Étiquette : Makossa

  • Musique et Son au Cameroun

    Musique et Son au Cameroun

    Depuis depuis, la musique du mboa c’est un vecteur culturel puissant. Elle chauffe le quartier, fait danser les gars et les nga, mais surtout, c’est un njoka entre les générations. Du Bikutsi, qui fait sheck les mamans, au Makossa qui a déjà fini le tableau à l’international, en passant par le Mbolé qui ambiance les jeunes jusqu’au petit matin, la zik camer c’est un vrai boss dans le game.

    Manu Dibango

    Gars, faut pas seulement voir le show, y’a aussi les ways qui fâchent. Ici, les artistes doivent gérer leur nkap comme des vrais warriors. L’industrie, elle est encore dans les situas du manque d’infrastructures, les fay-men qui tchoco mal les artistes, et le système de droits d’auteur qui est en jachère. Pourtant, malgré ces galères, les gars ne baissent pas les bras ! Grâce au streaming et aux collab’ avec des artistes étrangers, les sons du Mboa vont loin.

    Aujourd’hui, nos artistes pètent les scores sur Spotify et YouTube, et même des têtes comme LibiancaSalatiel ou Ko-C se retrouvent dans les charts à l’international.

    On va donc presser ce sujet en profondeur : comment le Makossa, le Bikutsi et le Mbolé ont fait leur kongossa avec le jazz, la rumba et l’Afrobeats pour créer un son unique ? Quels sont les vrais défis du game ? Qui sont les capos qui font rayonner la musique camerounaise des quartiers animés du Mboa jusqu’aux States ? Installe-toi bien, prends appui. Le Ben Sikin qu’on va take là va rouler sur des routes musicales cabossées mon frère, ça va être show comme un bon poulet DG à Bastos.

    1. Origines et Évolution de la Musique Camerounaise
      1. Racines Traditionnelles de la Musique Camerounaise
        1. Les Instruments Ancestraux : L’Identité Musicale des Peuples
          1. Des Percussions : Le Pouls de la Tradition
          2. Des Cordophones : Entre Musique et Récits Épiques
          3. Les Aérophones : La Puissance du Souffle
        2. Les Chants Rituels et Leurs Fonctions : Une Musique Spirituelle et Sociale
          1. Le Chant Mevungu (Fang-Beti) – Initiation Féminine et Mystique
          2. Le Bikutsi Funéraire (Beti) – Deuil et Passage des Âmes
          3. Chants des Piroguiers (Douala) – Travail et Connexion avec les Esprits de l’Eau
          4. Chants Guerriers Bamiléké – Courage et Protection Avant la Bataille
            1. Quelques chants ethniques en synthèse et leur fonction
        3. Les Premiers Styles Musicaux Issus des Traditions Orales
          1. Le Bikutsi : Le Son Qui Refuse de Fatiguer
          2. ​​​​​​​Le Makossa : Quand Douala a Pondu un Son Planétaire
          3. Le Mbolé : La Renaissance d’une Tradition Urbaine
      2. Influence Coloniale et Mutation Musicale
        1. L’Influence des Musiques Européennes et Américaines sur le Paysage Sonore Camerounais
          1. Période Coloniale : Adaptation et Appropriation
          2. Les Années 1920-1950 : Premiers Métissages Musicaux
            1. 🎺 Le Highlife et la Palmwine Music : Influence Ghanéenne et Nigériane
            2. 🎷 Le Jazz et le Blues Américains : Impact des Soldats Alliés
            3. 🥁 L’Ambas-Bey : Une Réponse Camerounaise à la Colonisation
        2. Impact Économique et Culturel des Mutations Musicales
          1. Les Revenus du Game : Qui Mange son DG et Qui est Gueme ?
            1. 📌 Makossa : Un moteur économique du mboa 🎷
            2. 📌 Bikutsi : Le marché local refuse de mourir 🥁
            3. 📌 Le streaming : Nouveau nkap way pour les artistes 🎧
            4. 📌 Concerts et festivals : Quand le Camer est ambiancé, ça chauffe 🔥
        3. Un Levier d’Exportation et d’Influence Culturelle
    2. LA MUSIQUE CAMEROUNAISE AUJOURD’HUI
      1. La Musique Camerounaise : Chacun pour soi?
        1. L’Essor du Digital et des Plateformes de Streaming : Un Nouveau Nkap Way
        2. La Musique : Un Poids Lourd de l’Économie Camerounaise
        3. Les Gros Défis du Game Camerounais
      2. La Musique Camerounaise, Un Game Qui Ne Dort Pas !

    Origines et Évolution de la Musique Camerounaise

    Ça ne date pas d’hier mon ami! La musique au Mboa ça chauffait les villages, ça rythme encore les cérémonies et ça permet même de faire le kongossa avec les ancêtres. Ici, chaque ngoma, chaque balafon, chaque mvett, c’est un bout de mémoire qu’on conserve à jamais.

    Vidéo d’un Tam tam nkul beti en action

    Avec toutes nos tribus, notre pays c’est le DG des cultures, et chaque coin a ses propres vibes. Les tambours à fente chez les Beti, les sonnailles chez les Bamiléké, les flûtes du Grand Nord, c’est tout un processus qui s’est construit sur des siècles. Avec les colons qui sont venus faire ce qu’ils ont fait, il y a eu un mélange culturel. On a vu les guitares, les cuivres et les pianos entrer dans le game. Les gars du mboa n’ont pas dormi, ils ont capté les nouvelles vibes et ont transformé ça en Makossa et Bikutsi populaire, des styles qui ont fini le tableau à l’international.

    Dans cette première partie, on va tirer les racines du son camer, de la tradition jusqu’aux premiers grooves modernes. On va voir comment les anciens ont start le game avec leurs chants rituels et comment la colonisation a inspiré les nouveaux styles. Bref, on t’amène dans un voyage musical où le passé et le présent s’entrelacent comme un bon beat de Mbolé qui ne laisse personne assis. Accroche-toi bien gars! C’est jusqu’au matin qu’on va s’ambiancer !


    Avant que le Mboa n’envoie du lourd sur YouTube et Spotify, la musique c’était d’abord un langage, un truc sacré qui parlait au peuple et aux ancêtres. Que ce soit pour célébrer, guérir ou même régler des palabres, chaque mélodie avait son rôle. C’est cette vibe-là qui a donné naissance aux styles d’aujourd’hui, en gardant toujours ce lien fort entre tradition et modernité.


    Les Instruments Ancestraux : L’Identité Musicale des Peuples

    Avec plus de 250 ethnies, le Camer, c’est le quartier général des instruments qui donnent le vrai show. Chaque kwatta a son propre style, et si tu veux sheck au village, faut respecter le rythme.

    Des Percussions : Le Pouls de la Tradition

    Le Nkul : Chez les Beti et Bamilékés, ce tambour à fente, c’est leur WhatsApp du temps ancien. Les gars tapaient des messages codés qui passaient de village en village. Qui peut faire ça avec un iPhone ?!

    Le Balafon : C’est le piano du terroir ! Chez les Bamilékés et les Grassfields, il résonne dans les mariages, les funérailles, et même dans les réunions du chef. Un bon joueur de balafon, c’est un gars lourd.

    Les sonnailles bamilékés : Les danseurs attachent ça aux pieds pour donner un groove naturel à chaque pas. Quand ils sheck avec ça, c’est trop tchoco !

    Des Cordophones : Entre Musique et Récits Épiques

    Le Mvett : C’est un lifestyle ! Chez les Beti, seuls les vrais mbom-mvett peuvent jouer ça et captiver un public avec des récits épiques.

    La harpe Bwiti : Chez les Fang, elle se joue dans les cérémonies où les gars entrent en trance et se connectent avec l’au-delà. Faut pas tester hein !

    Les Aérophones : La Puissance du Souffle

    Le Kakaki : Trompette royale du Nord Cameroun. Quand ça sonne, même le plus nerveux des gars sait que le chef arrive.

    Les flûtes des Bali : Elles appellent les esprits des ancêtres pendant les funérailles. Ici, on ne fait pas le njoh avec les traditions !


    Les Chants Rituels et Leurs Fonctions : Une Musique Spirituelle et Sociale

    Je wanda ! Tu crois que la musique c’est juste pour bringuer et sheck au kwatta ? Faux gars ! Ici, elle a un rôle bien précis, que ce soit pour appeler les ancêtres, guider les âmes ou motiver les guerriers avant la bataille. Dans les villages du Mboa, la musique est un moyen pour transmettre la culture et assurer la connexion entre le monde visible et l’invisible. Voici quatre chants rituels qui montrent bien comment la musique est ancrée dans les traditions camerounaises.


    Le Chant Mevungu (Fang-Beti) – Initiation Féminine et Mystique

    Rituel réservé aux femmes pour renforcer leur pouvoir spirituel et leur lien avec les ancêtres.

    Ce chant mystique est utilisé dans le rite du Mevungu, une cérémonie initiatique secrète chez les Fang et les Beti. Seules les femmes mariées peuvent participer à ce rituel, qui pouvait être demandé par les hommes quand les temps étaient durs dehors…

    Le Mevungu utilise des répétitions vocales hypnotiques et des percussions discrètes pour plonger les participantes dans un état de transe. Ce chant agit comme un canal entre les initiées et les esprits des ancêtres, leur transmettant protection et sagesse.

    Le rite associé au chant? Déjà qu’il est mystique et peu documenté, on dirait qu’il a sombré dans l’oubli; le « mevul : toison pubienne de la femme« , était semble-t-il arraché de force. Les ways que les missionnaires n’ont pas compris et supprimé.


    Le Bikutsi Funéraire (Beti) – Deuil et Passage des Âmes

    Chants de lamentation et de libération spirituelle lors des funérailles.

    Avant de devenir un son qui chauffe les boogies, le Bikutsi était un chant funéraire exécuté par les femmes Beti pour accompagner le départ d’un défunt. À la base, ces chants étaient rythmés par des percussions frappées directement sur le sol (d’où le nom « Bikutsi » qui signifie « frapper la terre »). Les paroles, souvent improvisées, exprimaient la douleur du deuil et servaient à envoyer des messages au défunt pour lui assurer un passage en paix vers l’au-delà.

    Les hommes ont take le way là aux femmes à un moment, le style était là même pour accompagner l’indépendance donc depuis la fin du 20è siècle il est en place dans toute la société.

