sûr, Le Popoli, journal satirique créé en 2003 par Nyemb Popoli, qui s’est fait censurer plusieurs fois pour ses caricatures et ses piques bien senties contre le pouvoir.

    Même avec tout ça, la presse écrite indépendante continue de se battre. Les défis sont énormes : manque de financement, difficultés à imprimer, censure… mais les journalistes n’abandonnent pas. Ils savent que sans eux, le Cameroun resterait dans une seule version de l’histoire.


    Et maintenant, c’est quoi la suite ?

    L’arrivée de la télé privée et la montée de la presse indépendante ont bousculé le game au Cameroun. Fini le temps où une seule voix parlait pour tout le monde. Aujourd’hui, on peut choisir où on prend l’info.

    Mais le combat n’est pas fini. La liberté de la presse reste fragile, et les pressions sont toujours là. Les médias privés doivent jongler entre vérité et prudence, entre survie financière et indépendance éditoriale.

    Une chose est sûre : les Camerounais veulent la vraie info. Pas juste des discours bien préparés, mais des faits, des analyses, des débats. Et tant qu’il y aura des journalistes prêts à prendre des risques, le peuple continuera d’avoir une voix.

    Le game médiatique au Cameroun, c’est pas un sprint, c’est un marathon. Et crois-moi, on est encore loin de la ligne d’arrivée !


    Médias Digitaux – Quand l’Info Déborde Comme Une Saison des Pluies

    Mon frère, ma sœur, si tu crois encore que l’info se trouve juste dans un journal plié sous l’aisselle ou sur la télé à 20h30, alors tu dors encore fort ! Aujourd’hui, même ton tonton au village reçoit les breaking news direct sur WhatsApp avant que CRTV ne prépare son plateau. On est entré dans une autre dimension : l’ère où Internet dicte sa loi et où les réseaux sociaux sont les nouveaux ministres de la communication.

    Mais là où Internet a vraiment tout renversé, c’est avec Facebook, WhatsApp, Twitter et TikTok.

    Bref, l’info au Cameroun a pris un sérieux virage digital. On va décortiquer comment on est passé des journaux papiers aux tweets viraux, pourquoi tout le monde veut être reporter sur WhatsApp, et quels sont les vrais dangers de cette révolution numérique qui avance à toute vitesse. Attache bien ta ceinture, parce que ça va aller très très vite !


    Internet et la presse en ligne : Qui n’est pas connecté est largué !

    Mollah, aujourd’hui au Cameroun, si tu n’as pas Internet, tu es en retard comme un taxi qui cale en pleine montée de Melen ! Depuis les années 2000, le game a complètement changé. En 2000, moins de 0,25 % des Camerounais avaient Internet. Aujourd’hui, on est à 38 %, et avec la 4G qui va bientôt couvrir près de 70 % du pays, même ton oncle au village pourra mater ses vidéos YouTube sans voir l’icône de chargement tourner comme un compresseur.

    Avec cette montée en puissance du digital, les médias papiers ont capté que s’ils restaient dans leur coin à vendre des journaux au carrefour, ils allaient disparaître plus vite qu’un billet de 10 000 entre les mains d’un njaka. Cameroon Tribune a pris le virage numérique il y a 20 ans, histoire de ne pas se faire oublier. Pendant ce temps, Journal du Cameroun, lui, a dit « papier, c’est pour les anciens » et a carrément lancé un média 100 % en ligne dès 2008.

    Les gars ont compris que les gens ne veulent plus attendre 24h pour lire l’info. Aujourd’hui, si une actu sort, elle doit arriver en temps réel, sinon c’est déjà dépassé. C’est comme ça qu’on est passé des kiosques à journaux aux articles partagés sur WhatsApp à la vitesse de la lumière.


    Les réseaux sociaux : là où se joue maintenant l’info !