    Mais depuis les années 90, il y a des nga là ont tué le game et repris le flambeau. Maintenant le sujet principal c’est les déboires et les problèmes conjugaux qu’on entend seulement à travers le style. Si elles ont quelque chose à se dire entre femmes, c’est là que le message passe ! Donc écoutez bien messieurs…

    Le Bikutsi a les appuis solides au Mboa, et son énergie a évolué. Si à l’origine il était un chant de lamentation, aujourd’hui, il est devenu un style festif mais aussi d’expression, qui garde ses bases percussives et son intensité émotionnelle.


    Chants des Piroguiers (Douala) – Travail et Connexion avec les Esprits de l’Eau

    Rythmer le travail des pêcheurs et invoquer la protection des divinités aquatiques.

    Le chant matinal des piroguiers. Sur le fleuve Wouri ( Douala ): https://www.facebook.com/share/r/1CEX2NXcyz

    Sur les côtes de Douala et Kribi, les pêcheurs chantent des mélodies entraînantes pour coordonner leurs efforts lorsqu’ils rament. Ces chants, appelés « Mouankum », ne sont pas juste un way pour passer le temps : ils sont censés apaiser les esprits de l’eau et garantir une pêche abondante.

    Le rythme des chants correspondrait aux coups de rame, créant une synergie entre les pêcheurs. En plus de renforcer la cohésion du groupe, ces mélodies ont une portée spirituelle, car elles s’adressent aux ancêtres et aux divinités marines.


    Chants Guerriers Bamiléké – Courage et Protection Avant la Bataille

    Booster le moral des guerriers avant une bataille et invoquer la force des ancêtres.

    Chez les Bamiléké, avant qu’un guerrier n’entre en combat, il devait passer par une cérémonie où les anciens exécutaient des chants de guerre. Ces chants étaient accompagnés de tambours royaux et de cloches métalliques, destinés à intimider l’ennemi et à donner du courage aux combattants.

    Les rythmes intenses et saccadés des tambours créaient une montée d’adrénaline chez les guerriers, leur donnant un mental d’acier avant d’affronter l’adversaire. Ces chants ne servaient pas seulement à motiver, mais aussi à invoquer les esprits protecteurs de la chefferie.


    Quelques chants ethniques en synthèse et leur fonction

    Les Premiers Styles Musicaux Issus des Traditions Orales

    Avant que les gros labels ne captent que l’Afrique avait un groove, le Camer avait déjà ses propres vibes béton. Du Makossa qui a traversé les océans, au Bikutsi qui refuse de vieillir, en passant par le Mbolé qui ambiance les kwattas et le Bend Skin qui fait vibrer l’Ouest, chaque coin du pays a son propre son, taillé sur mesure pour faire bouger les foules.

    Donc même si je suis fan de Ben Skin, ici on va plutôt talk de trois monstres sacrés du game : le Makossa, le Bikutsi et le Mbolé. Trois styles, trois énergies, trois histoires qui montrent comment le Camer a toujours eu une longueur d’avance sur la scène musicale africaine.


    Le Bikutsi : Le Son Qui Refuse de Fatiguer

    Mola, avant que le Bikutsi ne devienne la machine à ambiancer les boîtes et les mariages, c’était d’abord les femmes Beti qui trouvaient là un moyen de s’exprimer dans une société où elles n’avaient pas la parole.

    Après les travaux champêtres ou en rentrant du marché, elles se regroupaient et faisaient leur kongossa avec. Pas d’instruments compliqués, tu prends même la babouche pour taper le poteau avec c’est bon. C’était leur manière de parler quand la société patriarcale leur disait de fermer leurs bouches.

    Petit à petit, ce chant de résistance se structure. Il adopte son rythme en 6/8, avec des percussions lourdes et des chœurs hypnotiques. Mais c’est dans les années 60-70 que le Bikutsi commence à entrer dans une nouvelle dimension. Un gars du game, Messi Martin, arrive avec une dinguerie : la guitare balafon. Il met du papier entre les cordes pour imiter le son du xylophone, et bim, le Bikutsi prend une nouvelle couleur. Il quitte les villages et les rituels pour s’inviter dans les cabarets et sur les radios.

    Mais l’explosion arrive dans les années 80, quand des warriors comme Les Têtes Brûlées débarquent. Jean-Marie Ahanda et Zanzibar changent tout ! Exit le balafon, place aux guitares électriques saturées, aux lignes de basse qui cognent et aux shows de fou. Avec leurs corps peints et leurs performances ultra-énergiques, ils donnent au Bikutsi un look de punk africain et l’emmènent en Europe. Le son devient plus brutal, plus rebelle, c’est le rock mon frère!

    Dans les années 90 et 2000, le game change encore. Les femmes, qui avaient lancé le mouvement à la base, reviennent en force et prennent le contrôle du Bikutsi moderne. K-Tino, la femme du peuple, choque tout le monde avec des textes crus, provocateurs, sans filtre. Pas de tabous, elle balance tout ce que les autres n’osent pas dire et que les maris ne veulent pas que les femmes sachent. Derrière elle, des reines comme Lady PonceMani BellaCoco Argentée modernisent le Bikutsi, l’emmènent dans les boîtes de nuit, et le mettent dans les playlists des jeunes générations.

    Même en 2024, le Bikutsi était toujours là, il sera là en 2025 et chaque année qui va suivre. Des artistes comme Josco l’Inquiéteur et Happy d’Efoulan ramènent le genre aux sources, pendant que d’autres fusionnent avec des sons plus modernes. L’Afro-Bikutsi mélange le Bikutsi avec du Coupé-Décalé, de l’Afrobeats et des sons urbains. Ah gars!

    Mais une chose est sûre : tant qu’il y aura des basses qui cognent et des percussions qui tapent le sol, le Bikutsi restera une force. Ce son, c’est pas juste un style, c’est une culture, une identité, une énergie qui va encore ambiancer le game pendant longtemps.


    ​​​​​​​Le Makossa : Quand Douala a Pondu un Son Planétaire

    Wanda fut! Si on parle de musique au Came&Run sans talk du Makossa c’est que vraiment on a rien dit n’est ce pas? Ce son, c’est l’un des plus gros phénomènes musicaux du Mboa, un mélange de vibes Sawa et de saveurs importées qui a fini par secouer le monde entier.

    Le Makossa commence son périple dans les années 1950 du côté de Douala, la ville où tout se passe ! Avec son port et ses influences venues d’ailleurs, le son local a pris des couleurs en mixant les rythmes traditionnels Sawa comme l’Ambass-Bey et l’Assiko avec des sonorités du high-life ghanéen, de la rumba congolaise, du merengue dominicain et des musiques afro-cubaines. Bref, une pure sauce épicée qui sentait déjà l’international.

    Le mot « Makossa », tiré de « Kossa » qui veut dire « danse » en Duala, aurait été lâché en plein show par Nelle Eyoum dans les années 50. Et dès que le public a goûté au rythme, c’était déjà acté : ce son allait ambiancer le Cameroun pour de bon. Eboa LotinDikoto Mandengue et Emmanuel Nelle Eyoum ont alors posé les premières bases solides, avec des basses lourdes et des rythmiques syncopées qui forcent le corps à suivre.

    Dans les années 60 et 70, le Makossa prend d’assaut les cabarets de Douala et commence à se frayer un chemin au-delà du pays grâce à des artistes comme Ekambi BrillantPierre Didy Tchakounté et Jo Tongo.

    Mais c’est en 1972 que tout bascule : Manu Dibango drop « Soul Makossa » et le monde entier se met à bouger sur le son. Paris, Bruxelles, les États-Unis : partout où il y a un Camer, y’a du Makossa qui tourne. À la radio, des stations comme RFI et Radio Nova le diffusent à fond, et le style commence même à influencer la World Music. À New York, les DJs américains kiffent tellement qu’ils le passent en boucle, inspirant même le King de la pop en 1983, Michael Jackson dans « Wanna Be Startin’ Somethin’ » et plus tard Rihanna avec « Don’t Stop The Music ».

    Les années 80 et 90, c’est donc une consécration pour ce style. Le Makossa s’enrichit avec des variantes comme le Funky Makossa, le Makossa Pop et le Jazz Makossa. À cette époque, les boss du game forment ce qu’on appelle « l’équipe nationale du Makossa », avec des légendes comme Ben DeccaNdedi EyangoDina BellGuy Lobé et Sam Fan Thomas. Partout dans les bals, les mariages et les fêtes, c’était Makossa ou Makossa !

    Et ce n’est pas que dans la zik que le Makossa impose son swag : les chaussures « Ekambi » et les casquettes « Dina Bell » deviennent des symboles, et des marques comme Toyota utilisent le Makossa dans leurs pubs.

    Mais qui dit succès dit aussi embrouilles… Des artistes internationaux comme Shakira ont pioché dans le répertoire Makossa sans forcément rendre hommage aux originaux, comme avec « Waka Waka » qui s’inspire d’un vieux tube camer du groupe Zangalewa : Waka waka. Avancez à 7:30 et vous allez voir qu’elle a juste copié sans se prendre là tête.

    Ça a créé des tensions sur la reconnaissance et la rémunération des artistes camerounais, qui se battent encore pour que leur héritage soit respecté.

    Même si aujourd’hui des genres comme l’Afrobeats et le Mbolé prennent de la place, le Makossa c’est l’enfant de la patrie. Des artistes comme Richard BonaPetit-PaysMoni Bilé et Charlotte Mbango ont maintenu la flamme allumée, en mixant les vibes classiques avec des touches modernes. Ces sons durent et leur influence continue de se faire sentir sur la scène africaine et internationale.


    Le Mbolé : La Renaissance d’une Tradition Urbaine

    Le Mbolé, c’est pas juste un son de plus dans le game musical camer. C’est un mouvement, un état d’esprit, un way de vie qui a commencé dans les ambiances funèbres des quartiers de Yaoundé avant de secouer tout le pays. Parti de là où les gars improvisaient sur les casseroles et les bancs, il ambiance maintenant les plus gros spots du Mboa et même les showcases en Europe.

    Né au début des années 2000 du côté de NkoldongoMvog-AdaEssos, le Mbolé était d’abord un son du peuple, une zik faite avec les moyens du bord comme souvent. On tapait dans les mains, sur les marmites, les seaux, et les bancs en bois pour donner le tempo. C’était la zik des kwattas, celle qui parlait de la galère, des embrouilles du ghetto, mais aussi des petites joies du quotidien.

    Les premiers soldats du Mbolé, comme Aristide Mpacko et Phil Massinga, ont posé les bases, mais c’est DJ Lexus le Monstre qui a mis le feu en studio en 2010 avec le titre « Ekondock », premier vrai morceau enregistré. La vraie explosion est arrivée en 2016 avec « Dans mon Kwatta » de Petit Malo, un hit qui a fait passer le Mbolé du rang de musique de veillée à celui de son national.

    Aujourd’hui, des artistes comme Happy d’Efoulan qu’on a déjà cité, Petit BozardCrazy Mix et Menace Toxic ont hissé le Mbolé à un autre niveau, en y ajoutant du djembé, du piano et même des vibes afrobeat. Ce son de la street a tellement pris de la force qu’il a même inspiré des variantes comme le Mbolé-Gospel et le Mbolé-Street.

    Si tu regardes bien, le Mbolé et le Rap ont des histoires qui se ressemblent :

    • 👉 Les deux viennent de la rue, nés du besoin de s’exprimer dans un monde qui regarde souvent de haut les gars des quartiers.
    • 👉 Ils ont commencé dans les coins chauds, loin des gros studios, avec des moyens de débrouillard. Le Rap est parti des battles de rue aux États-Unis, le Mbolé est né dans les veillées funèbres des quartiers de Yaoundé.
    • 👉 Les deux ont d’abord été stigmatisés : au début, on disait que le Rap, c’était la musique des voyous, pareil pour le Mbolé qui a été traité de “son de bandits” avant d’être accepté partout.
    • 👉 Ils racontent la réalité du terrain : pauvreté, débrouillardise, injustice, mais aussi espoir et résilience.

    Et comme le Rap qui a fini par conquérir le monde, le Mbolé est en train de poser ses jalons sur la scène internationale pour faire la même chose. Les artistes partent déjà en tournée en Europe et aux Émirats, des labels s’y intéressent, et la télé diffuse maintenant le Mbolé à fond.

    Aujourd’hui, aucune radio ou télé camer ne boude ce son, et même Trace Mboa diffuse cette vibe dans plusieurs pays. On le danse partout, des mariages aux festivals, en passant par les bleds et les grandes villes. Les gars sont dans les high level !

    Mais ce qui est sûr, c’est que le Mbolé est plus qu’un simple style de musique : c’est une identité, une fierté, un cri de la jeunesse camerounaise.


    C’est même quoi avec toi? Faut pas croire que la musique du mboa est sortie de nulle part hein! Avant que les gars commencent à sheck le Bikutsi et à piff le Makossa en boîte, y’a eu des influences de partout. Les colons, les soldats, même les marins, tous ont laissé leur piment dans notre son. Mais comme on dit, le Camer ne subit pas, il gère ! On a pris les vibes des white, on a mélangé ça avec nos ngomas et BOUM ! Ça a donné des classiques qui ambiancent même les States aujourd’hui.


    L’Influence des Musiques Européennes et Américaines sur le Paysage Sonore Camerounais

    Période Coloniale : Adaptation et Appropriation

    Quand les Allemands, puis les Français et les Anglais sont arrivés au Camer, ils pensaient qu’ils allaient juste nous imposer leurs pianos et leurs chants d’église. Mais les gars du pays ont vite capté le way et ont commencé à lober le système.

    Les instruments occidentaux sont entrés dans le game : Accordéons, orgues, guitares, violons… ça a commencé petit à petit à remplacer nos tambours et balafons dans certaines cérémonies sans pour autant bousculer les traditions qui étaient toujours en place.

    Les chants religieux ont changé la manière de composer : Les pères missionnaires sont venus avec leur solfège et ont imposé ça dans les écoles. Ça a donné des vibes plus structurées aux sons camerounais.

    L’hymne national camerounais est un bon exemple de cet héritage : Composé en 1928 par des élèves à Foulassi sous la direction d’un pasteur canadien, c’était la première fois que des Camerounais utilisaient un format musical européen pour représenter leur pays.


    Les Années 1920-1950 : Premiers Métissages Musicaux

    C’est là que les choses ont commencé à bouger sérieusement. Avec la radio qui commençait à diffuser des sons étrangers et les soldats alliés qui débarquaient, la musique camerounaise a commencé à charger.

    🎺 Le Highlife et la Palmwine Music : Influence Ghanéenne et Nigériane

    Les marins krou et ouvriers ghanéens ont ramené la Palmwine Music, et c’est pas le vin de palme môf mi dé! C’est un genre où les guitares acoustiques se mélangeaient avec des rythmes africains. Il aurait inspiré des sonorités aussi différentes que la rumba congolaise ou notre cher Makossa national.

    Le Highlife, qui venait du Ghana et du Nigeria, a chauffé le Cameroun, et les musiciens locaux ont commencé à mixer ça avec leurs propres sons.


    🎷 Le Jazz et le Blues Américains : Impact des Soldats Alliés

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, les soldats américains ont amené le jazz et le blues avec eux. C’était l’époque où les gars découvraient les saxos, les cuivres et les harmonies complexes.

    Eboa Lotin, un des premiers à capter la vibe, il a combiné ce style avec des mélodies locales pour donner un son unique.

    Eboa Lotin

    La radio commençait à diffuser du jazz, et les musiciens du Camer ont commencé à l’intégrer dans leurs morceaux.


    🥁 L’Ambas-Bey : Une Réponse Camerounaise à la Colonisation

    Pendant que les colons allemands se croyaient trop fort en danse, les Yabassi les ont fini en musique. Ça a donné l’Ambas-Bey, un style qui se moquait des danses européennes en ajoutant des percussions improvisées.

    Sallè John a été le premier à mettre ça sur le devant de la scène dans les années 60. Il est devenu tellement chaud qu’on l’a appelé le Roi de l’Ambas-Bey. Il est encore dans le game…


    Impact Économique et Culturel des Mutations Musicales

    Entre les nkaps ramassés en concerts live, les artistes qui mettent le feu sur les scènes internationales, et les applis de streaming qui ont retourné la table, on est dans un game où seuls les plus affûtés tiennent la route. Mais hein, faut pas seulement voir les spotlights : les galères sont là aussi. Les artistes veulent juste leur DG clean, mais les fay-men du circuit les embrouillent avec des contrats déjà gâtés, des trucs où tu signes et tu pleures après.

    Quand tu regardes bien, le biz de la zik camer est en train de prendre un vrai virage. Avant, c’était les gars du kwatta qui chantaient pour ambiancer les anniversaires et les fêtes de quartier, et si ça sortait un peu du 237, c’était déjà la gloire. Aujourd’hui, même avec la piraterie qui saigne le game à plus de 5 milliards de FCFA par an, le secteur pèse lourd : des centaines de milliers de copies légales sortent chaque année dans la sous-région, et l’ambition ne fait que monter.

    Bon, on n’a pas encore nos Davido ou nos Black Coffee, mais les gars catchent leur destin doucement. Même si à peine 36 % des artistes disent être vraiment satisfaits de ce qu’ils gagnent, et que plus de la moitié bossent dans l’informel, y’a une vibe qui monte. Le Camer ne dort plus — il se chauffe, il compose, il push, et un jour ou l’autre, c’est nous qu’on va doser le continent.


    Les Revenus du Game : Qui Mange son DG et Qui est Gueme ?

    📌 Makossa : Un moteur économique du mboa 🎷

    Dans les années 80-2000, le Makossa a mis le Camer sur la map. Petit-Pays, Claudia Dikosso, Ben Decca et Manu Dibango ont sorti des hits qui ont tourné partout en Afrique, en Europe et même aux States. Résultat ? Plus de 2 millions d’euros de revenus estimé grâce aux ventes de disques, aux droits d’auteur et aux concerts. Aujourd’hui encore, des anciens classiques continuent de faire rentrer du nkap avec les redevances et les samples. Mais c’est chap de trouver des données sur n’importe quoi au pays donc on va dire que les dos rentrent toujours…


    📌 Bikutsi : Le marché local refuse de mourir 🥁

    Dans les années 90, les gens écoutaient ça à fond avec des artistes comme K-Tino et Les Têtes Brûlées. Mais comme les gars n’avaient pas de structure pour gérer les droits d’auteur, les artistes n’ont pas vraiment mangé leur DG. Même aujourd’hui, le Bikutsi reste chaud, mais son business ne suit pas toujours.


    📌 Le streaming : Nouveau nkap way pour les artistes 🎧

    Les choses ont vraiment changé hein. Avant, fallait tchop les CDs, marcher dans les kwattas pour vendre disque après disque. Aujourd’hui ? C’est fini ça. Le nkap passe maintenant par Spotify, Apple Music, YouTube et leurs collègues. Le vrai concert, c’est dans les écoutes, les vues, les streams. C’est ça qui classe les artistes maintenant. Si tu buzz pas en ligne, tu restes au quartier.

    Tu prends une go comme Libianca avec « People« , elle a cassé les scores, plusieurs millions de streams rien que sur Spotify. Les gars comme Stanley Enow, Kocee, Charlotte Dipanda, même Complex avec son dernier son « Ma Voix », ils ont bien compris le game. Ils sont là où les fans sont : en ligne, sur leurs téléphones.

    💰 Mais combien un artiste peut vraiment prendre avec les streams ? C’est là où les choses deviennent techniques. Toutes les plateformes ne payent pas pareil. Voici ce que ça donne :

    PlateformePaiement par écoute (€)Paiement par écoute (FCFA)Écoutes pour 2 000 € / mois
    Napster0,017 €~11,160 FCFA~117 647
    Apple Music0,0069 €~4,533 FCFA~289 855
    Deezer0,0055 €~3,610 FCFA~363 636
    Spotify0,0039 €~2,556 FCFA~512 820
    YouTube0,00069 €~0,452 FCFA~2 898 550

    Tu vois le délire ? Pour toucher 2 000 euros (environ 1,3 million FCFA) par mois, un artiste camerounais a besoin de plus d’un demi-million de streams sur Spotify, ou presque 3 millions sur YouTube. Et ça, chaque mois.

    Maintenant, imaginons un artiste moyen qui arrive à faire 100 000 écoutes par mois (toutes plateformes confondues, ce qui est déjà très bon au Camer). On prend une moyenne de 3 FCFA par écoute, ce qui est réaliste vu que YouTube paie moins, Napster paie plus, et les autres tournent entre les deux.