    Mon frère, oublie les radios à ondes courtes et les journaux en kiosque. Si tu veux savoir ce qui se passe au Cameroun aujourd’hui, direction Facebook, WhatsApp, Twitter et TikTok ! C’est là que tout le monde vient chercher les dernières nouvelles, les buzz et les débats chauds du moment.

    Selon We Are Social, en 2022, plus de 4,62 milliards de personnes dans le monde étaient connectées sur les réseaux sociaux. Ici, au bled, Facebook et Twitter sont devenus les outils préférés des journalistes pour balancer leurs articles et interagir avec les lecteurs. Plus besoin d’attendre le JT du soir, maintenant, c’est notification directe sur ton téléphone !

    Mais ce n’est pas tout. Les réseaux ont carrément changé la façon de faire du journalisme. Avant, c’était les médias qui allaient chercher les scoops. Maintenant, avec un smartphone, chaque Camerounais est un reporter en puissance. Un accident sur l’axe lourd ? Une vidéo tourne déjà sur WhatsApp avant même que la police n’arrive. Un ministre qui fait une bourde ? Twitter s’enflamme en 10 minutes !

    Et puis les réseaux, c’est aussi devenu un vrai champ de bataille. Pendant la crise anglophone, c’est là que tout s’est organisé : mobilisation, dénonciations, alertes internationales. Même pendant les élections de 2018, c’est sur les réseaux que les Camerounais se sont affrontés à coup d’arguments et de contre-arguments. D’ailleurs, pour éviter que ça ne parte en vrille, des initiatives comme No Bad Mop ont été mises en place pour filtrer les discours haineux.

    Le problème avec tout ça, c’est que les infos circulent tellement vite que parfois, c’est la fake news qui arrive avant la vérité…


    Les Fake News : La Sauce Qui Peut Gâter Le Plat

    Ici, dès qu’une rumeur commence à tourner sur WhatsApp, il y a toujours un gars pour dire « ça vient d’une source sûre »… sauf que souvent, c’est du pur sauce ! Et ça, c’est un vrai problème.

    Pendant la crise anglophone, il y a eu des tonnes de fausses vidéos qui ont circulé sur Facebook, mettant encore plus d’huile sur le feu (Tandfonline). En 2018, pendant les élections, certaines personnes ont inventé des histoires de fraudes, créant une confusion totale parmi les électeurs. Le pire, c’est que quand une fake news prend, c’est difficile de l’arrêter.

    Et le danger ne s’arrête pas là. De plus en plus de Camerounais commencent à se méfier des médias officiels à cause de toutes ces intox qui circulent. Résultat ? On ne sait plus qui croire. Une étude a d’ailleurs montré que la désinformation joue un rôle dans la perte de confiance envers les institutions et les journalistes.

    Heureusement, certains ont compris qu’on ne peut pas laisser les fake news faire la loi. Le projet Talk Paix forme les journalistes et les jeunes à reconnaître les intox et à éviter de tomber dans le piège.

    Des organisations comme Internet Sans Frontières et Africa Check bossent aussi pour vérifier les infos et démystifier les rumeurs. Mais le combat est long, parce qu’une info vraie prend du temps à se vérifier, alors qu’une fake news se propage en quelques secondes.


    Liberté de la presse et censure : Quand parler devient un sport à risque

    Au Cameroun, si tu es journaliste et que tu veux dire toute la vérité, mieux vaut attacher ta ceinture. Ici, parler trop, c’est un vrai sport extrême comme on a pu le voir ! Chaque année, on entend des histoires qui montrent que faire du journalisme indépendant, c’est comme marcher sur des braises pieds nus.

    En février 2023, tout le monde a été secoué par l’affaire Martinez Zogo. Ce gars-là, il ne mâchait pas ses mots quand il parlait de corruption. Résultat ? Un matin, on l’attrape, on le fait disparaître et quelques jours plus tard, on retrouve son corps comme si c’était un animal qu’on avait chassé dans la brousse. Toute la presse est tombée en choc. Si un journaliste aussi en vue pouvait être traité comme ça, imagine les petits reporters qu’on ne connaît même pas.