    Calcul simple :
    100 000 écoutes × 3 FCFA = 300 000 FCFA/mois

    ➡️ Ça donne 3,6 millions FCFA par an rien que sur le streaming.

    Mais attention :

    • Ce montant est brut (à partager entre maison de prod, éditeur, plateforme, impôts…)
    • Tous les artistes ne font pas 100 000 écoutes/mois
    • Et le Cameroun souffre encore de piraterie, de non-paiement des droits d’auteur, et du faible taux de monétisation locale

    Le streaming c’est pas encore l’eldorado, mais c’est le présent et le futur du game. Et si tu gères bien ton image, ta fan base, et que tu restes constant dans les releases, ton couloir est dégagé pour tchop les dos mal mauvais.


    📌 Concerts et festivals : Quand le Camer est ambiancé, ça chauffe 🔥

    Tu veux parler de zik sans parler de concerts ? Je wanda sévère sur toi. Le Camer, quand ça ambiance, c’est pas pour rien. Chaque bon show, chaque festival, c’est un vrai booster d’économie locale : les gars des taxis gonflent leurs recettes, les vendeurs de damé font leurs plus gros chiffres, les hôtels affichent complet, même les panthères de la nuit reçoivent leur part. Bref, quand un événement secoue une ville, tout le monde tchop le nkap.

    Prenons juste 6 gros rendez-vous musicaux de 2025 :

    • Cysoul le 12 avril au Palais des Congrès de Yaoundé
    • Ben Decca le 4 mai à l’Olympia de Paris
    • Petit-Pays le 17 mai au Palais des Sports de Yaoundé
    • Lydol le 23 mai (Palais des Congrès)
    • Sandrine Nnanga le 9 mai à Paris
    • Vanister le 12 juillet au Palais des Sports

    ➡️ En moyenne, un concert de cette envergure au Camer peut drainer entre 2 000 et 6 000 spectateurs selon la salle. Avec des tickets variant entre 5 000 F et 25 000 F, certains shows comme celui de Petit-Pays ou de Lydol peuvent générer entre 20 et 100 millions de FCFA de billetterie brute, hors sponsoring et ventes annexes (boissons, produits dérivés, stands).

    Compare ça à des artistes comme Niska en décembre 2024 à Yaoundé :

    • Standard : 10 000 F
    • VVIP : 100 000 F

    ➡️ Avec un Palais des Sports plein (environ 5 000 places), on frôle facilement les 150 à 200 millions de recette brute pour un seul concert.

    Mais voilà où ça coince :

    • Les artistes camerounais, même les plus solides, n’ont pas encore les mêmes moyens logistiques.
    • Les sponsors locaux sont timides.
    • L’absence de politique culturelle sérieuse freine l’industrialisation du spectacle vivant.
    • Et surtout, le marché informel bouffe une grosse partie des gains (entrées non contrôlées, tickets vendus sans reçu, cachets non déclarés).

    Pourtant, le potentiel est là, et il est massif. Si on professionnalise mieux l’organisation, la billetterie, la com’, la technique et la gestion des droits, les concerts au Camer pourraient devenir des machines économiques à part entière.

    Regarde les festivals comme DOMAF ou FOMARIC :

    • Ça ramène des milliers de personnes
    • Ça booste les hôtels, bars, petits commerces, et même les applis de livraison
    • C’est un levier de soft power culturel pour faire briller le 237 dehors

    Un Levier d’Exportation et d’Influence Culturelle

    On monte on descend, le Camer fait parler de lui sur la scène musicale mondiale. Les artistes d’ici ne nang pas ! Ils ont bûché le way pour amener leur son à l’international et nack les charts.

    📌 Manu Dibango et la percée mondiale de « Soul Makossa ». En 1972, il a fait ce que personne n’avait fait avant lui : il a mis un son camer sur le Billboard américain. Collabs avec les bosses du jazz : Herbie Hancock, Fela Kuti, Quincy Jones… Vente de plus de 500 000 copies aux États-Unis. Grammy Award pour toute sa carrière en 2010. Et devine quoi ? Chaque fois que ces stars utilisent le refrain légendaire « Mama-say mama-sa mama-ma-ko-sa », ça fait entrer du nkap dans les poches du mboa !

    📌 Les collabs internationales qui donnent du lourd : Les artistes camerounais savent gérer leurs connexions.

    Richard Bona, ce gars-là, c’est pas un musicien, c’est un alien ! Il a pris la basse, il l’a regardée et il a décidé que personne ne ferait ça mieux que lui au Continent. Il a quitté le Camer, il a long en France puis aux States, et maintenant il collabore lui aussi avec les plus gros noms du jazz mondial. Nominé aux Grammy Awards avec son album Tiki, il a joué sur plus de 200 albums internationaux. Son mix de Makossa, Jazz et Afrobeat dose partout !

    Charlotte Dipanda : Sa voix, c’est le mix parfait entre le Makossa, la folk et le R&B. Elle a mis tout le monde d’accord avec son album Mispa, 50M+ de vues sur YouTube, elle n’est pas là pour blaguer ! Elle a collab avec Papa Wemba, Lokua Kanza et Yemi Alade. Elle est aussi la lauréate du Canal 2’Or de la Meilleure Artiste Féminine Camerounaise.

    📌 Le Cameroun dans la pop culture mondiale : Tu savais que des sons du Camer ont été repris par des stars mondiales ? « Zangalewa » des Golden Sounds (1986) est devenu « Waka Waka » de Shakira en 2010 pour la Coupe du Monde. « Hot Koki » d’André-Marie Tala a été samplé par James Brown en 1980. En 2015, Blick Bassy a vu son titre « Kiki » utilisé dans une pub Apple iPhone 6. Ça fait rentrer du nkap et ça met la musique camerounaise encore plus haut.


    LA MUSIQUE CAMEROUNAISE AUJOURD’HUI

    Entre les vibes ancestrales et les new vibes en Afrobeats et Hip-hop 237, les artistes ont capté que le game doit ambiancer et ramener du nkap.

    Mais bon, faut pas dormir sur les défis du game car ils sont nombreux.


    Massa on a vu une évolution marquante de la musique au Continent. Pourtant, le secteur est encore dans les sissongos. Les Fay-Man njotent les artistes sur les droits d’auteur, le streaming paye, mais n’est pas encore bien organisé. La mentalité du pays incite au piratage et le sponsoring est encore en mode décalage horaire, donc il y a du taf (en témoigne la dissolution de Universal Music Africa au Cameroun).

    Industrie musicale : Universal Music France dissout sa filiale au Cameroun

    L’Essor du Digital et des Plateformes de Streaming : Un Nouveau Nkap Way

    Les temps où il fallait attendre fatigué pour acheter un CD sont révolus. Maintenant, le streaming est la clé ! Les plateformes comme Spotify, Apple Music et Deezer sont devenues des monnaies sûres, mais le problème, c’est que les géants étrangers mangent tout le DG pendant que les artistes locaux chopent juste les miettes.

    Une alternative locale ? Colorfol, une start-up basée à Douala, a capté le filon et propose une plateforme 100% afro. Leur appli, téléchargée plus de 5000 fois, gère le nkap avec un abonnement à 0,2€ la journée. En plus, ils ont une billetterie en ligne pour les showcases et concerts.

    Mais y a des blocages sérieux ! Internet coûte trop cher : Seul 34,2% des Camerounais sont connectés, donc le streaming reste encore un luxe. La piraterie fait le show : 90% des CD et fichiers mp3 qui circulent au Cameroun, c’est du njoh. Les paiements digitaux sont encore limités : Tout le monde n’a pas la possibilité de payer en ligne.

    Solution ? Un vrai deal entre les plateformes locales et les opérateurs mobiles comme au Nigeria ou en Afrique du Sud pourrait booster le game. Imagine un forfait spécial où tu mimbo le streaming sans consommer ton forfait principal…

    Colorfol App

    La Musique : Un Poids Lourd de l’Économie Camerounaise

    Selon le Ministère des Arts et de la Culture, elle représente 3,5% du PIB culturel. C’est moins que le Nigeria (5,7%) ou l’Afrique du Sud (7,6%), mais le mouvement est lancé.

    Au Camer, les artistes galèrent encore pour choper des sponsors sérieux. Contrairement au Nigeria où MTN et Glo arrosent les artistes et les events, ici c’est encore timide. Pourtant, des gars comme Ko-CTenor et Magasco ont réussi à capter quelques deals solides. (Ko-C avec Itel ou Tenor avec Hennessy), mais ces cas restent isolés et peu structurés.

    Pourquoi ça coince encore au Camer ?

    Seulement 35 % des acteurs de la musique sont affiliés à une société de gestion de droits d’auteur (comme la SONACAM), donc peu peuvent justifier de revenus réguliers ou sécurisés.

    Plus de 54 % des opérateurs travaillent dans l’informel, ce qui rend tout suivi comptable, juridique ou contractuel quasi impossible

    À peine 26 % reçoivent des subventions publiques ou privées, faute de structures ou de dossiers solides

    Résultat : les sponsors fuient, ou alors n’investissent que sur des coups de cœur non suivis (un concert, un buzz, une affiche).


    Les Gros Défis du Game Camerounais

    Malgré tout, y’a encore des combats à gérer avant que la musique camerounaise explose vraiment sur la scène mondiale.

    Les gros cailloux sur la route :

    Le manque de studios de qualité : Moins de 5 studios internationaux au pays, donc les artistes doivent fly pour enregistrer ailleurs.

    Les Fay-Man dans les droits d’auteur : 70% des nkap qui devraient revenir aux artistes se perdent quelque part.

    L’exportation des talents reste compliquée : Contrairement aux Nigérians qui cassent tout partout, les artistes camerounais ont encore du mal à s’imposer hors du pays.

    Les solutions pour pimenter le game :

    Le digital doit être mieux exploité : Plus de deals avec les opérateurs mobiles pour que le streaming soit plus accessible.

    Créer des collabs solides avec d’autres marchés : Nigeria, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud… Le Camer doit rentrer dans la danse !

    Former et structurer l’industrie : Des événements comme le Yaoundé Music Expo (Yamex) jouent déjà ce rôle en aidant les artistes et producteurs à comprendre le business.


    Massa, si t’as suivi tout le way depuis le commencement, tu as capté que la musique du mboa, c’est pas du n’importe quoi ! Y a de l’argent à se faire, dans les kwata, les salles de concert ou en streaming. Mais il sert aussi à nourrir des familles et vendre l’image du Camer à l’international. Du Makossa qui a wanda le monde au Bikutsi qui refuse de tomber dans le fatigué, en passant par le Mbolé qui chauffe les rues de Yaoundé, la musique camerounaise est un classique de chez classique.

    Mais gars, faut pas se voiler la face, hein ! Y’a encore des bastos à esquiver : les chefs bandits qui njotent les artistes, le manque de studios de qualité, le piratage, le streaming qui doit encore bien se structurer, et les sponsors qui sont encore en train de dormir sur le game. Pourtant, ceux qui captent le tempo savent que l’avenir est digital.

    Et puis, on ne va pas mentir, les talents sont là ! Que ce soit des anciens comme Manu Dibango, Petit-Pays, Grace Decca ou des jeunes qui montent comme Libianca, Tenor et Rinyu, le Camer a des soldats prêts à sheck le game mondial. Aujourd’hui, les artistes mangent leur DG sur les plateformes de streaming, et les festivals attirent les foules.

    Donc, gars, le message est clair : la musique camerounaise est en pleine évolution, elle va péter encore plus haut si les artistes, les producteurs et les sponsors se mettent en mode action. En attendant, soutiens les frangins, les tantines et les pères du game en écoutant leur musique légalement, si tu peux acheter, achètes. N’attends pas que les choses se mettent en place pour toi.

    Bon, viens juste répondre à ce questionnaire pour donner ton avis sur l’article et après je te libère… https://forms.gle/e8rhdGihZLcNV41P6

    On s’attrape !

  • Histoire et Patrimoine du Cameroun

    Histoire et Patrimoine du Cameroun

    Nos Ancêtres N’ont pas blagué avec l’Héritage !

    Le Cameroun, c’est un pays où chaque pierre, chaque forêt et chaque village ont une histoire à raconter. Depuis le temps où nos arrière-grands-pères foulaient cette terre rouge, jusqu’aux grandes chefferies d’aujourd’hui, découvrons notre héritage, un mélange puissant de traditions, de batailles et de transmissions.

    D’après les experts, les premières traces humaines ici remontent à des millénaires. Bien avant les Européens avec leurs bateaux et leurs accords bizarres, nos ancêtres avaient déjà construit des royaumes solides, avec des chefs qui réglaient les affaires sérieusement. C’étaient pas des blagues, hein ! Chaque groupe avait ses propres règles, ses rituels, son art de vivre.

    L’ADN d’un mystérieux peuple inconnu découvert au Cameroun : Le site de Shum Laka pourrait révéler de nouveaux secrets sur l’histoire de l’évolution de l’homme. 

    Aujourd’hui, cet héritage vit encore dans nos monuments, nos chants, nos danses et même nos expressions du quotidien. C’est pas juste une affaire de musée, c’est notre identité ! Un Camerounais qui ne connaît pas son histoire, ça ne devrait pas exister ! Alors, prêt à découvrir tout ce qui fait notre richesse ?

    1. D’où Venons-Nous ? Nos Ancêtres Avaient Déjà Tout Calculé !
      1. Les Vieux Avaient Déjà Tout Mis en Place : Vestiges et Royaumes d’Autrefois
        1. On Était Là Depuis, Hein ! Les Premiers Habitants et Leurs Traces
        2. Les Royaumes d’Avant : Ça Fonctionnait Comme Une Machine Huilée !
      2. Quand les Mbom d’Ailleurs Ont Débarqué : Colonisation et Bagarre pour l’Indépendance
        1. Les Premiers Blancs Sont Arrivés, et Tout a Commencé à Changer !
        2. Deux Colonisations, Deux Façons de Gérer le Pays
        3. La Révolte Gronde, Mais la Répression Fait Mal
        4. 1960 : L’Indépendance Mais Pas la Liberté Totale
        5. Aujourd’hui : Un Héritage Colonial Toujours Visible
    2. Cameroun : Chaque Pierre, Chaque Rythme, Chaque Parole Garde Notre Histoire
      1. On a construit avant que les autres ne sachent où on était !
        1. Les Musées : Là où notre mémoire refuse de disparaître
        2. Nos Ancêtres n’avaient pas YouTube, mais ils savaient graver leur Histoire !
        3. Nos Rois ne Jouaient Pas avec l’Autorité : Les Objets de Pouvoir
      2. Nos Trésors Cachés : Danse, Musique et Paroles qui Refusent de Mourir
        1. Quand une fête traditionnelle fait vibrer tout un peuple
        2. La danse : Quand le corps raconte ce que la bouche ne peut pas dire
        3. La musique : Notre meilleure exportation, même si on ne le reconnaît pas toujours
        4. Les contes et légendes : Quand la parole était notre meilleure bibliothèque
        5. Nos langues : Ce qui nous lie, mais qu’on laisse disparaître
      3. On ne quitte pas la maison sans fermer la porte : Ce qu’on garde et ce qu’on doit changer !

    D’où Venons-Nous ? Nos Ancêtres Avaient Déjà Tout Calculé !

    Bien avant que les cartes du Cameroun ne soient dessinées et que les grandes villes ne se remplissent de circulation et de bruits, nos ancêtres vivaient déjà ici, organisés et bien installés. Les traces laissées dans le sol, les outils retrouvés par les chercheurs montrent que les premiers habitants de cette terre savaient exactement comment survivre, chasser, cultiver et bâtir leurs sociétés.

    Petit à petit, des groupes se sont structurés, donnant naissance à des chefferies et des royaumes puissants comme ceux des Bamoun, des Kotoko ou encore des Tikar. Ici, on ne blaguait pas avec le respect des traditions ! Chacun avait sa place, ses coutumes et un savoir-faire qui se transmettait de génération en génération. L’agriculture, l’artisanat, le commerce… tout roulait bien, et les échanges se faisaient déjà entre les différentes régions bien avant que les whites ne mettent les pieds dans l’affaire.

    Les civilisations Sao et Kotoko

    Mais bon, comme toujours, quand des étrangers arrivent, tout se complique ! À partir du XVe siècle, les premiers navigateurs portugais ont commencé à rôder, cherchant des épices, des richesses, et bien sûr, à marchander avec les populations locales. Peu à peu, ces contacts ont chamboulé les traditions, apportant avec eux de nouvelles influences, de nouvelles manières de voir le monde… et des problèmes aussi. Voilà comment notre histoire a pris un tournant qui continue de nous marquer aujourd’hui !


    On Était Là Depuis, Hein ! Les Premiers Habitants et Leurs Traces

    Mon frère, ma sœur, oublie l’histoire qu’on te raconte là comme si le Cameroun a commencé avec la colonisation ! Ici, on était déjà en place depuis des millénaires, organisés, bien assis sur notre terre. Les chercheurs qui creusent partout-là ont trouvé des traces solides que nos arrière-arrière-grands-pères avaient déjà posé les fondations de notre histoire bien avant que les blancs ne débarquent.

    Regarde seulement du côté de l’Adamaoua, dans le fossé du Mbéré. Là-bas, les gens ont retrouvé des tessons de poterie décorée, des meules, des pierres taillées, et même des greniers. Ça veut dire quoi ? Que les mbom de cette époque savaient cultiver, stocker leurs vivres et vivre en communauté, bien avant qu’on ne parle de royaumes.

    Si tu veux encore du lourd, parlons de Shum Laka, là-bas vers les Grassfields. Les scientifiques y ont trouvé des ossements datant de plus de 30 000 ans ! Oui mon frère, 30 000 ans! Ces gens-là savaient sculpter des outils, enterrer leurs morts avec respect et bâtir des communautés bien structurées.

    Et ce n’est pas tout. Dans le Nord-Cameroun, les mbom ont même laissé des mégalithes géants, ces grosses pierres plantées dans le sol pour marquer leurs territoires et honorer leurs ancêtres. Quand on te dit que nos anciens ne faisaient pas les choses au hasard, c’est pas des jokes l’ami !

    Le mégalithisme au Grassland (Cameroun occidental)

    Tu vois donc que notre histoire commence bien avant les royaumes et les rois. Les anciens avaient déjà capté que la vie en société, c’est l’organisation. Ils ont posé les bases, et les royaumes n’ont fait que bâtir dessus.

    Les Royaumes d’Avant : Ça Fonctionnait Comme Une Machine Huilée !

    Là on parle pas de villages dispersés au hasard hein, c’était des États bien ficelés, avec des rois qui géraient les affaires comme de vrais boss.

    Le Royaume Bamoun, créé en 1394, était déjà dans un autre level. Chez eux, y avait pas boucan. Tout était organisé, centralisé, et bien huilé. Un sultan, le célèbre Njoya, n’a pas attendu qu’on lui enseigne quoi que ce soit : il a inventé une écriture, le Shu Mom, pour que son peuple puisse écrire et transmettre son savoir. Aujourd’hui encore, quand tu passes à Foumban, le Musée des Rois Bamoun regorge de leurs trésors.

    Le Royaume BAMOUN au Cameroun : Palais des Rois Bamoun à Foumban

    Si tu montes vers l’Extrême-Nord, tu vas croiser les Sao, les ancêtres des Kotoko. Ces mbom-là, ce n’étaient pas des « petits » hein ! Ils ont laissé derrière eux des murs d’enceinte massifs, des statues en terre cuite et des objets en bronze. Ça veut dire quoi ? Que les gars maîtrisaient l’architecture, la guerre et l’artisanat. Ils ont tenu leur territoire pendant des siècles avant d’être absorbés par les Kotoko.

    De l’autre côté, dans les Grassfields, les chefferies bamiléké et tikar étaient aussi très bien organisées. Là-bas, le chef (le Fon) n’était pas un dictateur hein ! Il était entouré d’un conseil de notables et de sociétés secrètes, qui assuraient la justice et la gestion des terres. Chaque chefferie avait son palais royal, bien décoré, avec des sculptures et des symboles qui montraient la puissance de la dynastie.

    Enfin, dans l’Adamaoua, les Foulbés avaient déjà installé des émirats où l’Islam et le commerce transsaharien structuraient toute la vie économique et sociale. Ils étaient sous la direction de lamidos et d’émirs, et grâce aux caravanes, ils avaient accès à des produits qui venaient de très loin.

    Tous ces royaumes n’étaient pas des îlots isolés…

    Ils commerçaient, faisaient des alliances, entraient en guerre aussi parfois, selon les intérêts du moment. Le sel, l’or, les textiles et même les esclaves circulaient bien avant que les colons ne débarquent. Aujourd’hui encore, les traces de ces royaumes sont bien visibles, et notre histoire continue de vivre à travers eux.