    Et ce n’est pas fini. En février 2024, c’est Bruno Bidjang, un visage bien connu de Vision 4, qui s’est retrouvé en cellule. Pourquoi ? Parce qu’il a osé dire que les Camerounais dorment trop face à leurs problèmes. Verdict ? Accusé de « propagation de fausses nouvelles », direction prison jusqu’en août 2024.

    Un autre cas qui a fait parler, c’est Amadou Vamoulké, ancien boss de la CRTV. En août 2024, boum, 20 ans de prison pour « détournement de fonds ». Mais beaucoup disent que c’était juste pour faire taire une voix qui dérangeait.

    Comparé aux autres pays africains, le Cameroun est loin d’être un paradis pour les journalistes. Ici, si tu veux faire ton boulot correctement, faut avoir le cœur bien accroché. Heureusement, Internet a ouvert d’autres voies. Aujourd’hui, les médias en ligne et les réseaux sociaux permettent à ceux qui veulent parler de contourner les blocages. Mais bon, même là-bas, faut faire attention, parce que si tu déranges trop, on vient te chercher !


    Comment les médias camerounais cherchent les dos pour survivre : Publicité, abonnements et dons

    Les médias au Cameroun, c’est un peu comme un taxi de Douala qui roule sans essence : ça avance, mais ça tremble. Si tu veux faire du journalisme ici, tu dois aussi être un bon commerçant, parce que sans argent, même la vérité ne peut pas voyager loin.

    1. Publicité : La sauce qui coule ailleurs, mais qui est maigre ici
      • Avant, un média pouvait survivre juste avec la publicité. Mais aujourd’hui, c’est le Far West ! Google, Facebook et YouTube ont attrapé presque tout l’argent publicitaire. Du coup, les entreprises locales réfléchissent bien avant de mettre leur argent chez les médias camerounais.
      • Certains journaux et télés essayent d’être malins en proposant des pubs ciblées sur les plateformes locales. Mais avec un marché aussi petit et une économie en zigzag, ce n’est pas gagné.
    2. Abonnements : Paye d’abord, on te donne l’info !
      • Quelques médias tentent une nouvelle approche : faire payer les lecteurs pour du contenu exclusif. Mais soyons sérieux… Qui va payer pour lire un article quand il peut avoir la même info, même tronquée, sur WhatsApp gratuitement ?
      • Les Camerounais ne sont pas encore habitués à payer pour de l’info en ligne. C’est comme demander à un gars du kwatt de payer pour respirer. Donc, ceux qui essayent les abonnements doivent vraiment proposer du lourd pour que les gens acceptent d’ouvrir leurs poches.
    3. Crowdfunding : « Aidez-nous à parler ! »
      • Le crowdfunding (financement participatif) commence aussi à faire son petit chemin. L’idée est simple : les lecteurs cotisent pour aider les médias à rester indépendants. Au Sénégal, ça marche bien avec La Maison des Reporters, mais ici, on n’est pas encore au point.
      • Pourquoi ? Parce que beaucoup de Camerounais ne font pas confiance à ce genre de système. Ils veulent d’abord voir si l’argent qu’ils donnent ne va pas disparaître comme la pluie après une grande saison sèche. Mais si ça prend, ce serait une vraie solution pour les médias qui veulent être libres.

    Les créateurs de contenu : les nouveaux boss de l’info

    Si tu ouvres ton téléphone aujourd’hui, les journalistes classiques ne sont plus les seuls à raconter l’actualité. Désormais, il y a une nouvelle armée sur le terrain : les créateurs de contenu.