    Les Premiers Blancs Sont Arrivés, et Tout a Commencé à Changer !

    Avant que les Européens ne commencent à pointer leurs nez ici, le Cameroun roulait bien comme on vient de le voir. Les royaumes fonctionnaient avec leurs chefs, leurs marchés et leurs traditions. Mais dès que les Portugais ont débarqué au XVe siècle, les choses ont commencé à sentir bizarre.

    Les gars sont arrivés avec leurs bateaux, ont vu qu’il y avait des richesses ici et ont commencé à faire du business avec les populations locales. DoualaBimbia et d’autres villes côtières sont vite devenues des points stratégiques pour la traite des esclaves. Les Européens échangeaient des babioles et des fusils contre des hommes et des femmes qu’ils envoyaient bosser comme des bêtes dans les plantations en Amérique mais aussi en Europe notamment en France où à Bordeaux, de nombreux esclaves noirs furent déportés. Cette histoire a tellement bousculé nos ancêtres que certaines communautés en ressentent encore les effets aujourd’hui. En tout cas ces traces ne sont pas présentes que dans notre histoire mais aussi là où nombreux d’entre nous ont émigré aujourd’hui.

    Mascaron au visage africain, place de la Bourse.

    Mais ce n’était que le début. À force de venir faire des affaires, les Européens ont fini par vouloir tout contrôler. En 1884, les Allemands, qui n’aimaient pas voir trop de monde tourner autour de leurs intérêts, ont mis en place un protectorat sur le Kamerun. En gros, ils ont dit : « Désormais, c’est nous les boss ici ».

    Sous leur règne, les routes, les chemins de fer et les plantations ont poussé comme des champignons, mais pas gratuitement hein ! C’était les Camerounais qui trimaient sous le travail forcé, pendant que les colons se remplissaient les poches oklm.

    Après la Première Guerre mondiale (1918), les Allemands ont perdu la partie, et là, les Français et les Anglais sont venus partager le gâteau. La France a pris 80 % du territoire, pendant que les Britanniques récupéraient 20 %. C’est comme ça que le Cameroun s’est retrouvé avec deux systèmes complètement différents.

    Vidéo : « La Route des Chefferies » revient sur l’esclavage au Cameroun

    Deux Colonisations, Deux Façons de Gérer le Pays

    Les Français, eux, n’étaient pas là pour jouer massa! Ils ont imposé leur modèle à la dure :

    • Tout devait être en français.
    • L’école, l’administration, même les chefs traditionnels devaient suivre leurs règles.
    • Ceux qui essayaient de faire bande à part se retrouvaient mis à l’écart.

    Du côté britannique, c’était plus détendu. Les chefs traditionnels avaient encore un peu de pouvoir, et tout était géré de manière plus indirecte. Mais au final, c’était toujours les blancs qui décidaient.

    Ce double héritage colonial a laissé des séquelles profondes : même après l’indépendance, le Cameroun francophone et anglophone ne voyaient pas les choses de la même manière.

    La Révolte Gronde, Mais la Répression Fait Mal

    Les années passent, et les Camerounais commencent à en avoir marre de subir. À partir de 1948, un mouvement se lève : l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Les gars réclament l’indépendance totale, pas un truc arrangé où la France continue de tirer les ficelles en coulisses.

    Mais la France, elle, n’était pas prête à lâcher l’affaire. En 1955, ils interdisent l’UPC et commencent à frapper fort :

    • Assassinats de leaders,
    • Déplacements de populations,
    • Zones de pacification où les militaires terrorisaient les villages.

    Un rapport publié en 2024 a révélé que la France menait en réalité une guerre secrète contre les indépendantistes, utilisant des techniques déjà testées en Algérie : torture, exécutions sommaires et massacres discrets.

    En 1958, Ruben Um Nyobé, le leader de l’UPC, est tué par les troupes coloniales. En 1960, c’est Félix-Roland Moumié qui est empoisonné par les services secrets français à Genève. Le message était clair : l’indépendance, ce n’est pas vous qui allez la négocier !

    Podcast : Monsieur X revient en détail sur ce qui demeure l’une des pages les plus noires de l’histoire coloniale de la France et de la Françafrique comme l’a prétendument baptisée lui-même le président ivoirien Houphouët-Boigny… Épisode 1 / Épisode 2

    1960 : L’Indépendance Mais Pas la Liberté Totale

    Finalement, en 1960, la France « donne » l’indépendance au Cameroun, mais avec des conditions. Ahmadou Ahidjo, choisi par Paris, devient le premier président du pays. Le gars installe un régime serré, histoire de garder les pro-UPC sous contrôle.

    De l’autre côté, en 1961, le Cameroun anglophone doit choisir entre rester avec le Nigeria ou rejoindre le Cameroun francophone. Résultat : le pays est réuni, mais pas forcément en bonne entente. Au début, il y avait un système fédéral, mais dès les années 1970, Ahidjo centralise tout.

    Et devine quoi ? Les méthodes coloniales continuent : les camps de regroupement restent en place, les opposants sont traqués, la répression ne s’arrête pas.

    Aujourd’hui : Un Héritage Colonial Toujours Visible

    Plus de 60 ans après l’indépendance, le Cameroun est encore marqué par son passé colonial. Peu importe le sujet, nous portons et voyons encore aujourd’hui ces redoutables effets :

    🔹 Un pays, deux systèmes :

    Les francophones et les anglophones ne vivent pas de la même façon. Les tensions dans les régions anglophones viennent en grande partie de cette réunification mal gérée.

    🔹 Une mémoire incomplète et falsifiée :

    Pendant des décennies, la France a caché son rôle dans la répression des indépendantistes. Ce n’est que récemment qu’un rapport officiel a commencé à lever le voile sur ces crimes.

    🔹 Des inégalités régionales :

    Certaines zones, notamment celles qui ont le plus souffert de la colonisation, sont toujours marginalisées.

    🔹 Une économie sous influence étrangère :

    Malgré l’indépendance, la France et d’autres pays restent très impliqués dans l’économie camerounaise, avec des contrats et des accords qui ne profitent pas toujours aux populations locales.


    Cameroun : Chaque Pierre, Chaque Rythme, Chaque Parole Garde Notre Histoire

    Ici, l’héritage se vit et se transmet, dans la terre rouge des villages, sous les toits sculptés des chefferies, dans les voix des anciens qui partagent les légendes. Notre patrimoine, c’est deux grands piliers qui se tiennent côte à côte :

    🛕 Les Monuments, Sites et Artéfacts : Des palais majestueux aux cases traditionnelles, des objets royaux conservés dans les musées aux symboles gravés dans le bois et la pierre, où chaque élément raconte l’histoire de nos royaumes, de nos luttes et de nos traditions.

    🎶 Les Expressions Culturelles et la Transmission Orale : Nos langues, nos danses, nos légendes, nos rythmes sont l’âme vivante du pays. De la parole d’un griot au battement du bikutsi, chaque expression tisse un lien entre ceux qui sont partis et ceux qui arrivent.


    Toi même tu vois non? Le Came & Run de base, c’est une terre avec une histoire. Seulement, le problème c’est qu’on ne nous le répète pas assez. Tu connais combien de jeunes qui passent devant un vieux bâtiment et pensent juste que c’est “une vieille maison” sans savoir que c’est un bout de leur propre histoire ?

    Cameroun, carte allemande 1888.

    Nos villes sont pleines de monuments, nos villages cachent des sites qui ont vu des batailles, des rituels, des décisions politiques majeures. Et pourtant, beaucoup ne réalisent même pas la valeur de ce qui est sous leurs yeux, ils ne savent pas et on ne veut pas leur en parler non plus.

    Ça me fait penser à cette punchline de Youssoupha : « Si tu veux cacher un truc à un noir, mets le dans un livre ». C’est triste à dire mais moi même j’ai pu le constater en arrivant en France étant enfant, que je manquais de culture car on ne m’avait appris qu’à retenir par coeur sans me questionner…

    Il est temps de regarder ces traces laissées par ceux qui étaient là avant nous, ceux qui ont construit, protégé et organisé un pays avant même qu’on ne lui donne un nom sur une carte.

    Les Musées : Là où notre mémoire refuse de disparaître

    Tu veux voir à quoi ressemblait le Cameroun avant que tout ne change ? Passe par un musée ! Mais pas pour faire semblant hein, regarde bien les objets, lis les histoires, comprends comment nos ancêtres vivaient. Parce que ce qui est exposé là, c’est ce qu’on a réussi à garder malgré les pillages et les vols.

    Dschang : Quand on te montre le Cameroun entier dans une seule pièce

    Si tu mets pied au Musée des Civilisations de Dschang, tu vas comprendre que le Cameroun n’est pas un bloc uniforme. Chaque région a son histoire, chaque peuple a son style, chaque sculpture a sa signification. Ce musée te fait voyager à travers les quatre grandes aires culturelles du pays :

    • Le Grand Nord et ses lamidats, où la puissance des chefs se mesurait à la taille de leurs palais et au nombre de cavaliers prêts à défendre leurs terres.
    • Les Grassfields et leurs chefferies organisées, où chaque fon régnait avec une autorité transmise de génération en génération.
    • Le Centre et le Sud avec leurs croyances et leurs symboles sacrés, qui dictaient la vie quotidienne.
    • Les peuples Sawa, maîtres des eaux, qui ont résisté à la domination étrangère en gardant leurs rites intacts.

    Ce musée c’est pas juste des objets posés là pour faire joli, c’est une reconstitution de notre propre ADN culturel.

    Nkolandom : Quand l’Afrique parle et qu’on l’écoute

    À Nkolandom, au lieu de te montrer l’Afrique comme on nous l’a racontée dans les manuels, on te la donne brute, vraie, puissante. Ce musée rend hommage aux cultures noires, pas seulement camerounaises, mais africaines en général. Tu vas y voir des objets qui datent d’avant la colonisation, des instruments, des masques, des statuettes qui n’étaient pas juste des décorations mais des symboles de pouvoir et de spiritualité.

    Ici, on te rappelle que notre culture n’est pas figée, elle évolue, elle s’adapte. Ce que nos ancêtres faisaient avec du bois et des pierres, les artistes d’aujourd’hui le reprennent avec de nouveaux matériaux, mais le message reste le même : nous sommes là, nous avons toujours été là.

    Yaoundé : L’Histoire posée au cœur du pouvoir

    Le Musée National du Cameroun, en plein centre de Yaoundé, est une vraie mine d’or historique. Installé dans l’ancien palais présidentiel, il est le miroir de notre passé et de nos mutations. Ici, tu peux voir les trônes sculptés des rois d’autrefois, les objets de la vie quotidienne avant la colonisation, les œuvres d’art qui racontent nos mythes et nos batailles.

    Cameroun: le musée national revit après une importante rénovation

    Si tu veux comprendre comment ce pays s’est construit, c’est ici qu’il faut passer. Mais il ne suffit pas juste d’entrer et de regarder. Il faut poser des questions l’ami(e), faire des recherches, et surtout, partager ces histoires avec ceux qui ne savent pas encore. À trois personnes de ton entourage, qui l’enverront à trois personnes de leur entourage et ainsi de suite, tu captes?

    Nos Ancêtres n’avaient pas YouTube, mais ils savaient graver leur Histoire !

    Tu crois que l’architecture c’est juste l’affaire des autres ? Viens voir les chefferies, les palais, les forteresses, les cases traditionnelles et les monuments qui parsèment ce pays. Nos anciens n’avaient pas besoin de béton armé pour construire des merveilles qui ont traversé les âges.

    Passe à Douala, devant le Palais des Rois Bell, et essaye de ne pas sentir la puissance de l’héritage Sawa. Ces gens ont résisté aux colons, ont négocié avec eux, et ont su préserver une partie de leur autorité malgré l’arrivée des étrangers.

    Palais des Rois Bell

    À Foumban, le Sultanat Bamoun se dresse encore comme un témoignage de la grandeur d’un peuple qui ne faisait pas les choses à moitié. Ici, l’architecture parle autant que l’Histoire.

    À Yaoundé, le Monument de la Réunification rappelle que ce pays a été divisé mais s’est battu pour ne pas rester éparpillé.

    Et que dire de Ngog Lituba, cette grotte sacrée où l’histoire et le mystique se croisent, un lieu que beaucoup considèrent encore comme un point central de leur spiritualité signifie étymologiquement « rocher percé ». Ngog Lituba est un monticule rocheux situé au pays Bassa et Bati, dans le district de Nyanon, au nord du département de la Sanaga Maritime.

    Nos Rois ne Jouaient Pas avec l’Autorité : Les Objets de Pouvoir

    Les trônes des rois camerounais étaient des symboles, des outils d’autorité, des objets de pouvoir. Comme la couronne, la main de justice, l’épée, le sceptre, le manteau, les gants, le trône ont pu l’être pour les rois occidentaux. Sans ça, leurs rôles de souverains et leurs fonctions politiques, militaires et religieuses c’était dead pour eux, mais quand c’est nous, on prend sans respect, bref…

    Cadres de portes en bois ornées de motifs narratifs du palais royal de Baham — le ’bom dye’ (à gauche) et le trône du roi (à droite) Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne). Mise-en-scène graphique : Dorothée Billard et Mirjam Kroker. pp. 488 et 456.

    Les guerriers n’étaient pas juste là avec des lances et des épées pour se défendre. Chaque arme avait une signification, une origine, une histoire.

    Le trône du roi des Bamoums (à gauche) et le tangué des Dualas (à droite) Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne). Mise en scène graphique : Dorothée Billard et Mirjam Kroker. pp. 491 et 497.

    Et pourtant, beaucoup de ces objets se trouvent aujourd’hui dans des musées en Europe. Des sceptres, des tambours parlants, des masques royaux, autant d’éléments qui faisaient partie du système politique et social de nos ancêtres, mais qui ont été arrachés et exposés ailleurs comme de simples “artefacts”.

    Le patrimoine camerounais dans les musées et les collections publiques. Carte : Philippe Rekacewicz

    Nos rois et chefs traditionnels d’aujourd’hui réclament le retour de ces trésors, et il est temps qu’on se joigne à leur combat.


    Notre héritage, notre patrimoine-là, c’est ce qui fait que même si un Camerounais part loin, il ne quitte jamais vraiment sa terre. Tu peux être à Paris, à Dubaï ou à Yaoundé, mais dès que tu entends un bon bikutsi ou une histoire racontée dans ta langue maternelle, ton sang chauffe, tu ressens les vibes des ancêtres juuuusqu’à toi même tu sens qu’ils sont à côté.

    Vidéo : Avec le bikutsi, les Camerounaises mènent la danse


    Quand une fête traditionnelle fait vibrer tout un peuple

    Si tu n’as jamais assisté au Ngouon chez les Bamoun, mon frère, tu as raté un chapitre de l’histoire du Cameroun, c’est une institution ! Depuis 1394, cette cérémonie rassemble tout un peuple, autour de danses, de rituels, de masques et surtout du sultan, qui descend écouter son peuple, en mode “parole de vérité”. C’est là qu’on lui pose les vraies questions, on lui dit les vraies choses, sans filtre. Imagine seulement un président qui se prête à ce genre d’exercice chaque année ? On peut toujours rêver man…

    Chez les Sawa, le Ngondo a ce même esprit de tradition qui refuse de se laisser étouffer. Les ancêtres des eaux sont appelés, les pirogues courent sur le fleuve, les rites s’enchaînent sous le regard du peuple. C’est mystique, c’est spirituel, mais surtout, c’est un rappel que ces terres ont une mémoire et que les esprits de nos ancêtres sont toujours là, même si beaucoup veulent les oublier.

    Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, mais quand ces fêtes-là arrivent, les villes s’arrêtent, les routes se remplissent, tout le monde veut être là. Parce qu’une fois de plus, c’est pas juste un spectacle, c’est une connexion directe avec ceux qui nous ont précédés.


    La danse : Quand le corps raconte ce que la bouche ne peut pas dire

    Au Cameroun, la danse n’a jamais été une simple distraction. On danse pour parler, on danse pour crier, on danse pour dire aux esprits qu’on est là.

    Tu veux voir du courage et de la force ? Regarde les danses guerrières bamiléké, là où chaque mouvement est un coup porté à l’ennemi invisible. Avant, les guerriers s’entraînaient avec ces pas, et même aujourd’hui, quand tu vois ces hommes sauter en l’air comme s’ils défiaient la gravité, tu sens que les batailles passées devaient être quelque chose d’impressionnant.

    Va chez les Baka ensuite, après une bonne chasse, quand ils dansent le Luma, c’est pour remercier la forêt, pour honorer l’esprit des animaux qu’ils ont chassés. Non les gars ont inspiré les Mbom qui ont fait Avatar… 😭. Chaque pas, chaque battement de tambour, c’est une prière déguisée en mouvement.

    Même dans les églises, la danse a trouvé sa place ! Ce que les colons ont voulu interdire sous prétexte que c’était “païen”, on l’a réinventé, on l’a adapté. Aujourd’hui, tu vas dans n’importe quelle église évangélique du pays, tu verras que même dans le culte, le rythme fait partie de la foi.

    Et les jeunes ne sont pas en reste. Le bikutsi est devenu un mode de revendication, le bend skin a pris les rues et les carrefours. On danse pour exister, pour marquer son territoire, pour dire au monde qu’on est là et qu’on n’a pas fini de bouger.

    Vidéo : Le LAA’LI, danse traditionnelle Bamiléké – Ouest


    La musique : Notre meilleure exportation, même si on ne le reconnaît pas toujours

    On peut parler de pétrole, de cacao, de football… mais si le Cameroun a un produit d’exportation inimitable, c’est bien sa musique. On l’a dans le sang, on l’a dans les jambes, on l’a dans la voix.

    Avant que la télé ne vienne imposer des sons de l’extérieur, chaque région avait son propre rythme. L’Assiko des Bassa, le Bikutsi des Beti, le Makossa des Douala, le Mangambeu des Bamilékés… Chaque coin du pays a son ambiance, ses tambours, ses cordes, et les pas de danse qui vont avec.

    Quand Manu Dibango, le Papa Groove, a fait résonner le Makossa jusqu’aux États-Unis, ce n’était pas juste pour danser, c’était une signature camerounaise sur la carte mondiale de la musique. Repose en paix le père…

    Quand Les Têtes Brûlées ont ramené le bikutsi dans un mode électrifié, c’était pour dire « on a compris votre modernité, mais vous allez comprendre notre héritage aussi ».

    Et aujourd’hui, les jeunes continuent la tradition. Le Mbolé secoue les quartiers, le Bend Skin fait danser les mototaxis, le mix Afrobeat et Camer donne des artistes qui envoient fort à l’international.


    Les contes et légendes : Quand la parole était notre meilleure bibliothèque

    Les contes et légendes camerounaises, c’est pas juste pour endormir les enfants avec des histoires de tortues rusées et de génies capricieux. C’était et c’est toujours une école, une manière d’enseigner la vie, de transmettre la sagesse sans taper sur la table.

    Quand un enfant faisait trop le malin, on ne lui disait pas simplement « Arrête ça ou tu vas être puni… » Non, on lui servait une histoire bien ficelée, avec des personnages qui ont appris à leurs dépens. Et quand un adulte était sur le point de faire une erreur, un conte bien placé pouvait le ramener à la raison, sans passer par des disputes inutiles. Combien de fois mon grand cousin attendait qu’on coupe la lumière pour nous réunir devant une bougie et nous raconter des histoires qui nous faisait peur? Massah quelle souffrance quand t’es petit… Mais après l’histoire reste dans ta tête et tu es averti(e).


    Les contes animaliers : Une leçon cachée sous chaque carapace

    Les animaux ont toujours eu une grande place dans les récits camerounais. Pourquoi ? Parce que chaque animal symbolise un trait humain, et ça permettait aux conteurs d’expliquer la nature des hommes sans pointer du doigt.

    🐢 Khul la Tortue, par exemple, elle revient souvent dans les récits. Toujours en train de ruser, de calculer, de chercher à gagner sans trop se fatiguer. Mais à force de trop vouloir ruser, elle finit souvent dans les problèmes. Un jour, elle a voulu duper l’aigle en lui promettant un secret s’il l’aidait à voler. Une fois en l’air, elle s’est moquée de lui et a refusé de donner son secret. L’aigle, vexé, l’a laissée tomber. Résultat ? C’est à cause de cette chute que la tortue a aujourd’hui une carapace fissurée.