    TikTok, Instagram, YouTube… la nouvelle télé des jeunes

    Avant, c’était CRTV ou rien. Aujourd’hui, les jeunes camerounais préfèrent TikTok, Instagram et YouTube. De nombreux jeunes au pays accèdent à la richesse et la gloire grâce à la plateforme TikTok comme Tik Dengue avec 3M d’abonnées, ou Andrew Meye, qui fait du buzz sur Insta, attirent plus de monde que certains journaux.

    Pourquoi ça marche ? Parce que les gens veulent du vrai, du frais, du contenu qui les touche directement. Plus personne ne veut écouter un journal télévisé où on parle en mode « mesdames et messieurs » pendant 10 minutes avant d’entrer dans le sujet. Les créateurs vont droit au but !

    Faire de l’argent en créant du contenu ? Pas si simple !

    Même si ces influenceurs attirent des milliers de vues, la question de l’argent reste compliquée. TikTok, par exemple, ne paie pas encore les créateurs africains comme en Europe ou aux États-Unis. Du coup, ceux qui gagnent de l’argent le font surtout grâce aux pubs, aux sponsors et aux collaborations avec des marques.

    Les médias traditionnels commencent à copier !

    Les journaux et télés voient bien que les créateurs de contenu attirent du monde. Alors, ils commencent à bosser avec eux. Ce n’est pas encore trop développé au Cameroun, mais dans d’autres pays africains, ça cartonne déjà.

    Les influenceurs amènent du punch, de la spontanéité et une connexion directe avec le public. Petit à petit, même les télés classiques devront apprendre à faire le show si elles veulent rester dans le game.


    Alors, on est arrivé au bout du film, et une chose est claire : le game médiatique au Cameroun est en pleine mutation !

    Entre les médias classiques qui essaient de rester dans la sauce, les créateurs de contenu qui chauffent la piste sur YouTube et TikTok, et les réseaux sociaux qui distribuent l’info plus vite qu’un bend-skin pressé, l’avenir de la communication ici ne sera pas un long fleuve tranquille.

    D’un côté, les journalistes marchent sur des œufs. Parler trop fort, c’est risqué. Mais dans un pays où les vérités dérangent souvent, il faut des warriors pour tenir le micro et taper du poing sur la table.

    D’un autre côté, les médias doivent trouver de l’argent pour survivre. Publicité, abonnements, dons… Tout est sur la table, mais rien n’est garanti. Si l’argent ne coule pas, l’info ne passe pas.

    Et puis, il y a les influenceurs, les blogueurs, les créateurs de contenu, ceux qui ont compris que l’info d’aujourd’hui se consomme en vidéo courte, en mèmes et en stories bien senties. Le public veut du concret, du rapide et surtout du vrai. Si tu n’es pas direct, on swipe et on passe au suivant !

    TikTok : Pourquoi le Cameroun veut réguler le réseau social

    Bref, le journalisme au Cameroun, c’est plus un combat qu’un métier. Entre pression politique, course à la survie financière et adaptation au digital, seuls ceux qui sauront s’innover sans se dénaturer vont rester debout.

    Mais au final, le vrai boss, c’est le peuple. C’est lui qui choisit quoi lire, quoi regarder, à qui faire confiance.

    Et maintenant, on fait comment ?

    Mollah, l’avenir est ouvert. Les médias doivent se réinventer, les créateurs de contenu doivent apprendre à bien jouer leur rôle, et le public doit savoir faire la différence entre l’info sérieuse et le pur buzz.

    Une chose est sûre : tant qu’il y aura des Camerounais qui veulent savoir la vérité, il y aura toujours des gens pour la raconter.

    Merci d’avoir suivi jusqu’au bout, en dessous on te met un formulaire en lien avec quelques questions pour tchater un peu sur ce que tu viens de lire, comme ça on va citer ton commentaire dans une vidéo, et surtout, ouvre l’œil et reste éveillé ! L’info, c’est un vrai mbolè : si tu ne danses pas bien, elle te dépasse !🔥

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