    💡 Moralité : Trop vouloir jouer avec l’intelligence des autres peut te faire tomber plus bas que prévu.

    Il y a aussi les contes du lièvre et de l’éléphant, de la hyène trop gourmande, du caméléon qui voulait toujours copier les autres et a fini perdu. Chaque bête avait une histoire qui te faisait réfléchir sans que le conteur ne lève la voix.


    Les récits initiatiques : Grandir, ce n’est pas juste une question d’âge

    Les histoires ne parlaient pas seulement des autres, elles servaient aussi à préparer les jeunes à la vraie vie.

    Un jeune garçon voulait défier les traditions de son village. Les anciens lui ont dit : « Ne fais pas ça, il y a des choses qu’on ne défie pas. » Mais il voulait prouver qu’il était plus fort que les ancêtres. Alors il est allé ouvrir un lieu interdit, parler d’un secret qu’on ne devait pas révéler, ou toucher à un objet sacré. Que s’est-il passé ensuite ? Catastrophe. Il s’est perdu dans la forêt, un esprit est venu le hanter, il a vu sa chance tourner jusqu’à ce qu’il comprenne et demande pardon.

    💡 Moralité : L’orgueil et l’impatience peuvent te fermer des portes que la sagesse aurait ouvertes sans effort.

    Chez les Bamiléké, chez les Bamoun, chez les Peuls, chaque peuple avait ses propres variantes de cette histoire. Mais le message était universel : il y a un temps pour apprendre et un temps pour agir. Si tu veux brûler les étapes, la vie elle-même va te corriger.


    Les mythes fondateurs : D’où venons-nous ? Pourquoi le monde est comme ça ?

    Pourquoi la rivière ne coule pas à l’envers ? Pourquoi les grenouilles chantent après la pluie ? Pourquoi la montagne sacrée ne doit pas être escaladée ? Nos ancêtres ne se contentaient pas d’expliquer le monde avec des chiffres et des mesures, ils avaient des histoires qui donnaient du sens aux choses.

    • Chez les Douala, on racontait que le fleuve Wouri était en réalité un chemin tracé par un grand serpent d’eau qui s’est fâché et a décidé de ne plus bouger.
    • Chez les Beti, on disait que les esprits des ancêtres habitaient les grands arbres, c’est pour ça qu’on ne coupait jamais un arbre sacré sans permission.
    • Chez les Baka, la forêt elle-même est un être vivant, c’est pour ça que les chasseurs doivent lui parler avant de tuer un animal.

    Ces contes ne servaient pas seulement à faire joli, ils formaient un code de conduite, un respect du monde et des forces invisibles.


    Proverbes et devinettes : La sagesse en quelques mots

    Les contes, c’était parfois long. Mais les anciens avaient aussi des techniques plus rapides pour transmettre une leçon. Tu faisais une bêtise, on ne te grondait pas forcément. On te lançait juste un proverbe bien placé, et si tu avais un peu de cervelle, tu comprenais direct.

    • « Quand tu vois le singe en train de crier, regarde bien qui tient sa queue. » 👉 (Avant de trop parler, vérifie d’abord qui est derrière ton problème.)
    • « Le couteau qui coupe la main ne sait pas qu’il n’aura plus de manche demain. » 👉 (Trahir les tiens aujourd’hui peut te coûter cher demain.)
    • « Un enfant qui refuse d’écouter va sentir la brûlure du feu avant d’apprendre qu’il chauffe. » 👉 (Certains apprennent avec les oreilles, d’autres avec les erreurs.)

    Et puis, il y avait les devinettes, ces petites phrases pleines de malice que les enfants devaient résoudre pour apprendre à penser vite et voir au-delà des apparences.

    • « J’ai des jambes, mais je ne marche pas. » (Le fauteuil !)
    • « Plus tu me prends, plus je grandis. » (La dette !)
    • « Mon ventre est plein, mais je reste léger. » (Le ballon !)

    Tu vois un peu non ? Les contes camerounais ça ne blaguait pas. Ils formaient, ils éduquaient, ils protégeaient. Mais aujourd’hui, on les raconte de moins en moins. Les enfants connaissent plus les dessins animés étrangers en 3D que les grands classiques qu’on a connus à notre époque donc imaginez les récits de leur propre culture qui datent d’encore avant? Nous même on ne les connait pas alors qu’ils devraient se transmettre autant que nos chants et pas de danse.

    Contes et légendes du Cameroun

    Nos langues : Ce qui nous lie, mais qu’on laisse disparaître

    Le Cameroun, c’est un véritable carrefour linguistique, ça on le sait bien maintenant. Un pays où chaque colline, chaque village a sa propre manière de nommer le monde. Avec près de 300 langues parlées, on pourrait croire que notre diversité linguistique est une force indestructible. Mais la réalité est toute autre : nos langues locales reculent, et beaucoup disparaissent sans qu’on s’en rende compte. De toute façon tout finit par disparaitre non? Mouf, réveillez vous c’est pas trop tard!

    On parle encore, mais on parle moins

    Si tu fais un tour dans un village, tu entendras encore les anciens et quelques jeunes parler dans leur langue maternelle avec une fluidité naturelle. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde, en particulier une grande partie de la jeunesse. Ils parlent plus en français, en anglais, en pidgin, parfois même en camfranglais. Ils comprennent peut-être encore, mais les mots sortent difficilement, les phrases sont hésitantes.

    Pourquoi ? Parce que la transmission a ralenti. Parce que les parents, en voulant bien faire, en pensant que “parler français ou anglais, voire allemand pour certains parents extrémistes – c’est une blague hein! » était mieux pour l’avenir. Ils ont mis de côté les langues de leurs ancêtres pour rentrer dans le système. Parce que l’école enseigne que le français et l’anglais sont les langues “officielles” et qu’il n’y a pas d’espace pour les autres. C’est assez contradictoire puisque petit, fin des années 90, mes enseignants parlaient leur patois, mes parents et tous les adultes de ma famille aussi. Pourtant nous, mes soeurs et moi n’avons jamais reçu d’enseignement poussé, et quand je dis enseignement je veux dire apprendre à parler bien sûr.

    Nos langues ont du poids, mais elles ne sont pas valorisées

    Dans certains pays, parler plusieurs langues est vu comme un avantage, une richesse culturelle. Au Cameroun, on est naturellement multilingue, mais on n’en fait pas une force.

    Un enfant qui parle trois langues locales et du pidgin, mais qui a du mal en français à l’école, on va dire “il est en retard”. Mais un autre qui ne sait dire que “bonjour” et “ça va” dans la langue de ses parents, mais qui parle bien français, on va l’applaudir.

    Et pourtant, nos langues portent notre identité, nos histoires, nos manières de voir la vie. Il y a des mots et des expressions dans nos langues qu’aucune traduction ne peut vraiment transmettre.

    • Le “wè” des Bassa, qui peut vouloir dire “courage”, “patience”, “ça va aller”, tout dépend du ton et du contexte.
    • Le “mba” des Beti, qui peut exprimer la résignation, le respect, ou même une forme de moquerie polie.
    • Le “ndolè”, qui n’est pas juste un plat, mais un symbole de partage, de patience (parce que la cuisson prend du temps) et d’identité.

    Le pidgin et le camfranglais : évolution ou remplacement ?

    En ville, surtout dans les zones anglophones, le pidgin s’est imposé comme une langue véhiculaire, celle qui permet à tout le monde de se comprendre, peu importe l’ethnie. En zone francophone, le camfranglais a pris la même place, mélangeant français, anglais et langues locales pour créer une langue vivante, dynamique, mais aussi fragile.

    Le problème ? Ces langues-là évoluent vite, mais elles ne remplacent pas vraiment nos langues traditionnelles. Elles servent à communiquer, mais elles ne transmettent pas les mythes, les proverbes, les codes de respect qui existaient dans les langues d’origine.


    Tu as vu un peu, non ? Le Cameroun, ce n’est pas une histoire qu’on écrit à moitié. Le pays-ci là comme on dit chez nous a été pensé, organisé, façonné par des mains et des têtes qui savaient exactement ce qu’elles faisaient. On n’a pas attendu qu’on vienne nous dire comment bâtir un royaume, comment transmettre la mémoire, comment créer du rythme.

    Nos ancêtres ont laissé des traces partout. Dans la pierre des monuments, dans les notes des musiques qui traversent les générations, dans la danse des guerriers et des prêtresses, dans les légendes qui nous rappellent où est notre place. Le Cameroun parle, danse et chante depuis des siècles. La question, c’est : est-ce qu’on l’écoute encore ?

    Aujourd’hui, on vit dans un monde où les gratte-ciels remplacent les chefferies, où les écrans captent plus notre attention que les voix des griots, où les jeunes connaissent plus les hits américains que les rythmes qui ont bercé leurs ancêtres. Est-ce qu’on va juste regarder tout ça disparaître ?

    Chefferie de Bafut, un label pour le tourisme camerounais

    Si nos grands-parents ont sculpté des trônes, ce n’était pas pour qu’on les laisse pourrir dans des musées étrangers.

    Si nos ancêtres ont inventé des danses pour parler aux esprits, ce n’était pas pour qu’on les réduise à du folklore pour touristes.
    Si les conteurs ont répété inlassablement les mêmes histoires, ce n’était pas pour que nos enfants les remplacent par des films mal doublés.

    Alors quoi ? On fait quoi avec cet héritage ? On laisse la poussière le recouvrir ou on le porte avec fierté ?

    On ne va pas se mentir, il y a du boulot. Restaurer nos sites, récupérer nos artefacts, valoriser nos langues, transmettre nos danses et nos musiques, raconter nos propres histoires. C’est pas juste une affaire de chercheurs et d’historiens, c’est un job pour chaque Camerounais et Camerounaise qui refuse de voir son identité se dissoudre.

    Do you understand? Alors la balle est dans ton camp! Ce que tu fais avec cette mémoire, c’est ton choix hein. Mais une chose est sûre : tant qu’un Camerounais se souviendra, l’histoire ne mourra pas.

    Merci d’avoir pris le temps de marcher sur les traces des pionniers du Continent.

    Garde cette mémoire vivante, parce qu’un peuple sans mémoire, c’est un peuple sans avenir.

    Tu as pris le temps de plonger dans notre propre histoire, alors on veut aussi t’écouter ! Ton avis compte sur ce 👉🏾 formulaire, tes questions sont les bienvenues, tes réponses aussi. Et si tu as des choses à ajouter, on est là pour échanger.